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 Anciens topics Callie/Peter

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Jodie Ostroff

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Bavardages : 294
Âge : 23 y.o.
Occupation : étudiante en commerce, fleuriste

MessageSujet: Anciens topics Callie/Peter   Sam 19 Oct - 18:59

Where is Superman ?

Callie a écrit:
Peter & Calypso
Etre payée pour danser, le rêve de mille et une jeunes femmes. Petite, Calypso suivait des cours de danse classique et moderne et s’était jurée d’en faire sa carrière. Cela avait marqué sa mère, qui avait manqué de mourir d’un arrêt cardiaque, tant elle souhaitait voir sa fille gambader sur les podiums tandis que son cher petit mari – évidemment choisi par ses soins – se tuerait au travail, dans un bureau miteux. Dieu soit loué, Callie n’avait jamais été séduite par la façon de penser de sa génitrice et lui avait très bien fait comprendre que l’espoir faisait vivre. Aujourd’hui, elle se retrouvait là, sur l’estrade, à bouger gracieusement tout en suivant le rythme des musiques qui passaient dans le bar. Le destin faisait bien les choses. Parfois. Car croiser ce sale con de Nathaniel dans cette ville n’était franchement pas un cadeau. Vêtue d’une tenue légère et sexy, sans pour autant tomber dans le vulgaire, Callie se mouvait sur la scène avec un naturel déconcertant et un naturel qui lui était bien propre : on aurait dit qu’elle avait fait cela toute sa vie. Elle était destinée à s’exposer aux yeux de tous, à se donner en spectacle et elle avait une manière bien à elle de posséder la scène comme jamais personne ne l’avait fait auparavant dans ce bar. Elle l’avait bien vite compris : les regards que lui lançaient sans cesse les hommes qui ne cessaient de venir la contemplaient étaient une preuve suffisante pour savoir qu’ils n’avaient pas l’habitude de voir cela. Si d’ordinaire Callie aimait sentir les yeux de ces messieurs l’observer lorsqu’elle se donnait à mille pourcents dans son travail, ce soir-là était plus particulier. Un regard pesant ne la quittait pas, au point de la mettre à l’aise et de sentir une légère tension naître dans l’espace.

Elle l’avait remarqué lorsqu’elle avait pris son service. Il était devant la scène, une bière devant lui, et ne l’avait pas quitté des yeux du vestiaire jusqu’à l’estrade. Cela faisait plusieurs jours qu’il s’installait toujours à cette même table dans le simple but de l’observer. Il touchait rarement à sa boisson, préférant de loin se concentrer sur Callie et ses mouvements corporels. Il avait sa manière bien à lui de la regarder fixement et de lui adresser de temps à autre quelques clins d’œil dégueulasse lorsque leurs regards se croisaient. Calypso l’avait bien vite ignoré, s’occupant essentiellement de faire son travail comme si le bar était déserté. Mais ce soir-là, une tension s’emparait de plus en plus de l’endroit et le cœur battant, Callie dut se rendre à l’évidence : un pressentiment bizarre la possédait et ce n’était jamais bon signe. Cette certitude ne tarda pas à se confirmer. Alors qu’elle effectuait un tournoiement sur elle-même, Calypso remarqua l’absence de l’homme à sa table. Pour cause, il était désormais à quelques centimètres de la scène et ses sales pattes venaient de se poser sur l’une des chevilles de la jeune femme. Se retenant à la barre, elle retrouva un équilibre mais elle était désormais sous l’emprise de cet inconnu. « Monsieur, la scène est entièrement réservée aux employés, retournez vous asseoir s’il vous plaît. » Rester polie en toutes circonstances, voilà l’une des choses qu’elle avait rapidement apprises lorsque l’on travaillait en contact direct avec les clients. Voyant cependant que l’inconnu n’avait aucune envie de l’écouter, elle tenta de se défaire de son emprise. Il n’avait peut-être pas touché une goutte de sa bière mais il empestait définitivement l’alcool. D’ailleurs, un rire s’échappa de ses lèvres, lorsqu’elle se débattit en agitant sa jambe de plus en plus rapidement. « Monsieur, allez vous asseoir et lâchez-moi. » En vain, ce con serrait de plus en plus fort et voilà que son autre main se posait sur sa cuisse dénudée. Cela en était trop. « BORDEL, T’ES SOURD OU TON CERVEAU EST TROP GRIGNOTE PAR L’ALCOOL POUR FONCTIONNER CORRECTEMENT ? » Elle avait hurlé et sans nul doute que certains clients regardaient désormais attentivement la scène. Le tutoiement était l’une des marques de l’énervement qui s’était emparé rapidement de Callie. Elle risquait sa place dans ce bar mais tant pis. Elle ne supportait pas lorsqu’un homme la touchait ainsi ni même que l’on empiète sur son espace.
Peter a écrit:
Peter n'avait jamais été un grand appréciateur de pubs, bars et autres boîtes de nuit. Non pas qu'il détestait sortir, loin de là : mais il préférait aux pubs branchés les apéritifs chez des amis ou encore les vieux bars enfumés tout droit sortis d'un autre temps. Néanmoins, depuis son dernier retour ici, Peter se mettait à fréquenter plus que de raison les quelques bars de Sand Valley. Rester seul dans cet appartement sans vie, le soir, lui était devenu impossible. Sans exagérer, Peter crevait de solitude entre ces murs. Pourtant, il savait vivre seul et se débrouiller, à presque trente ans, le contraire aurait été affligeant. En réalité, où qu'il soit, il était toujours accompagné. Lors de ses reportages, il partageait le quotidien de nombreuses communités et disposait d'une intimité proche du zéro. Il s'y habitua bien vite et maintenant, la solitude devenait pesante. Surtout lorsqu'on prenait l'habitude de partager sa vie avec quelqu'un... Par la suite, tout paraissait terne. De plus, si Peter pouvait se targuer de posséder des amis aux quatre coins du monde, ses relations à Sand Valley, au contraire, étaient peu fournies : il était délicat de maintenir des liens soudés lorsqu'on passait la moitié de l'année et plus si affinités à l'étranger et ce, depuis des années. Ce soir-là, Peter prit une nouvelle fois la direction du Blue Eagle pour se changer les idées devant une bière. Sortir seul n'était pas un problème en soi puisqu'il se montrait plutôt sociable et avenant : il rencontrerait très rapidement ceux qu'il se plaisait à appeler des amis à usage unique, comme le héros de Fight Club. Il les rencontrait, ils se distrayaient pour la soirée et s'oubliaient aussi rapidement. Ces rappors cordiaux pouvaient s'avérer superficiels mais Peter les préférait à l'individualisme ambiant qui gangrénait ses pairs en règle générale.

Peter venait à peine de commander au comptoir lorsqu'une voix stridente brisa soudainement l'ambiance survoltée du pub. Cessant de pianoter ses doigts contre le bar, le reporter se retourna prestement en direction des cris : la scène. C'est idiot mais le reporter n'avait jusqu'à présent jamais contemplé ce spectacle-là. Premièrement parce qu'il n'avait pas envie de passer pour un pervers qui sortait en solitaire dans le but de se rincer l'oeil. Et ensuite parce qu'une grande partie de lui-même trouvait que le regard d'inconnus sur le corps dénudé de ces jeunes femmes était la chose la plus dégradante qui soit. Personne ne les admirait pour la beauté de la danse mais pour celle de leurs corps et Peter ne pouvait pas s'empêcher de juger tous ces porcs. Ses potes raillaient souvent sa trop grande morale mais il n'en avait cure : contrairement à d'autres, il avait des valeurs et ce constat le rassurait. Voyant que personne ne réagissait, pas même les hommes du premier rang qui ne détachaient pas leurs yeux de la danseuse il y a quelques minutes, Peter se leva brusquement. Comme mu par son instinct du devoir et de ce qui était juste. Fendant la foule d'un pas déterminé et un peu ailleurs, comme hébété, le reporter se saisit brutalement de l'homme qui agressait Calypso par le col, lui faisant lâcher prise. Cet ivrogne notoire se mit à l'insulter, ne comprenant apparemment pas pourquoi on l'interrompait. Pardon ?! Peter avait rarement vu aussi demeuré et c'est pourquoi son poing partit son prévenir, d'un geste bien trop rapide pour être contré et d'une puissance qu'il n'essaya pas un instant de contenir. Un craquement bizarre retentit et c'est là que Peter reprit ses esprits : en contemplant le nez ensanglanté de ce mec qui puait l'alcool. Sans le lâcher complètement, il siffla entre ses dents un simple : « Dégage maintenant. Et ce n'est pas la peine de revenir. » d'un ton qui n'essayait même pas d'atténuer sa dureté. Peter n'était pas un garçon violent, loin de là. C'était même tout le contraire : un humaniste certain, doublé d'un idéaliste à fleur de peau. Néanmoins, il se montrait intransigeant et fidèle à ses valeurs : son sang ne faisait qu'un tour lorsqu'on les bafouait et manquer de respect de la sorte à une femme le rendait très clairement impulsif.

Etrangement, Peter suivit du regard le type en question avant de dévisager Calypso, à qui il n'avait pas jeté un seul coup d'oeil jusqu'à présent. Elle avait l'air à la fois sous le choc et excessivement énervée, ce qu'il pouvait comprendre. Lui tendant la main pour l'aider à descendre de son perchoir, c'est naturellement qu'il s'enquit de son état : « Ca va aller ? » Un peu penaud, Peter ne sut quoi ajouter. Il n'était pas doué pour le réconfort depuis qu'il exerçait ce métier-là : à force d'être témoin des tréfonds du monde et de la misère humaine, on finit par comprendre que les mots sont superflus... et n'arrangent rien. C'est pourquoi il s'était barricadé derrière une certaine pudeur. Les gens qu'il fréquentait n'aimaient pas leur statut de victime et se trouvaient presque honteux de leur situation. Pourtant ils n'y pouvaient rien. Néanmoins, Peter respectait cet état d'esprit et multipliait les preuves concrètes pour les aider de façon subtile au lieu de se lamenter sur leur sort. Tandis qu'il attendait, concerné, la réponse de Calypso, Peter ne put s'empêcher de constater qu'elle disposait d'une vraie beauté naturelle. Quelque chose d'assez rare pour mériter d'être notifié...
Callie a écrit:
Il y a une poignée de jours, Callie avait subi une première agression tandis qu’elle quittait le bar après son service. Un homme s’était littéralement jeté sur elle, lui faisant des annonces plutôt douteuses, tout en baladant sa main sur le corps de la jeune femme. Voilà que ce soir-là, l’histoire se répétait. A un détail près. Perchée sur la scène, la jeune Wingfield était en plein service et la première fois elle avait pu user de toutes les injures possibles, elle ne pouvait aujourd’hui se le permettre. Lorsqu’elle prenait son service, elle ne contrôlait plus vraiment son existence. Elle était sous les ordres de son patron et si elle voulait garder son poste de danseuse, elle devait rester polie en toutes circonstances. Quelle blague. Ce type était un ivre dégueulasse, sans doute en manque d’amour et cela pouvait se comprendre. L’envie de lui cracher en pleine figure s’empara aussitôt de la jeune femme mais la raison la rappela bien vite sur Terre. C’était non seulement vulgaire mais en plus cela ne lui correspondait pas tellement. Callie avait toujours été plus joute verbale que combat physique. Mais ces derniers temps, elle accusait le coup de sa fuite du cirque. Si jusqu’à alors, elle était restée forte, n’y pensant presque pas et ne regrettant aucunement sa décision, à l’arrivée des fêtes elle se sentait seule et le moindre contact désagréable avec un individu la mettait dans une rage folle. Ce sale type l’avait cherché et si un homme ne lui avait pas foutu un coup de poing en pleine figure, Callie n’aurait pas hésité une seule seconde à employer la manière forte.

Ne lâchant pas du regard son agresseur qui fuyait face à la violence du sauveur de Callie, cette dernière laissa échapper un léger soupir de ses lèvres. Cela commençait à faire trop. Elle allait finir par en parler à Soren et elle ne voulait aucunement apparaître comme une jolie blonde en détresse, trop faible pour se défendre seule. Se plaindre, cela ne faisait aucunement parti de ses habitudes et devoir se plier à cette obligation ne lui plaisait pas. Si lors de sa première agression, elle avait tu toute la situation, elle ne pourrait cette fois-ci pas y échapper. La plupart des clients avaient le regard braqué sur elle et cette anecdote finirait bien vite jusqu’au bureau de Soren. La logique le voulait. Laissant son regard glisser sur son sauveur, elle l’écouta lui demander si cela allait. Bien sûr que non ça n’allait pas. Elle venait de se faire tripoter par un sale type trop alcoolisé et le choc se lisait encore sur son visage. Mais sa fierté reprit le dessus. « Oui. » fit-elle, simplement, avant d’enchaîner. « Merci de m’avoir défendu. » C’était la moindre des choses que le remercier. « Et doublement merci de lui avoir collé le coup de poing du siècle. » Un sourire se dessina alors sur les fines lèvres de Callie.

L’homme ivre l’avait regardé d’une manière particulièrement perverse, qui avait dégoûté plus qu’autre chose Callie. Mais celui qui se trouvait désormais face à elle avait une façon spéciale de la contempler. Des yeux indéchiffrables. Intriguée par Peter qu’elle n’avait encore jamais remarqué dans ce bar – et pourtant, dieu sait qu’elle en avait vu passer des clients, qu’elle avait servis avant de leur offrir ce spectacle envoûtant –, Callie chercha un objet sur lequel arrêter son regard. Elle n’était pas à l’aise, elle qui pourtant avait toujours été une forte tête. Sand Valley avait un effet particulier sur elle et tout cela commençait presque à lui déplaire. Pourquoi diable avait-elle pris la décision de tout plaquer une seconde fois ? Finalement, elle reprit le contrôle sur la situation en braquant ses yeux dans ceux de Peter pour ne plus les quitter. Brisant le silence gênant qui s’était emparé de l’espace, elle reprit la parole. « Votre main ? Ça va ? »
Peter a écrit:
La danseuse affirmait qu'elle allait bien mais ses yeux affichaient un tout autre discours. Ils étaient troubles, fuyants même. Et sa mâchoire était crispée, eut-il encore le temps de songer avant que la belle blonde ne reprenne la parole, interrompant son observation. Peter possédait ce truc indéfinissable qui lui permettait de scruter quelqu'un sans paraître intrusif ou malpoli. Ses yeux bleus respiraient la douceur, comme si sa bonté transparaissait par tous les pores. Après tout, rien n'était impossible : ne disait-on pas que les yeux étaient le miroir de l'âme ? Sans croire à toutes ces mièvreries, le reporter devait bien s'avouer qu'on pouvait lire beaucoup dans un regard. Celui de Calypso (dont il ignorait le nom) ne mentait pas. Cependant, il ne souhaitait pas l'embarrasser en insistant sur son état, c'est pourquoi il ne renchérit pas et la laissa poursuivre. « Vous n'avez pas à me remercier, c'est la moindre des choses. » répliqua Peter avant de jeter un regard lourd de reproches au public masculin de la danseuse. Aucun n'avait bougé le petit doigt et s'il n'était pas si pacifiste, Peter leur aurait réservé à tous le même sort. Après un léger rire cynique, le reporter rebondit sur les propos de Calypso, pour exprimer le fond de sa pensée. « Si je m'écoutais, d'autres mériteraient d'y goûter... » Peter secoua la tête comme pour chasser cette pensée négative et calmer ce côté impulsif qui ressortait parfois sans crier gare. Ce n'était pas sa faute après tout : il ne supportait pas la détresse humaine et encore moins ceux qui pouvaient rester indifférents face à un tel spectacle. Où était leur humanité ? L'individualisme de cette société était à vomir, voilà tout.

Peter, plongé dans la contemplation des traits délicats de Calypso, mit quelques instants à s'en décrocher pour reporter son attention sur son interlocutrice. Et quelques centièmes de secondes supplémentaires à imaginer la meilleure façon d'immortaliser sur papier glacé les sentiments contradictoires qui s'animaient sur son visage expressif, sans que sa propriétaire ne semble s'en rende compte. Braquant un regard désintéressé sur sa main, il se contenta de la secouer vaguement, comme pour prouver à la danseuse qu'elle se portait plutôt bien. « Ça va, simplement un peu rouillée. » Peter adressa un sourire franc à Callie, avant de reprendre. « Je n'ai pas vraiment l'habitude de frapper quelqu'un. » Peter ressentait le besoin de se justifier. Il craignait qu'elle ne le considère uniquement comme une brute épaisse, lui tellement opposé à la violence comme moyen d'expression. Néanmoins, face à un type aussi primaire que l'ivrogne notoire qui l'agressa, le dialogue semblait superflu. Et inefficace. Il avait essayé de le raisonner, pourtant. Ça n'avait pas fonctionné. Jetant un regard en coin vers le comptoir où sa bière l'attendait toujours, le reporter s'apprêtait à prendre congé. Il imaginait que Calypso avait mieux à faire. Reprendre ses activités ou mieux encore, prendre sa soirée et rentrer chez elle. « Vous devriez prendre une pause. » suggéra-t-il d'un ton concerné, avant d'ajouter pour la forme : « Au fait, je m'appelle Peter. » La saluant d'un signe de tête après s'être abreuvé de son prénom, le dénommé Peter reprit sa place initiale au bar, où quelqu'un s'était approprié sa bière. L'égoïsme n'avait décidément pas de limites... Un simple soupir bref ponctua ce constat avant qu'il n'en commande une seconde, un peu ailleurs. Une partie de lui-même s'interrogeait sur Calypso : allait-elle terminer la soirée malgré tout ? Rentrerait-elle toute seule chez elle, de nuit ? Peter savait qu'il était fatiguant à se poser autant de questions ou à se montrer si concerné du sort de ses semblables. Personne ne lui en demandait tant. Mais il était né comme ça, voilà tout : à l'écoute et soucieux du bien-être de chacun.

La soirée s'écoula plutôt tranquillement mais Peter ne pouvait se résoudre à quitter le bar sans être fixé sur le sort de Calypso...
Callie a écrit:
« C’était la moindre des choses. » Visiblement, ce n’était pas le cas pour la plupart des clients présents au bar à cette heure-ci. Si cet homme ne s’en était pas mêlé, personne n’aurait eu l’idée de venir sauver Callie des griffes du pauvre ivre et insistant. Sans lui, ce moment désagréable se serait éternisé ou la jeune femme en serait venue aux mains et aux répliques cinglantes, avec un risque assez fort de perdre son travail. Non pas que Soren lui en aurait voulu de s’être emporté mais parce que la plupart des clients ne se seraient pas gênés pour ébruiter la chose et envenimer davantage la situation. Callie pouvait donc s’estimer heureuse du retournement de situation, et c’est pourquoi elle annonça à son sauveur qu’elle allait bien. Certes, les quelques mots sortis de ses fines lèvres n’étaient pas franchement convaincants, mais cela aurait pu être pire sans l’intervention de Peter. Alors, se plaindre de tout ceci n’avait pas véritablement sa place dans la conversation aux yeux de la serveuse qui, de toute manière, n’aimait pas s’épancher sur les sentiments qui la possédaient. « Il faut croire que ce n’est pas le cas pour tout le monde. » se contenta-t-elle d’ajouter, exprimant donc à voix haute ses pensées. D’ailleurs, Peter reprit rapidement la parole, appuyant naturellement Callie. « Je ne suis même pas sûre qu’un coup de poing en pleine figure leur remettrait les idées en place. » rétorqua-t-elle, pour détendre quelque peu l’atmosphère, un léger sourire sur les lèvres. Certes, user de la violence serait une bonne leçon pour tous ces hommes qui n’avaient même pas pris la peine de venir sauver Callie. Mais est-ce qu’ils comprendraient la raison de ce geste ? Sans doute pas, la nature humaine était si désespérante, parfois. Souvent.

Si Callie ne voulait pas se plaindre de ce qu’il venait de se passer ni même parler de ses sentiments actuels, il n’en restait pas moins qu’un inconnu venait de la sauver d’une agression, à l’aide d’un coup de poing bien lancé. S’inquiéter sur la douleur provoquée par ce geste sonnait comme une évidence. C’est pourquoi elle s’enquit rapidement de la chose auprès de Peter. « Je suis désolée de vous avoir poussé à aller à l’encontre de vos habitudes. » C’était stupide, non, de s’excuser d’un sauvetage, vous ne croyez pas ? Cependant, Callie ne put s’empêcher de le faire en le voyant se justifier ainsi. Il semblait plutôt pacifiste et elle pouvait comprendre qu’user de la violence n’était pas toujours facile à admettre lorsque l’on prônait la paix. « J’en avais bien l’intention. » répliqua-t-elle, hochant la tête de haut en bas, lorsqu’il lui conseilla d’aller prendre une pause. Sans aucune doute, le tabac lui ferait un bien fou l’espace de quelques instants. Puis, Callie retournerait travailler car elle n’était pas du genre à se laisser démonter ou à rester sur un échec. Bon, certes, cela n’en était pas un mais ce fut tout aussi désagréable. « Alors, merci Peter. » ajouta-t-elle, un sourire sur les lèvres tandis qu’elle tournait déjà les talons. Cependant, après quelques pas, elle se retourna. « Calypso. » Il lui avait dit son prénom, elle en faisait de même. D’ordinaire, le sien était bien visible sur sa poitrine, mais l’homme ivre avait du faire tomber l’étiquette durant l’agression. Elle disparut aussitôt derrière le bar.

La fin de son service se passa sans encontre. Elle ne retourna pas sur scène et se contenta de servir quelques verres derrière le bar. Elle réceptionna quelques commandes à l’arrière du bar et fit du rangement. Lorsque la nuit commença à bien s’installer, Callie consulta l’horloge du Blue Eagle. Il était temps de rentrer chez elle, une autre serveuse et danseuse allait prendre le relais. Alors que Callie repassa derrière le bar pour saluer ses collègues, son regard se posa quasi immédiatement sur Peter, là assis dans un coin, une bière devant lui. Elle se rappela aussitôt de la boisson que l’on lui avait piqué, alors qu’il était en train de stopper l’agression. Ce détail avait retenu son attention. Sans réfléchir, elle se baissa et récupéra une bière sous le comptoir. Se dirigeant droit vers Peter, elle posa la bouteille sur la table et se laissa choir sur la chaise libre face à lui. « C’est cadeau. Sauver ne devrait pas être synonyme de se faire voler. »
Peter a écrit:
Peter ne sortait que très rarement seul et devait bien s'avouer que ça ne lui réussissait pas. Sans compagnie, il se sentait particulièrement extérieur à la bonne ambiance qui régnait ici et peu enclin à s'y mêler. Même sa bière ne lui offrait qu'un arrière goût métallique désagréable. Il était loin d'être un dépressif mais la solitude amenait naturellement la réflexion et en ce moment, ses pensées étaient trop occupées par sa rupture avec Willow pour se révéler joyeuses. Le reporter avait lu un jour qu'on ne se rendait compte de la valeur des choses que lorsqu'on les perdait définitivement. Sur le coup, il trouva cette prose idiote : d'abord parce que ça induisait une idée de possession qu'il rejetait très clairement dans un couple. L'autre ne lui appartenait pas et il n'avait aucun droit sur elle, ç'aurait été égoïste. Mais plus encore, Peter estima cette pensée infondée car il était pleinement conscient de la valeur de Willow et de la chance qu'il avait de connaître une femme comme elle et plus encore, de lier son existence à la sienne. Malheureusement, il s'était planté en beauté : il l'avait négligée et maintenant elle était partie, laissant un vide immense dans son existence. N'était-ce pas la preuve ultime que la valeur de Willow était bien supérieure à l'idée qu'il s'en faisait ? Si. Peter savait qu'il devait avancer et tourner la page. Après tout, il croyait à toutes ces conneries du destin et si celui-ci avait séparé sa route de celle de son ancienne fiancée il devait y avoir une raison et il fallait s'y plier. Mais en même temps, il était le genre d'homme trop nourri par les drames romantiques pour agir avec discernement ou logique. Et les livres ne racontaient-ils pas que l'on devait se battre pour celle qu'on aimait, même lorsque tout espoir était perdu ? Ces deux versions contradictoires ne lui rendaient pas la tâche facile et la bière ne l'aidait en rien à prendre une décision. Aller de l'avant ou bien s'accrocher à son passé ? Peter n'attendait pas grand chose pour se décider. Simplement un signe, peu importe lequel.

Et celui-ci sembla lui parvenir sous la forme d'une bière, apportée par... Calypso. La coïncidence (ou le coup de pouce ?) lui arracha un sourire amusé qui ne quitta pas son visage tandis que son regard azur détaillait la silhouette de la danseuse qui venait de s'asseoir à ses côtés. « Merci. » se contenta-t-il de répondre chaleureusement, quelque peu surpris (agréablement, à l'évidence) par ce geste. Peter n'avait absolument rien attendu de sa part. Il ne comptait pas pester pour une bière dérobée et aurait pensé Calypso bien trop ébranlée pour ne serait-ce que notifier la disparition de sa bière. L'attention le toucha et c'est tout naturellement qu'il renchérit : « A une condition : laissez-moi vous offrir un verre, je n'ai pas spécialement envie de boire seul. » Son sourire un peu penaud s'élargit tandis qu'il faisait glisser la carte des consommations jusqu'à elle... tout en se doutant qu'elle devait la connaître bien mieux que lui. En réalité, Peter mourait d'envie de passer davantage de temps avec elle et craignait qu'elle ne reparte une fois sa bière déposée sur la table. C'était peut-être idiot mais Calypso était le signe qu'il attendait et si pour l'instant, Peter doutait encore de sa signification, il ne comptait pas la laisser s'échapper aussi vite. Il ne croyait ni au hasard, ni aux rencontres impromptues mais plutôt au destin qui faisait que tout arrivait pour une raison bien précise... Il fallait simplement parvenir à la déchiffrer. « A moins que vous ne souhaitiez rentrer. Je ne voudrais pas vous retarder. » Oui, Peter était poli et affreusement bien élevé. En réalité, Callie venait de subir une agression et il comprendrait tout à fait qu'elle souhaite simplement se blottir dans ses couvertures et ne plus y penser. Il espérait simplement le contraire.
Callie a écrit:
On dit souvent que lorsque l’on tombe en cheval, il faut se relever tout de suite et remonter en selle. Cette affirmation se confirmait aussi dans toute situation délicate. Quand l’homme ivre avait agressé Callie, la jeune femme avait pris son courage à deux mains pour affronter la chose comme elle se le devait. Avec l’aide de Peter, elle s’était tirée sans grande difficulté de cette affaire. Et si le choc avait possédé son corps tout au long de son service, il n’en restait pas moins que Callie était forte et bien décidée à oublier cet incident. Ainsi donc lorsqu'à la fin de son service, son regard croisa la silhouette de Peter assise à l’une des tables du bar, elle ne put s’empêcher d’y aller. Il l’avait aidé, sans doute peut-être même sauvé d’une potentielle agression sexuelle. Fuir aurait été lâche. Aller le voir pour discuter de choses nouvelles était la solution parfaite pour tirer un trait définitif sur cette mésaventure. On efface tout et l’on recommence à zéro. Elle avait rencontré Peter dans de mauvaises circonstances, et quitte à le côtoyer souvent au bar désormais, autant que leurs ‘retrouvailles’ se passent dans de bonnes conditions. Callie ne voulait plus entendre parler de cette soirée difficile, et la conclure sur une bonne note la tentait plus que bien. Une bière à la main, la jeune serveuse retrouva donc Peter. Une manière comme une autre de le remercier, mais aussi de ne plus avoir face à elle seulement son sauveur, mais bel et bien un homme comme les autres. Ou tout du moins, un homme pourvu d’un cœur et de valeurs et principes qu’elle appréciait. Elle ne voulait plus associer son visage à celui de son agresseur. Elle voulait le voir différemment. Engager la conversation sonnait alors comme une évidence.

Lorsque Peter la remercia pour son attention particulière, Callie remarqua la surprise sur son visage. Un sourire se dessina aussitôt ses lèvres. Assise désormais face à lui, elle ne pouvait définitivement pas décliner son offre. « Je ne suis plus en service, alors je n’ai aucune excuse pour refuser cette proposition. » répliqua-t-elle, amusée. Elle ne prit même pas la peine de regarder la carte qu’il lui tendait, elle connait par cœur son contenu pour s’être retrouvée à de très nombreuses reprises derrière le comptoir. « Il n’y a rien ni personne qui ne m’attend chez moi. » répliqua-t-elle sur un air songeur et nostalgique, lorsqu’il évoqua sa susceptible envie de rentrer chez elle. Non, elle n’en avait pas envie. Le silence qui planait dans l’appartement était frustrant et triste. Il résonnait encore et encore, et déplaisait totalement à Callie. A dire vrai, c’était bien la première fois qu’elle ne l’appréciait pas, elle qui était d’ordinaire si solitaire. Sand Valley l’avait changé, elle et ses habitudes, elle et sa vision de la vie. Elle avait quitté sa famille et ses camarades de cirque, et se retrouvait pour la première fois de sa vie définitivement seule. Et cette simple idée, qui l’avait souvent séduit par le passé, lui déplaisait ce soir-là. Après une telle agression, un besoin de compagnie se faisait sentir. Elle ne pouvait pas le contrôler. Qui plus est, l’approche des fêtes de fin d’année la rendait nostalgique et triste. Etre seule dans son appartement n’était en rien réjouissant. « Je reviens. » annonça-t-elle, adressant un autre sourire à Peter avant de quitter son tabouret. Elle alla se chercher elle-même sa boisson, ne souhaitant pas apporter davantage de travail à ses collègues. Une bière à sa main, elle se retrouva bien vite devant son sauveur. « Vous en avez suffisamment fait pour ce soir. Il est hors de question que vous déboursez de l’argent pour moi. » Son ton était déterminé, et le regard qu’elle lança à Peter suffirait sans doute à le dissuader de la contredire. Callie était le genre de femme qui savait ce qu’elle faisait, mais surtout qui avait horreur de dépendre de quelqu’un. Par le passé, lorsque l’un de ses rencards l’amenait au restaurant, elle mettait un point d’honneur à payer sa part. Ce n’était pas ce soir que cela allait changer, d’autant plus que Peter n’était pas un amant. Portant sa bière à sa bouche, Callie but une gorgée avant de la reposer sur la table.
Peter a écrit:
Le sourire flegmatique de Peter s'élargit bien malgré lui lorsque Calypso accepta sa proposition. A vrai dire, il n'était pas sur qu'elle ait l'envie de perdre son temps en sa compagnie. Après tout, elle ne lui devait rien et le reporter aurait parfaitement compris qu'elle souhaite retrouver le confort de son appartement. Et merde, voilà qu'il se mettait à penser comme Sonny eut-il le temps de songer pendant la belle blonde s'installait en face d'elle. Sa réplique lui arracha un rictus bien moins enjoué, tandis qu'il levait sa bière dans sa direction. « Bienvenue dans mon monde. » lança-t-il d'un ton ton qu'il espérait neutre. Peter supportait très mal la solitude et l'absence de Willow lui pesait bien plus qu'il ne voulait se l'avouer. Lors de ses voyages, il était toujours si entouré que le retour à la réalité s'avérait bien souvent brutal et déstabilisant. Et en général, le corps de sa fiancée assoupi tout contre le sien atténuait avec volupté cette sensation. Mais elle n'était plus là et jamais l'appartement n'avait paru si froid et inhospitalier. Peter fut néanmoins surpris par la remarque de Calypso. C'est idiot mais il n'imaginait pas un seul instant une telle femme seule. Elle disposait du genre de beauté naturelle pour qui n'importe quel homme se damnerait sans plus réfléchir. Si une personne ici ne devrait logiquement pas souffrir de solitude, c'était bien elle. Mais le monde avait eu tout le temps de lui prouver que la logique n'était pas son fort. « Ça fait longtemps que tu es... seule ? » Peter abandonna le vouvoiement pour le tutoiement, plus aisé pour engager une conversation plus riche à son sens. Les yeux plongés dans les siens, le reporter attendait sagement une réponse. Sa question pouvait paraître intrusive au premier abord mais la douceur de ses traits et la pudeur avec laquelle il l'exprimait sauvait la donne. Du moins, il l'espérait. Calypso n'était pas d'ici : le cas contraire, il l'aurait très certainement remarquée. Lui, au moins possédait des amis et mieux encore, une famille. Callie n'avait peut-être pas cette chance et avec les fêtes de fin d'années qui approchaient... Peter trouvait la réponse à sa question extrêmement importante. Non pas qu'il comptait s'immiscer dans son existence ou l'inviter pour le réveillon (cela aurait été déplacé). Mais... quoi de mieux que le réconfort que peuvent s'offrir deux personnes qui se sentent tout simplement seules ? Perdues, même.

Peter la regarda s'éloigner à la recherche d'une consommation et ne toucha pas à son verre avant que Calypso ne revienne. Le bar se vidait petit à petit et se retrouver presque seul avec Calypso à l'intérieur même du bar s'avérant déstabilisant. Et étrangement plaisant à la fois. L'agression était oubliée et paraissait bien loin maintenant. Le reporter qui ne croyait pas au hasard, se demandait même si tout ça n'avait pas été provoqué par un coup du destin pour le mettre sur la route de cette mystérieuse danseuse... qui ne répondait à aucun des clichés que les hommes pouvaient attendre d'une telle créature. Lorsqu'elle le rejoint, Peter était presque fébrile. Il ressentait que cette rencontre pouvait avoir un impact incroyable sur son existence sans pour autant comprendre d'où lui venait cette intuition et surtout, pourquoi elle le frappait avec autant de force. Le ton sans appel avec lequel elle s'adressa à lui lui arracha un sourire amusé. « J'ai comme l'impression que même en insistant, je ne parviendrais pas à te faire changer d'avis... » Son ton était badin et les yeux qu'il posait sur la silhouette de Callie, rieurs. Elle avait tout l'air d'une femme forte et indépendante, peu habituée à ce que l'on s'oppose à ses choix. « Je cède, mais uniquement pour cette fois. » Enfin non pas qu'il pensait qu'il y aurait d'autres fois mais... « Parce que tu viens d'assassiner la dernière once de virilité qui me restait depuis que je t'ai avoué ne jamais me battre » Bien sûr, il plaisantait. Peter ne mesurait pas la virilité aux gros bras et au porte-monnaie bien garni. Mieux encore, il se fichait bien de paraître viril, bien au contraire. Il était sensible et ne cherchait jamais à le dissimuler. C'était ridicule. « Qu'est-ce que tu es venue chercher à Sand Valley ? » s'enquit-il poliment, sans cacher l'intérêt qu'elle éveillait en lui. Le reporter désirait sincèrement en apprendre plus sur elle...
Callie a écrit:
Alors, cet homme qui venait de la sauver sans penser aux conséquences était seul. Cette révélation était pour le moins surprenante. Il était plutôt bel homme et semblait avoir des principes plutôt rares de nos jours. Une espèce en voie d’extinction donc. Quelle femme ne souhaiterait pas partager sa vie avec lui ? Que s’était-il passé dans sa vie pour qu’il soit aujourd’hui face à la solitude ? Tant de questions qui gravitaient dans l’esprit de Callie. Peut-être se posait-il les mêmes, après tout, elle savait qu’elle avait un physique et un corps qui plaisaient aux hommes, et pourtant elle était célibataire depuis… trop longtemps. Si pour la serveuse, ce statut amoureux relevait d’une décision mûrement réfléchie, il n’en était peut-être pas la même chose pour Peter. La surprise se lisait donc sur le visage de la jeune femme, qu’elle tenta tant bien que mal à camoufler à l’aide d’un sourire. L’interrogation qui s’échappa des lèvres de son sauver lui arracha cependant une grimace. Si Callie s’était retenue de dire à voix haute les questions qui trottaient dans sa tête, il n’en était pas le cas pour Peter. Elle ne pouvait lui en vouloir, après ce qu’il avait fait pour elle quelques instants auparavant. C’est pour cette raison qu’elle allait lui apporter une réponse. D’ordinaire, elle ne l’aurait jamais fait, et aurait quitté la table sans daigner en avertir la personne qui lui faisait face. Mais elle ne pouvait rien refuser à cet homme-là. Rien, même si elle l’aurait souhaité, même si cela aurait été sans doute préférable, car parler de sa solitude après une telle agression n’arrangeait en rien son état d’esprit actuel. Il l’avait sauvé, et elle lui en était reconnaissante. Elle qui pourtant détestait que l’on vole à son secours devait se rendre à l’évidence : Peter avait ce je ne sais quoi qui la poussait à rester, à prendre sur elle et à engager une conversation. Parce qu’elle sentait bien qu’il était différent et que sa présence pouvait lui être tout aussi bénéfique que son sauvetage. Callie avait toujours suivi son instinct, et ce n’était pas maintenant que les choses allaient changer. « Je ne suis pas sûre que la vérité te satisfasse. » fit-elle, tout d’abord, avant d’annoncer la réalité des choses, qui allait s’avérer encore plus surprenante que la solitude de la jeune femme. Elle en était persuadée. « Mais tu ne mérites pas que je te mente alors… Quelque chose comme huit ans. » annonça-t-elle, enfin, se mordant légèrement la lèvre. C’était à peine croyable. Et pourtant… Elle n’avait plus été en couple depuis Nathaniel. Il lui avait totalement coupé l’envie de s’investir dans une relation amoureuse. Elle se contentait désormais d’aventures sans lendemain, ou durant quelques jours à peine. Quelque chose de purement physique. Souvent, les hommes voulaient plus, se rendant compte qu’elle n’était pas simplement une blonde avec un corps de rêve. Parfois même, certains se risquaient à lui susurrer des mots doux à l’oreille. De quoi la faire fuir automatiquement. L’amour lui faisait peur, et former un couple avec un homme n’était plus d’actualité pour la jeune femme. « Et toi ? » se risqua-t-elle finalement. Après tout, il avait osé, elle pouvait donc en faire de même sans trop se poser de questions. Et puis, c’était une manière comme une autre de dévier la conversation sur un autre sujet qu’elle-même.

Une bière à la main, elle refit rapidement son apparition à la table. Effectivement, elle semblait détendue et heureuse. Il n’en était rien : le choc de l’agression était bien ancré en elle, et l’évocation de sa situation amoureuse n’avait en rien arrangé les choses. Elle se sentait faible et minable. A la merci de la tristesse et de l’évolution désastreuse du monde. Mais elle ne laissait rien paraître, pour ne pas tout gâcher. Elle ne connaissait pas Peter, et pourtant, elle commençait à l’apprécier pour ce qu’il avait fait pour elle. Personne n’avait eu une telle attention pour elle depuis bien longtemps, et ce n’était pas rien. Callie but une gorgée du liquide légèrement alcoolisé. « Tu as vu juste… » rétorqua-t-elle, amusée, laissant même échapper un rire. « Oh, parce qu’il y en aura d’autres ? » l’interrogea-t-elle, quelque peu joueuse, comme si l’agression appartenait définitivement au passé. Peter avait un effet particulier sur elle, finalement. « Je ne pense pas qu’il faille avoir des muscles pour être viril, tu sais. » ajouta-t-elle, un sourire sur les lèvres. D’ailleurs, pour séduire Callie, il fallait bien plus en avoir dans le crâne que dans les bras. Même si un corps musclé était plaisant à voir, la jeune femme était du genre à se lasser très vite de ce genre de détails. « Une nouvelle vie. » répondit-elle, sincère, le regard rivé sur Peter.
Peter a écrit:
Huit ans ? La surprise devait aisément se lire sur son visage, malgré l'air flegmatique que celui-ci affichait en permanence. Peter n'arrivait pas à concevoir comment l'on pouvait désirer une telle situation. Parce qu'à ses yeux, Calypso l'avait souhaité, il ne pouvait en être autrement. Une femme comme elle devait être sollicitée en permanence, plus ou moins maladroitement certes. Alors si elle était seule depuis huit ans c'est qu'elle avait dressé un mur infranchissable entre elle et les autres. Pourquoi ? Très bonne question. Bien que son métier l'ait rendu très indépendant (au grand dam de ses anciennes petites amies), Peter avait ce besoin viscéral d'être en couple. De compter pour quelqu'un. Rien ne le rendait plus heureux que la sensation de ne pas être seul, de connaître quelqu'un par coeur et inversement. Willow lui avait insufflé le courage et la force de la plupart de ses décisions. Sans elle à ses côtés, il ne se serait sans doute pas dépassé autant. Et ça, elle n'en avait pas conscience. Peter n'était pas un homme forgé pour la solitude et ne le serait jamais. C'est pourquoi son intérêt pour Calypso venait d'atteindre un nouveau niveau. Elle l'intriguait et ce n'est qu'après quelques secondes qu'il se détacha de son regard (et de sa bière) pour se rendre compte qu'elle s'était adressée à lui. Peter aurait dû s'attendre à se faire interroger à son tour mais sa question le troubla quelque peu, lui arrachant un rictus gêné. « C'est plus... récent. » Le reporter noya le soupir qui menaçait de se déverser dans son verre de bière, qu'il vida d'une traite. La douceur du visage de Calypso lui offrit néanmoins la force de poursuivre. « Ça fait un peu plus d'un mois que ma fiancée m'a quitté mais j'ai l'impression que c'était hier. » Un sous-entendu voilé pour exprimer la douleur encore vive qui l'habitait et ne semblait jamais le laisser en paix.

[...]

Une nouvelle vie. Jamais les propos de Calypso ne se révélèrent aussi frappants. Peut-être devrait-il chercher ça également. Non pas une nouvelle vie professionnelle, la sienne le comblait aisément. Mais un tournant drastique de son existence à Sand Valley. Après tout, Peter croyait que le bonheur qu'il possédait et chérissait serait éternel mais il s'était bien trompé. Aujourd'hui, il était seul et tous ses repères s'étaient envolés d'un seul coup. Il fallait qu'il change au lieu de se morfondre sur son sort. Et le reporter n'aurait pas imaginé une seule seconde au début de la soirée que ce changement radical s'imposerait si vite à lui. Il s'était rendu au Blue Eagle seul, dans le but de se changer les idées et de cesser de se morfondre dans cet appartement vide dont chaque recoin lui rappelait inlassablement Willow. Maintenant, il se trouvait chez une quasi-inconnue et ses lèvres glissaient sans retenue sur sa peau satinée. Peter n'arrivait pas à comprendre comment cela avait pu arriver. Il n'avait jamais fait une telle chose auparavant. Le reporter n'était pas ce genre d'homme, celui qui accumule les conquêtes et séduit avec une facilité déconcertante. Non, lui il apprenait à connaître les femmes et tombait amoureux de ce qu'elles étaient. Pour autant, Peter ne ressentait aucun sentiment de culpabilité. Il était seul et dévasté et Calypso possédait cette aura attirante qui le séduisit aussi aisément qu'un rayon de lumière appelle le papillon. Sans que celui-ci ne se doute un seul instant que cette source de chaleur diffuse le conduira à sa perte...
Callie a écrit:
Parler de sa vie privée, et surtout sentimentale, n’était jamais évident lorsqu’elle était semée d’embûches et de problèmes en tout genre. Lorsque Peter l’avait sondé à ce sujet, Callie n’avait pourtant pas hésité une seule seconde à lui avouer la vérité. Après tout, il ne la connaissait pas. Pourquoi donc la jugerait-il ? Y avait-il seulement un élément susceptible d’engendrer une critique de sa part ? Etait-il comme cela ? Non, bien sûr que non, il n’en donnait pas l’air et Callie espérait que les apparences ne seraient pas trompeuses. Même si au fond, elle se fichait pas mal de ce que l’on pouvait penser d’elle, de sa vie, de son passé et de ses choix. Elle les assumait pleinement. Lorsque la surprise se lut sur le visage de Peter, Callie ne ressentit donc aucune gêne. Ce fut même avec un grand sourire dessiné sur les lèvres qu’elle accueillit la réaction du jeune homme. Cependant, lorsqu’elle questionna à son tour Peter, elle dut se rendre à l’évidence que tout le monde n’était pas comme elle, à prendre les choses autant à la légère. Jusqu’à maintenant, elle n’avait pas remarqué le mal être et la tristesse qui possédaient Peter, mais plus elle laissait son regard plongé dans celui de son sauveur, et plus elle en prenait conscience. Lorsqu’il lui annonça que sa fiancée l’avait quitté il y a peu, Callie ne put s’empêcher de poser sa main sur l’avant-bras de Peter. Un signe de compassion, de soutien mais aussi de solidarité. Au fond, ils partageaient bien plus qu’une rencontre houleuse et une discussion autour d’une bière. Ils possédaient tous deux au fond d’eux un manque puissant, un manque qui les rongeait de l’intérieur et qu’ils tentaient tant bien que mal de camoufler. Si Peter semblait éprouver le besoin d’être en couple, Callie, quant à elle, souhaitait de l’affection sans engagement.

Lorsqu’ils quittèrent le bar ensemble, Callie avait l’infirme conviction que ce soir-là allait changer toute sa vie. Pas seulement parce qu’elle venait de se faire agresser, mais parce qu’un certain lien naissait entre Peter et elle, une relation pleine de compréhension et de besoins.

[…]

Peter ne ressemblait en rien aux précédents amants de la jeune femme. Pourtant, elle ne regrettait rien. Si jusqu’à maintenant, ses aventures sans lendemain l’avaient comblé totalement, ce soir un doute s’installa en elle. Peter lui apportait bien plus que du désir et du plaisir, contrairement aux hommes qui avaient eu l’occasion de se retrouver au lit avec la serveuse. Elle chassa cette pensée d’un langoureux baiser, ne laissant pas Peter reprendre son souffle. Elle désirait plus que jamais lui changer les idées, se changer les idées aussi. S’amuser, et ne plus se soucier du reste du monde. Ne penser plus qu’à Peter et à elle-même. Profiter de ce que le destin lui avait offert ce soir, à savoir un sauveur mais aussi un amant exemplaire. Ses mains balayant le corps bien fait de Peter, Callie ferma les yeux, se laissant emporter par le plaisir que lui procurait la rencontre de leurs deux corps. Une nouvelle vie avait-elle dit quelques dizaines et dizaines de minute plus tôt. Callie n’avait jamais été aussi proche de la réalité.


END

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Chaque femme mérite
un homme qui ruine
son rouge à lèvres
et pas son mascara.

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Occupation : étudiante en commerce, fleuriste

MessageSujet: Re: Anciens topics Callie/Peter   Sam 19 Oct - 19:03

I feel like walking the world

Peter a écrit:
Peter désirait passer à un stade supérieur avec Calypso. Il s'était menti en estimant pouvoir se contenter de ça. De bras accueillants pour oublier le mal que lui avait fait sa fiancée en le quittant. De réconfort pour combler la solitude. Ca n'était pas suffisant. Le reporter n'avait jamais été un coureur, un homme qui pouvait coucher avec une femme sans ressentir autre chose pour elle qu'un profond désir. Le désir ne le guidait pas, ni les pulsions et si parfois ces deux entités prenaient le dessus, ce n'était jamais pour longtemps. Peter était dépendant à l'amour et à tout ce que ce sentiment éveillait en lui. Et aussi agréables soient les moments privilégiés qu'il passait avec Calypso sans rien promettre, il avait l'impression de marcher sur un fil et de se trouver toujours à deux doigts de sombrer. Il n'osait pas se permettre ces choses que font les couples tout en crevant d'envie de le faire. Il n'osait pas non plus avouer à demi-mot à la belle blonde à quel point il ne la considérait pas comme une vulgaire distraction : c'était la réalité mais il craignait de la faire fuir. Calypso était insaisissable, volatile, capable de lui échapper au moindre faux pas. Peter avait conscience qu'elle ne lui serait jamais acquise. Néanmoins, il ne pouvait pas dissimuler plus longtemps l'envie qu'il éprouvait : celle de lui laisser une chance de faire partie de sa vie, de façon plus claire. Moins détournée. Bien sûr, Peter n'était pas prêt à se donner entièrement. Bien sûr, Willow était encore inscrite dans sa chair, dans son coeur, dans le moindre neurone de son cerveau idiot. Mais il fallait la laisser partir. Et il était prêt à faire un pas en avant vers Calypso. Peter était tout sauf assuré : il savait la danseuse réfractaire. Mais tant pis, il souhaitait avancer lentement mais sûrement dans cette direction et c'est pourquoi il lui avait proposé cette journée atypique, dans le nord-ouest de l'Arizona, en plein coeur du parc naturel du Grand Canyon, merveille à la faune exceptionnellement diverse et aux paysages décharnés dignes d'une carte postale. Après de longues heures de bus (Peter et son côté écolo légèrement agaçant se refusaient à prendre la voiture), ils étaient enfin arrivés à destination. Au bord des gorges, le reporter déroba un baiser à Calypso avant de l'inviter à s’asseoir à ses côtés, les jambes flirtant avec le vide. « C'est magnifique, n'est-ce pas ? » Son regard s'ancra un instant dans celui de Calypso, tandis qu'un sourire en coin éclairait son visage doux. Ses yeux reprirent rapidement la direction du paysage, avant qu'il n'ajoute à demi-mot. « J'adorais venir ici, avant. Ado, je pouvais y passer des journées et quand j'allais mal, l'immensité du paysage me redonnait immédiatement espoir. » Comment pouvait-on être pessimiste alors qu'on contemplait un milieu naturel qui existait depuis des milliers d'années ? Les aveux s'écoulaient naturellement sans qu'il ne se force. C'était agréable de s'ouvrir à Calypso et il espérait qu'elle aussi, lui laisse entrevoir qui elle était réellement. « C'est ici que j'ai pris mon premier vrai cliché. Un puma. » Reposant un regard malicieux sur la belle blonde, Peter sortit de son sac son appareil photo qu'il tendit à Calypso, elle comprendrait sûrement le sous-entendu. Et comme si les éléments décidaient de leur faire une faveur, un Condor de Californie, l'un des plus grands oiseaux de la planète tourbillonnait non loin et menaçait de se poser à tout instant. « Tu sais qu'en 1990, il ne restait que trente de ces oiseaux ? Avec WWF, on a beaucoup milité pour sa réhabilitation en Arizona. » Sentant qu'il s'éloignait grandement de son sujet de base et de ce qu'il désirait réellement dire à Calypso, Peter se tut et se contenta de regarder le ballet de l'oiseau et son atterrissage final sur la rive d'en face.
Callie a écrit:
Le parc naturel du Grand Canyon ? Pourquoi pas. L’ambiance qui régnait à Sand Valley commençait fortement à peser sur la jeune femme, qui aspirait désormais à respirer un autre air. Plus pur et surtout moins pollué par toutes ces histoires sans queue ni tête qui vous hantaient de l’intérieur et vous dévoraient petit à petit. Oui, tel était l’état d’esprit actuel de la jeune serveuse. Elle qui d’ordinaire arborait toujours un sourire sur le visage commençait petit à petit à déchanter, et même à douter. Avait-elle fait le bon choix en s’installant ici ? Peut-être pas. La présence de Nathaniel avait réduit à néant la tranquillité qu’elle recherchait. Il avait beau vouloir à tout prix la détruire, ce n’était pas tant cela qui tracassait Callie mais plutôt le fait qu’il la désirait toujours et s’intéressait à elle. Il avait beau jouer le grand indifférent à son égard, tout n’était que comédie. On ne donnait pas de plaisir à une femme qui vous faisait ni chaud ni froid, et encore moins à quelqu’un qui vous dégoûtait presque. Pourtant, Nathaniel l’avait fait. Ces contradictions ne plaisaient pas à Callie, qui avait commis une grossière erreur en donnait à son ancien amant ce qu’il souhaitait. Mais les faits étaient là et rien ne servait de les nier. L’ancienne trapéziste s’en voulait énormément cependant. Même si elle n’avait pas juré fidélité à Peter, elle culpabilisait d’avoir eu un moment d’intimité avec celui qui l’avait brisé une poignée d’années plus tôt. Elle aurait pu mieux choisir ou alors s’en abstenir totalement. Que devait-elle conclure sur cette fâcheuse situation dans laquelle elle s’était fourrée ? Qu’on n’oubliait jamais le premier homme que l’on avait aimé et qu’il aurait toujours une emprise sur vous, qu’importe ce que vous désirez ou non ? Qu’elle ressemblait beaucoup trop à ce sale type, à toujours vouloir être imprévisible et contrôler la situation, qu’importe la gravité de cette dernière ? Les deux conclusions n’étaient pas bonnes à entendre, dans tous les cas. Découvrir un nouveau paysage et passer du temps avec un homme qui lui apportait du bonheur, de la compagnie et de l’affection était tout ce dont elle avait besoin à l’heure actuelle. Il lui fallait tout oublier pour mieux se relever et partir de bon pied. Callie avait fait une erreur, certes, mais on apprenait d’elles, et c’était bien l’intention de la serveuse désormais. Nathaniel ne lui pourrirait pas la vie une deuxième fois. Elle se l’était jurée.

Tandis que Peter l’invitait à le rejoindre, Callie laissa son regard glisser sur ce paysage saisissant et renversant. Il fallait l’avouer, elle n’avait rien vu de plus beau de toute son existence, et pourtant dieu sait qu’elle avait voyagé à travers le monde lorsqu’elle était une enfant plein aux as et pourrie gâtée. Ou peut-être, n’avait-elle pas su apprécier ce qu’elle avait vu par le passé ? Peut-être n’était pas assez bien accompagnée pour savourer ce que le monde pouvait bien leur offrir ? Oui, c’était sans doute tout cela. La présence de Peter forçait Callie à voir les choses différemment. S’asseyant à ses côtés, elle contempla encore et encore ce qui se trouvait devant eux. « Et même ce mot ne suffit pas à décrire ce paysage. » se contenta-t-elle de répondre, plongeant cette fois-ci son regard dans celui de Peter. Qu’il veuille partager cela avec elle lui faisait du bien. Qu’il lui parle de son passé, aussi. Cela lui permettait de ne plus penser au présent et même à ce qui l’attendait à son retour à Sand Valley. D’ordinaire, Callie aurait fuit tout moment identique à celui-ci, pour la simple et bonne raison qu’elle n’aimait pas se retrouver seule avec un homme et ses souvenirs. C’était bien trop personnel. Cela enduisait une relation de confiance et de partage. Elle n’était pas la petite amie de Peter, et c’était bien là le détail qui foutait en l’air ce tableau. Le reporter était sans doute l’homme le plus bon, le plus généreux et le plus attentionné qu’elle ait jamais rencontré. Il était au fond l’homme qu’il lui fallait, l’homme qui pourrait la rendre heureuse et qui ne chercherait pas à détruire son cœur. Pourtant, elle n’arrivait pas à s’attacher comme elle le devrait. La preuve, voilà qu’elle lui avait planté un couteau dans le dos en couchant avec son ancien petit ami, l’homme qui avait réussi à la détruire. Callie n’arrivait pas à se contenter d’une situation simple qui apportait du bonheur. Elle n’y croyait tellement plus qu’elle préférait le danger que la stabilité ; le mal au bien pour ne jamais connaître d’autres désillusions. C’était stupide comme raisonnement, et au fond d’elle, la jeune femme espérait trouver l’homme qui arriverait à la faire changer d’avis sur l’humanité.

Quand Peter lui avoua que ce paysage suffisait à lui redonner le moral, Callie se jura de le croire et d’en faire de même. Peut-être que cette journée loin de Sand Valley allait la remettre d’aplomb et lui permettre de ne plus penser à ses erreurs. Elle se promit de ne plus avoir aucune autre pensée de son passé, de Nate, pour mieux se concentrer sur l’instant présent et ce que Peter souhaitait partager avec elle. Elle s’approcha de lui et posa sa tête sur son épaule pour mieux l’écouter. « Un puma ? Je serais ravie de voir ce fameux cliché. » se contenta-t-elle de dire, elle-même surprise par l’intérêt total qu’elle portait désormais à cet univers si paisible, si saisissant. Il n’y a pas à dire, ce paysage et le calme qui régnait sur l’endroit avaient définitivement un effet sur elle. Elle se sentait tout de suite plus forte, plus sereine quant à l’avenir. La beauté du monde était presque rassurante. Lorsqu’il lui tendit son appareil photo, Callie le contempla comme si l’objet était précieux. Et c’était sans doute le cas aux yeux de Peter. Non seulement il venait de lui apprendre un pan de son passé, mais en plus il souhaitait désormais que la jeune femme apporte sa pièce à l’édifice. Surprise, elle ne réagit pas de suite, se contentant de regarder l’appareil qu’elle tenait entre ses doigts fins. Lorsque Peter lui fit part de ses connaissances en matière de protection animale, Callie releva la tête pour planter son regard dans le sien. Sans doute n’avait-il pas conscience de l’importance de la chose qui lui demandait de faire. C’était bien plus qu’un simple cliché à prendre, un bouton sur lequel appuyer. Finalement, Callie décida d’offrir à Peter ce qu’il désirait. La culpabilité la rongeait petit à petit, et le jeune homme ne méritait clairement pas un refus. Elle avait fait assez de mal comme cela sur son chemin pour continuer. « Je ne suis pas douée pour ça, tu sais. S’il est rare de croiser un tel oiseau, tu ferais peut-être mieux de prendre toi-même la photo… » Mais le regard de Peter suffit à la faire taire. Se concentrant sur l’animal qui volait dans les airs, Callie était prête à figer à tout jamais sur papier l’instant où il se poserait. Le silence planait au dessus des deux amants, et lorsque l’oiseau arrêta son vol, Callie appuya enfin sur l’appareil, non sans avoir oublié de faire quelques réglages de base, les seuls qu’elle connaissait. Sans nul doute que la photo ne serait pas un chef d’œuvre. Elle tendit l’appareil à Peter, et brisa le silence. « Je paris que c'est tout flou et inexploitable. » plaisanta-t-elle, avant de rire doucement. « Merci. » Merci de l’avoir amené ici pour contempler ce paysage renversant. Merci de lui avoir apporté de nouvelles connaissances. Merci de la pousser à faire quelque chose qu’elle n’avait jamais fait auparavant. Merci d’être là, en fin de compte, malgré sa dure personnalité et les erreurs qu’elle faisait et dont il n’avait pas connaissance. Elle n’était pas une bonne personne pour Peter, elle en restait persuadée, et pourtant il continuait à être là. Pourquoi ? Mais tout ceci, Callie ne pourrait pas le dire à voix haute. Un simple remerciement suffisait. Le regard ferait le reste, après tout.
Peter a écrit:


Peter se sentait étrangement serein, ici, en compagnie de Callie. Le Grand Canyon avait toujours ce même pouvoir grisant sur lui : celui de l'apaiser en n'importe quelle circonstance. De lui donner foi en l'être humain. Lorsqu'il se perdait dans la pureté de ses eaux ou la force de ses roches escarpés, le reporter avait l'impression que rien n'était impossible ou insurmontable. Cet environnement sauvage et sublime à la fois vous offrait une claque revigorante, une bouffée d'oxygène, une sensation grisante de liberté. D'invincibilité même. Secrètement, le reporter n'attendait qu'une chose : que le soleil finisse sa course derrière les gorges. La lumière orange et éclatante qui se reflétait sur l'eau rendait le tout digne de la plus belle des cartes postales. Une fois fait, Peter comptait bien descendre avec Callie près d'un lac intérieur qu'il connaissait pour y déguster une bouteille de vin et plus si affinités. Le reporter se sentait un peu niaiseux et très légèrement ridicule à tout prévoir de la sorte, lui qui ne vivait que sur des impulsions et dans la précarité du jour le jour en mission. Malheureusement, lorsqu'il s'agissait des femmes il était très attentionné et ce côté-ci de sa personnalité le forçait à la prévision. Et ce, malgré sa nonchalance naturelle et son allure flegmatique. « Je sais... » se contenta-t-il de souffler, détaillant avec attention le visage parfait de Calypso. Peter était ravi que ça lui plaise, bien qu'il ne doutait pas de l'effet à couper le souffle des beautés de l'Arizona. Si beaucoup se plaignaient de vivre dans un village de bouseux, Peter détestait ce fatalisme doublé de bêtise. Leur Etat offrait des paysages merveilleux et un accès direct à l'Amérique du Sud. Que demander de plus ? « Où est-ce que tu as grandi ? » s'enquit Peter d'un ton anecdotique, sans détacher son regard des gorges. C'était idiot mais Callie ne lui avait jamais fait part de ce genre d'informations pourtant basiques. Il aurait aimé découvrir les lieux qu'elle avait foulé, connaître ses endroits préférés et ce genre de choses toutes bêtes qui aident à percer toute carapace. Même lorsqu'elle sont aussi épaisses et bien gardées sque celle de Calypso Wingfield... Reportant son attention sur la jeune femme, le journaliste ne manqua pas de s'esclaffer à l'évocation de sa photo. « Ok, ok, j'avoue tout... » Un sourire en coin affiché sur son visage rieur, Peter ajouta d'un ton incroyablement badin : « C'était mon premier appareil photo et malgré le nombre de jardins que j'avais dû tondre pour me l'offrir, il n'était vraiment pas performant. Et plutôt lent. » Ménageant son faux suspense, le reporter gratifia Callie d'un clin d'oeil amusé avant de poursuivre. « La photo est très floue et on n'aperçoit du puma que son arrière-train. Mais ça ne m'a pas empêché de conserver ce cliché comme le plus beau des trophées pendant des années. » Peter se souvenait même qu'il l'avait offert à Chris, sa première petite amie, avec la sensation de lui faire don du plus précieux des cadeaux. Parce qu'elle le méritait. Heureusement, elle ne l'avait pas raillé, au contraire. Elle s'était toujours montrée particulièrement tendre avec lui et intriguée par ses centres d'intérêts. Sûrement parce que Sonny, leur meilleur ami commun, partageait les mêmes. Bêtement, Peter ressentait exactement le même sentiment maintenant, des années après. Prêter son appareil photo, même l'espace de quelques courtes secondes était pour lui un signal fort et il espérait que Calypso saurait le décrypter. Peter n'était pas matérialiste et pouvait se séparer de tout avec une facilité déconcertante. Néanmoins, il ne considérait pas son appareil comme un simple objet : plutôt comme une part de lui. Comme un organe à part entière. Après tout, il le suivait partout et illustrait ses émotions. Les clichés qu'il prenait représentaient toujours une part de lui-même. Callie aurait tenu entre ses mains son coeur palpitant que cela n'aurait pas eu plus d'importance. C'est pourquoi Peter retint inconsciemment sa respiration tandis que la jeune femme semblait hésiter et se relâcha instinctivement lorsqu'elle s'en saisit pour capturer l'atterrissage du Condor. Un large sourire étira ses lèvres tandis qu'il reposa un regard particulièrement tendre sur elle. « Je suis sûr du contraire. Ce qui compte avec la photographie ce n'est pas la technique mais l'émotion. » Peter en était persuadé. Si ses photos plaisaient, ce n'était pas à cause de son appareil de qualité ou bien aux réglages qu'il faisait ou encore à la lumière parfaite du moment. Non, c'est parce qu'il y mettait ses tripes. A chaque fois. Rangeant son appareil dans son sac en toile élimé comme le plus précieux des trésors, il sentir ses muscles se raidir en entendant Calypso le remercier. Délicatement, il écarta une mèche de cheveux dorée de son front, avant de prendre son visage entre ses mains comme pour mieux s'imprégner de l'instant. « Merci à toi. » souffla-t-il sans se détacher de son regard envoûtant. « Tu es ce qu'il m'est arrivé de mieux ces derniers mois. » Peter n'essayait même pas de cacher ses ressentis. Contrairement à Callie, il était à vif, à nu. Le reporter était entier, sincère et refusait de se dissimuler par fierté. L'orgueil n'était qu'une entrave à l'amour, à l'amitié, à la vie. On ne vivait pleinement qu'en étant intègre, c'est du moins ce qu'il croyait. Capturant les lèvres pulpeuses de Calypso dans un baiser fugace, Peter jugea que c'était le moment opportun d'exprimer maladroitement le malaise qu'il ressentait vis à vis de cette situation. Il souhaitait vraiment être fixé sur leur situation. Il en éprouvait même le besoin. « Je... je crois que je m'attache à toi. Plus que je ne le devrais. Plus que tu ne le souhaites, sans doute. Mais maintenant, je n'arriverai pas à faire machine arrière. Je ne sais pas fréquenter quelqu'un sans attendre autre chose que de la tendresse. Je suis incapable de ne pas m'impliquer et j'aimerais qu'on... » Alerte au moindre tressaillement de Calypso, Peter sentait son regard changer et l'air se charger d'électricité. Il ne savait pas encore si cela était positif ou non mais en tout cas, il venait de la bouleverser, dans un sens ou dans l'autre. Perdu pour perdu, il conclut, d'un ton qu'il espérait détaché et cool. Comme si la réponse de la danseuse ne changerait rien à leur relation. En réalité, elle risquait de tout modifier. « ... qu'on essaye vraiment de se donner une chance. »

Spoiler:
 
Callie a écrit:
Peter lui avait offert un pan de son passé sans aucune hésitation. Comment faisait-il ? Il y avait bien longtemps que Callie n’avait pas agi de la sorte. Pour cause, elle avait menti. Ou tout du moins, émis nombreux détails de son existence pour ne garder que ce qu’elle souhaitait montrer aux autres : pas grand-chose. Comment aurait-elle pu expliquer à ses anciens compagnons de cirque que sa famille possédait une fortune si grande qu’elle aurait pu soigner des milliers et des milliers d’enfants en Afrique ? Comment leur expliquer son aversion pour le luxe et sa volonté de vivre dans la pauvreté ? Il n’y avait qu’une personne pourrie gâtée jusqu’à la moelle pour oser remettre en cause ce que tout le monde désirait : de l’argent qui coulait à flots, leur permettant d’oublier les tracas de la vie quotidienne. Non, véritablement, Callie n’aurait jamais pu agir ainsi. Alors, lorsque Peter la questionna sur sa vie passée, elle déglutit péniblement en s’efforçant de ne pas rencontrer son regard. Les yeux rivés sur le paysage, l’ancienne trapéziste se mit à penser à mille à l’heure. Qu’allait-elle bien pouvoir lui répondre ? Finalement, elle opta pour la vérité, ne pouvant se résigner à planter un second couteau dans le dos de Peter, si attaché aux valeurs. « Dallas. » Elle ne voulait pas entrer dans les détails car sa vie passée ne méritait pas que l’on y attache de l’importance. Elle n’avait pas menti à Peter, et c’était bien là tout ce qui comptait, non ?

Ce n’est que lorsqu’ils évoquèrent le premier cliché du jeune homme que Callie planta son regard dans le sien. Elle ne l’avait pas fait jusqu’à là, pour ne pas se trahir elle-même. Rester indifférente devant la plupart des habitants de Sand Valley n’était pas bien difficile, mais lorsque cela concernait le reporter, les choses n’étaient pas les mêmes. « Malgré les défauts de ce premier cliché, j’aimerais tout de même le voir. » fit-elle, sincère. Il avait souhaité partager avec elle son passé mais aussi sa passion. L’écouter lui parler de cette dernière était intéressant et surtout pas ennuyant. Elle souhaitait véritablement observer cette fameuse photographie et trouver cela touchant que Peter l’ait gardé comme un trophée. Il n’y avait que lui pour agir de la sorte et cela ne la faisait que se conforter dans l’idée qu’elle ne le méritait pas. Elle n’était pas la femme qu’il lui fallait, elle s’en était vite rendu compte. Si chacun des deux trouvait leur compte dans leur relation, il n’en restait pas moins qu’ils n’attendaient pas la même chose de tout cela. Pourtant, Callie n’était pas prête à tout laisser tomber une nouvelle fois. Elle se sentait bien en sa compagnie et appréciait chaque moment passée avec lui. Elle ne souhaitait pas tout stopper encore une fois. C’est pourquoi au fond d’elle, elle évitait de penser aux possibles attentes de Peter pour se concentrer exclusivement sur les siennes. C’était quelque peu égoïste, mais elle en éprouvait définitivement le besoin. Plantant une nouvelle fois son regard dans celui de Peter, elle sourit. « Tu me diras ce que tu en penses… » Oui, elle désirait connaître son avis sur sa première photographie avec un appareil de professionnel, un appareil que possédait un reporter passionné. Même si la photographie était sans doute ratée, Peter saurait trouver les mots pour la complimenter et la faire se sentir bien. Elle le savait.

Callie n’avait pu s’empêcher de le remercier et ce fut là une grossière erreur. A dire vrai, elle n’aurait jamais cru déclencher une telle réaction de la part de Peter et elle regretta bien vite d’avoir évoqué ces quelques mots. Ce qui lui était arrivé de mieux ? La serveuse ne comprenait pas, elle n’avait rien fait de particulier pour Peter. Pire encore, elle l’avait trahi sans qu’il ne le sache. Elle n’était pas foncièrement une mauvaise personne, mais elle n’était clairement pas la bonne pour le reporter. Son petit discours n’avait donc pas lieu d’être. N’osant pas croiser son regard, elle fixa un point à l’horizon pour ne plus en décrocher. Ce qu’elle avait tant redouté venait d’arriver. Il se confiait à elle sur ses ressentis et souhaitait aller plus loin. Officialiser leur relation. Ce n’était pas dans les habitudes de l’ancienne trapéziste. D’ailleurs, accepter d’être sa cavalière pour le Nouvel An avait été un effort presque surhumain pour la demoiselle. En avait-il seulement conscience ? Non, bien sûr que non. Mais le pire fut lorsque Callie comprit pourquoi elle se trouvait dans ce lieu magique actuellement. Se tournant cette fois-ci vers Peter, elle prit la parole. « Tu m’as donc amené ici pour ces confidences. Il te fallait un lieu magique pour faire passer la pilule. » Le ton était plus sec qu’elle ne l’aurait cru et elle s’en voulut aussitôt. « Peter… pourquoi ne profitions-nous pas de cet endroit renversant ? Je veux dire, ce genre de conversation sérieuse ne peut pas attendre notre retour à Sand Valley ? » C’était sans doute dur à entendre, mais Callie avait vraiment besoin de cet endroit pour oublier. Son erreur avec Nate. Sa vie actuelle à la ville. Elle souhaitait garder la magie de l’endroit sans que Peter ne s’entête à vouloir évoquer un sujet fâcheux. « S’il te plaît… » ajouta-t-elle, tout de même, culpabilisant de la froideur qu’elle avait montré quelques instants plus tôt. Elle avait posé, en même temps, sa main sur l’avant-bras de Peter pour lui montrer qu’elle souhaitait véritablement mettre un terme à cette conversation qui s’annonçait houleuse. « Ne gâchons pas cette heureuse et bonne journée. Mais si tu souhaites rentrer, je comprendrais. » Après tout, la réponse de Callie ne devait pas être celle attendue par le jeune homme et sans nul doute avait-elle tout gâché pour lui.
Peter a écrit:
Les yeux rivés sur Callie qui n'osait pas soutenir son regard, Peter décela son trouble tandis qu'il l'interrogeait sur son passé. La couvant de ses yeux pâles d'une douceur infinie, il regrettait déjà d'avoir posé la question. Le reporter ne voulait pas la brusquer, simplement la découvrir et il n'y avait rien de mal à ça. Malgré ses efforts, son ouverture d'esprit et sa tolérance, Peter ne comprenait pas ce qui pouvait empêcher la danseuse de se livrer et ce, même un minimum. Elle restait imperméable à la moindre de ses approches et en-dehors de leurs étreintes, elle ne se donnait jamais entièrement. Son attitude le troublait : Peter ne s'était jamais entiché d'une telle personnalité auparavant. Chris, Willow et les quelques autres relations moins fusionnelles qui les avaient séparées fonctionnaient selon le même principe : l'un n'avait aucun secret pour l'autre, ou très peu. Peter nécessitait une relation de confiance. Il avait besoin de se livrer à coeur ouvert, d'exprimer ses ressentis et que l'autre en fasse de même. C'était comme ça qu'on bâtissait une relation durable, éprise d'une profonde tendresse et d'un respect sans bornes. Loin d'être une énigme indéchiffrable, Peter aimait que l'on puisse lire en lui et déceler tout ce qu'il était d'un seul coup d'oeil. Connaître son partenaire revêtait pour lui une importance folle... que Calypso ne paraissait pas partager. Du bout des lèvres, elle lui livra enfin une réponse, à laquelle le reporter se contenta d'acquiescer mollement : « Je n'y suis jamais allé. » Il aurait aimé ajouter davantage à ce constat d'une banalité affligeante mais Peter respectait trop Callie pour la pousser à se dévoiler alors qu'elle ne le désirait pas. Même si le reporter aurait aimé voir la danseuse plus encline à s'ouvrir, il ne lui en tenait absolument pas rigueur. C'est pourquoi son regard rieur se posa sur elle pour qu'il puisse rétorquer, railleur : « Je ne l'ai plus. Je l'ai offerte à ma première petite amie il y a des années. Oui, c'est niais. Non, ce n'est pas ridicule. » se justifia-t-il immédiatement, sans se départir de son sourire taquin. Peter savait très bien à quel point il pouvait être sentimental et comment ce comportement pouvait être mal perçu, à cette époque. Mais il ne comptait changer pour rien au monde.

Même pour une femme. D'ailleurs, l'ambiance venait de devenir sacrément pesante après sa petite confession. Contrairement à ce semblait croire Callie, rien n'avait été prémédité. Si Peter l'avait amenée ici, c'était certes pour qu'elle en apprenne davantage à son sujet, parce que ça lui tenait à coeur. Mais en aucun cas il s'était imaginé déballer tout ça, maintenant. Les mots dévalaient simplement sans qu'il ne puisse les stopper... et il n'essayait pas tant que ça, d'ailleurs. Les sourcils très légèrement froncés, Peter ne lâchait pas la blonde des yeux et la déception devait aisément se lire dans ses yeux bleus troubles. « Attends... Tu crois vraiment que je t'ai amené ici pour ça ? Que tout était calculé ? C'est ce genre d'image que je renvoie ? » Peter tenait beaucoup trop à la sincérité et la spontanéité pour monter ce genre de plan. Oui, il était prévenant et attentionné. Oui, il avait prévu de quoi pique-niquer et boire, mais jamais il n'avait prévu quand ils auraient ce qu'elle appelait une discussion sérieuse. La situation s"était imposée à lui parce que le moment lui paraissait propice, le cadre n'avait rien à voir là-dedans. Le reporter se rendait bien compte que sa voix traînante perdait toute sa nonchalance au fur et à mesure qu'il s'exprimait mais il ne pouvait vraisemblablement pas cacher la déception. « Pense ce que tu veux Callie, mais rien de tout ça n'était prémédité. Maintenant, si tu n'as pas envie d'avoir cette discussion je comprendrais mais... » Conciliant. Peter était conciliant, toujours. Trop, sans doute. Mais son métier forgeait chez lui certaines aptitudes et celle-ci en faisait parti. Le reporter détestait aller aux conflits et écoutait toujours les avis des autres, même si ceux-ci ne lui plaisaient pas. Pourtant, contre toute attente, la dernière réplique de Calypso le fit tiquer et se retourner brusquement vers elle, lui qui plongeait jusque là son regard sombre dans l'immensité des gorges. « Non, en réalité je ne comprendrai pas. » avoua-t-il lui aussi, plus sèchement. « Tu peux m'expliquer en quoi discuter comme deux adultes responsables gâche la journée ? C'est aussi terrifiant que ça pour toi, d'évoquer ce genre de choses ? Merde, Callie. Les sentiments ça compte. Je suis désolé de ne pas être un robot ou aussi détaché que tu le voudrais. Je suis désolé de ne pas te considérer uniquement comme un vagin accueillant et de m'attacher à toi, puisque ça te déplaît autant. » Peter haussa les épaules avant de pincer ses lèvres pour se taire. Il en disait trop et il en avait conscience. Mais il était épuisé de se battre pour rien au final. Fatigué de toujours se donner entièrement pour qu'on s'éloigne de lui, comme si son amour était trop compliqué à accepter. Ce n'était pas uniquement à Calypso qu'il en voulait en ce moment. C'était aussi à Willow pour cette rupture inacceptable, c'était à Chris pour ce départ impromptu, c'était à toutes ces filles se plaignant sans cesse des salauds alors qu'au fond, c'était tout ce qu'elles désiraient : un homme qui ne les aimait pas. Un homme possessif. Un homme mauvais. Les hommes prêts à s'impliquer n'attiraient jamais et Peter en faisait une nouvelle fois l'amère expérience. « Mais je ne peux pas faire autrement. C'est pas qui je suis et j'ai eu tort de me lancer là-dedans avec toi alors que je n'ai pas les épaules pour assumer. » Le reporter se radoucit, conscient que Calypso ne méritait pas qu'il s'énerve. D'ailleurs, il n'avait pas haussé le ton à un seul instant. Simplement, sa nonchalance habituelle avait laissé la place à une rancoeur difficile à contenir. Peter désirait simplement savoir si Callie était prête à leur laisser une chance. Si la réponse était négative, il l'accepterait et s'en relèverait. Néanmoins, il ne poursuivrait pas avec elle. Le sexe pour le sexe ne l'attirait pas et savoir que la blonde le réduisait à ce simple usage lui déplairait vraiment.
Callie a écrit:
Il n’avait jamais été à Dallas et ne venait probablement pas de la haute société américaine. Il était romantique à souhait, offrait des cadeaux symboliques à ses petites-amies et n’hésitait même pas à trouver cela niais. Qu’avaient-ils donc en commun ? Peu de choses sans doute, si ce n’est cette solitude si marquante dans leur cœur. Ils s’étaient rencontrés par pur hasard. Peter avait pris des risques pour l’inconnue qu’elle était à ses yeux et s’était rapidement retrouvé dans le lit de Callie. Pourquoi ? Comment tout cela avait-il pu arriver ? La liste des hommes qui défilaient chez la jeune femme était longue, et pour cause, elle ne supportait plus d’être seule. Huit ans à fuir, huit ans à se remettre en question et à trouver un nouvel équilibre. Huit ans à ne plus vouloir goûter aux joies de l’amour, à cause d’un homme qui l’avait élevé sur un piédestal pour mieux la piétiner ensuite. Les blessures ne cicatrisaient jamais vraiment : elles marquaient au plus profond de l’être, allaient et venaient comme elles le souhaitaient et frappaient souvent lorsque l’on s’y attendait le moins. L’existence de Callie était rythmée par ces mouvements internes déstabilisants. Elle avait beau paraître forte et indomptable, une grande sensibilité taquinait son corps pour mieux la rendre mal à l’aise. Mais ça, personne n’en avait conscience car personne ne la connaissait véritablement. Pas même Peter. Callie ne pouvait pas lui en vouloir. Après tout, elle ne s’était jamais confiée à lui. Peut-être aurait-elle du, cela leur aurait évité cette nouvelle situation catastrophique, cette conversation houleuse qui ferait bien des dégâts dans leurs vies respectives. Mais il était trop tard désormais. Le regard rivé dans celui de Peter, Callie sentit son cœur battre de plus en plus forte et la colère monter en elle. Le reporter avait touché la corde sensible. La jeune femme ne supportait pas que l’on émette des jugements à son égard ou que l’on s’attaque au mystère qu’elle émanait d’elle. Elle se releva de sorte à faire face à son amant et l’écouta. L’envie de lui couper la parole s’empara à plusieurs reprises d’elle, mais elle l’ignora pour mieux se concentrer sur les propos de Peter.

Il ne comprenait pas. Le contraire l’aurait étonné. Combien d’hommes lui avaient-ils dit la même chose avant lui ? La liste était bien trop longue. Pourquoi fallait-il toujours que l’on s’attache à elle, alors qu’elle ne demandait que de la compagnie ? Où était passé le temps où les hommes se contentaient pleinement de sexe, sans désirer construire quelque chose – relation stable, famille, qu’importe ! - ? Callie commençait à croire qu’elle était un aimant à « bons hommes », vous savez ce que l’on prenait plaisir à marier tant ils étaient parfaits comme amant, mari et père. Nombreuses femmes étaient en quête de ce genre d’homme et ne tombaient que sur des mauvais garçons. Pour Callie, c’était l’inverse. Le monde était mal fait parfois. Ou peut-être lui envoyait-il un message ? Devait-elle remettre en question sa vision des choses pour être heureuse ? Sans doute, mais là n’était pas la question. Face à Peter, Callie bouillait à l’intérieur. Après lui avoir lancé quelques regards incendiaires, la jeune femme prit enfin la parole. « D’accord, rien n’était prémédité. Soit. » commença-t-elle, doucement, avant d’enchaîner aussitôt. « Si c’est terrifiant pour moi ? Tu n’as aucune idée de ce que j’ai pu vivre dans mon passé, Peter, aucune. Et si je l’ai décidé, ce n’est pas pour rien. Mais laisse-moi te demander une chose : t’es-tu juste une fois poser la fameuse question ‘pourquoi’ ? » Le ton montait de plus en plus, au fur et à mesure que la colère la brûlait de l’intérieur. Il n’avait pas le droit de tout gâché ainsi. Il n’avait pas le droit de la pousser à bout. Il n’avait pas le droit de la juger ou de lui demander l’impossible, parce que tout ceci l’était à ses yeux et Peter aurait du le comprendre depuis le temps qu’ils se fréquentaient tout deux. On n’était pas aussi fermé que pouvait l’être Callie sur sa vie, sans raison. « Pourquoi suis-je comme cela ? » Elle reprit son souffle. « Et bien je vais te le dire Peter, tu as tout gagné. » Le cœur battant, les membres tremblants, elle continua. « On s’est joué de moi. On a piétiné mon cœur si fort qu’il ne sait plus éprouver autre chose que de la peur et de la méfiance. Je ne crois plus en l’amour, Peter. Est-ce si difficile à comprendre ? » Les confidences qu’elle le lui avait faites lors de leur rencontre en disaient long sur ce qu’avait sur le cœur Callie. Sa façon de se comporter, aussi. Des signes, elle en avait souvent lancé mais ils avaient, semble-il, passé inaperçus aux yeux de Peter. Devait-elle lui en vouloir ? Non, bien sûr que non, mais elle ne pouvait s’empêcher de ressentir une certaine colère vis-à-vis de tout cela. « Satisfait ? » siffla-t-elle entre ses dents. Peter ne la méritait pas et ce n’était pas faute de le lui montrer. Elle avait gardé ses distances, et au lieu de faire de même, le reporter avait préféré s’attacher. Il avait été suicidaire malgré les précautions de Callie pour ne pas le faire souffrir. Elle ne lui avait jamais promis et ne lui avait jamais laissé entendre que les choses allaient devenir sérieuses entre eux. Callie n’était pas une femme sans cœur, prête à tout pour obtenir un peu de compagnie, quitte à briser un cœur. On lui avait fait la même chose par le passé, et elle ne le souhaitait à personne. Pas même à ses pires ennemis. On n’oubliait jamais son premier amour, dit-on. Mais surtout, on n’oubliait jamais les pleurs que l’on versait à cause de ce sentiment qui semble pourtant si magique. « Tu as eu tort, oui. Je ne suis pas faite pour toi, comme tu n'es pas fait pour moi. » Elle ne cherchait aucunement à se rabaisser. Elle était juste lucide, et ce depuis le début de leur relation. « Je n’ai rien à t’offrir, Peter. Rien que tu aimerais. Je ne suis pas le genre de femme qu’il te faut et tu le sais tout autant que moi. Nous deux, c’est une erreur. » Sa voix s’était légèrement radoucie mais l’on ressentait toujours l’agitation de son corps et âme. Une certaine froideur se faisait sentir et le visage de la jeune femme n’aspirait rien de bon. Adieu son sourire, adieu ses yeux pétillants et subjugués devant un si beau paysage. Rien n’arriverait à l’apaiser. Peter avait réveillé en elle bien des choses, qu’il serait difficile de faire taire. « Le problème, c’est que je suis juste incapable de me sentir en sécurité avec un homme, même aussi attentionné, généreux et honnête que toi. » Sa voix se brisa. Le constat était terrible. Finalement, cette conversation aura eu un avantage : ouvrir les yeux de Callie, qui prenait peu à peu conscience de son mal être.
Peter a écrit:
Peter n'était pas le genre d'homme à provoquer les conflits ou bien à jeter de l'huile sur le feu pour les voir s'embraser, s'envenimer et tout détruire sur leur passage corrosif. Bien au contraire. Il s'apparentait toujours au médiateur qui calmait les choses et parvenait aisément à rétablir le dialogue là où il semblait pourtant durablement rompu. A l'exception notable de ses valeurs pour lesquelles il se battait sans compromission, le reporter savait conserver son sang-froid, reconnaître ses erreurs et s'excuser. La fierté ne l'étouffait pas parce qu'elle n'était qu'une entrave. Une soupape de sécurité qui empêchait les hommes de se livrer convenablement. De se donner entièrement. D'aimer sans se soucier du reste. C'est pourquoi soutenir les prunelles incendiaires de Calypso lui demandait un effort surhumain. A cet instant précis, Peter aurait souhaité revenir en arrière et apprendre à se taire. A contenir tout ce qu'il ressentait pour elle et ce qu'il désirait lui avouer depuis déjà quelques semaines. Elle n'était pas prête pour ce genre de confession et à l'aide de ses sentiments encombrants pour le commun des mortels, le reporter venait de tout gâcher. Il le sentait et le regard de la jeune femme trahissait cette intuition. La dureté des paroles avec lesquelles Calypso s'exprimait lui fit l'effet d'un seau d'eau glacial en plein visage ou d'un coup de poing en plein estomac : surprenant, douloureux et à couper le souffle. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle se montre si amère avec lui, alors qu'il ne souhaitait que la connaître davantage et s'offrir la chance d'être enfin heureux. Peter était passé du bonheur à l'état brut en compagnie de Willow au plus profond des désespoirs. Il crevait de solitude et s'il le taisait entre les bras accueillants de Callie, ça ne lui suffisait pas. Il désirait tout connaître d'elle. Pouvoir connaître ses amis et lui présenter les siens. La couvrir de cadeaux et l'emmener en voyages. Ce genre d'attentions de couple lui manquait cruellement et le reporter n'était pas capable de se contenter de sexe, aussi bon puisse être cet abandon. Lorsqu'il retrouvait le silence de son appartement après une nuit en compagnie de Callie, sa tristesse lui enserrait le coeur encore plus fermement qu'avant, il y a six mois. Lui offrir un goût de paradis pour tout reprendre violemment comme elle était en train de le faire s'apparentait à la plus cruelle des tortures. Et pourtant, il avait été témoin de sévices corporels particulièrement salaces... Néanmoins, lorsque Callie s'exprima et que ses mots lui parvinrent enfin de façon lointaine (la nervosité le rendait plutôt lent à la détente), tout le ressentiment de Peter s'évanouit instantanément. A cet instant il oublia tout : pourquoi il lui en voulait et à quel point la distance tacite qu'elle instaurait entre elle et le reste du monde lui était insupportable. Ses mots résonnèrent longuement avant qu'il n'ose esquisser un pas envers elle. Son regard de nouveau apaisé ancré dans ses prunelles sombres, Peter ne réfléchit pas une seule seconde avant de la prendre dans ses bras, la pressant contre lui dans une étreinte tendre. Il la sentait tendue sous ses mains mais le reporter n'en fit pas cas, la blottissant contre lui comme s'il espérait la débarrasser de toutes ses craintes. Sa main se perdait délicatement dans ses mèches dorées tandis qu'il comprenait enfin pourquoi Calypso réagissait de la sorte. Peter n'aurait jamais songé qu'une femme aussi forte et indépendante ait pu souffrir par le passé, ça lui paraissait incongru. Qu'un homme comme lui, prompt à offrir son coeur sans contrepartie trébuche régulièrement, ça paraissait normal. Une femme de la trempe de Callie, c'était déjà plus difficile à visualiser. « Je suis désolé Callie. Je ne pouvais pas savoir. » murmura-t-il tout contre son oreille, embrassant brièvement sa tempe. Désolé, il l'était sincèrement. Confus de l'avoir poussée dans ses retranchements, désolé de l'avoir forcée à entreprendre quelque chose qu'elle ne désirait et surtout embarrassé de la tournure des évènements : par sa faute, Calypso avait livré un épisode douloureux de sa vie alors qu'elle n'en avait aucune envie. Humant le parfum enivrant de sa nuque, Peter resserra un instant son étreinte autour d'elle avant de la briser avec une douceur qui lui était propre, s'éloignant de quelques pas afin de mieux la contempler. Les yeux dans les siens et la mine grave, il lâcha enfin cette confession qui pesait sur son coeur depuis l'instant où la danseuse avait dévoilé ses failles : « Je ne te ferai jamais souffrir. Je te le promets. » Le regard sincère du reporter semblait déterminé. Il savait qu'il ne lui briserait jamais le coeur. Il n'avait jamais fait de mal consciemment à une femme et s'en voudrait durablement si jamais cela venait à arriver. Peter était un altruiste, un humaniste : la seule chose qu'il désirait, c'était éradiquer le brouillard de malheur et de souffrance dans lequel ses semblables évoluaient bien trop souvent. Il essayait d'être un homme bon dans le moindre de ses choix et n'avait pas de place pour les dommages collatéraux.

Malheureusement, Calypso ne l'entendait pas de cette oreille et la suite de son discours lui creusa une boule douloureuse à la gorge tandis que son estomac se nouait. Ils n'étaient pas faits l'un pour l'autre ? Et alors ? Quelle était l'importance de ce constat ? Peter avait longtemps cru que Willow et lui étaient parfaits l'un pour l'autre et pourtant, cette compatibilité exceptionnelle n'avait pas empêché leur couple de se briser et de s'évanouir dans un passé lointain qui le rendait nostalgique. Calypso partait défaitiste quand Peter ne pouvait s'empêcher d'être pétri d'un optimisme irrépressible. S'il se donnaient une chance, cela pouvait marcher. Il fallait simplement le vouloir, mais la danseuse possédait un avis bien arrêté sur la question qui lui sciait les entrailles. « Si tu n'as pas envie d'être avec moi, tu peux me le dire franchement au lieu de chercher des justifications. Tu ne peux pas savoir si l'on est faits pour être ensemble ou non. Personne ne le peut. La seule façon de s'en rendre compte, c'est de se donner une chance. Peut-être que ça ne marchera pas et qu'on se fera du mal mais au moins, on ne vivra pas avec des regrets. » Sa voix naturellement traînante avait retrouvé des intonations plus vivantes : Peter l'idéaliste romantique repartait dans de grandes envolées lyriques sur la beauté des sentiments et à quel point eux-seuls pouvaient vaincre n'importe quel obstacle. « Je ne te forcerai pas. Je veux juste te l'entendre dire. »

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Chaque femme mérite
un homme qui ruine
son rouge à lèvres
et pas son mascara.

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Jodie Ostroff

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Âge : 23 y.o.
Occupation : étudiante en commerce, fleuriste

MessageSujet: Re: Anciens topics Callie/Peter   Sam 19 Oct - 19:04

Callie a écrit:
Non, bien sûr que non il ne pouvait pas savoir et c’était bien là le problème. Pourquoi n’avait-il pas compris le mal être intérieur de Callie ? Pourquoi n’avait-il pas fait le rapprochement entre la distance sentimentale qu’elle instaurait entre eux et la solitude qui avait rythmé sa vie pendant huit ans ? N’était-ce pas là l’une des premières confidences de la jeune femme à l’égard de Peter ? Avait-il oublié ? Qu’importe, le mal était désormais fait. En colère contre le reporter qui cherchait à la mettre en cage et déçue de voir ainsi une belle journée s’assombrir en quelques minutes à peine, Callie n’avait pu s’empêcher de dévoiler un pan nouveau de sa personnalité et de son passé. Voilà, désormais il savait. En était-il heureux ? La jeune femme l’espérait, elle qui regrettait déjà tout son petit discours. Il n’avait pas le droit de la pousser à bout et de lui demander ce genre de chose, elle avait besoin d’être seule et de protéger son cœur un peu trop fragile encore. Mais il n’avait rien vu, rien compris. Pouvait-elle seulement lui en vouloir ? Bien sur que non. Il ne pouvait pas savoir. Cette réplique avait pourtant le don pour agacer la jeune femme, qui ne put s’empêcher de lancer un regard froid à son amant. Mais qu’elle ne fut pas sa surprise lorsque l’homme l’attira à lui pour la serrer fortement dans ses bras. Bon sang, que lui prenait-il ? Pourquoi rendait-il les choses encore plus difficiles qu’elles n’étaient ? Pourquoi faisait-il cela ? Par pitié ? Par compassion ? Ce genre de sentiment ne séduisait pas Callie, qui se sentait soudainement très mal à l’aise. Non seulement elle avait du lui avouer une partie de son passé pour le faire taire, une chose qu’elle se serait bien garder de faire d’ailleurs, mais en plus voilà qu’elle subissait un geste affectueux qui n’avait pas sa place dans une telle conversation. Sans nul doute que Peter cherchait à se faire pardonner et à la rassurer, mais Callie ne ressentait pas les choses comme telles. L’envie de clamer haut et fort ce qu’elle avait sur le cœur se fit pressante mais elle se mordit les lèvres pour la stopper net. Elle ne voulait pas aggraver la situation, c’était déjà assez pénible comme cela. Elle resta donc ainsi, dans ses bras, mais ne rendit aucunement son affection. Elle ne pouvait se résoudre à l’embrasser pour le remercier, elle n’en avait même pas envie. Intérieurement, elle lui en voulait même si la coupable dans cette histoire, c’était bien elle. Peut-être aurait-elle du être plus franche avec lui dès le départ, afin que ce genre de conversation ne se produise. Mais il était trop tard désormais pour penser à cela. Lorsque Peter lui confessa qu’il ne la ferait jamais souffrir, Callie sentit sa gorge se nouer. Elle aurait donné n’importe quoi pour se laisser aller dans les bras de son amant si attentionné, mais le souvenir de Nate la hantait. Reculant son visage pour planter son regard dans celui du reporter, Callie usa à son tour d’une certaine franchise. « Là n’est pas le problème, Peter. Si ce n’est pas toi, ce sera moi. » Elle n’était pas faite pour lui, son incapacité à aimer finirait par détruire Peter. A quoi bon le nourrir de faux espoirs ?

C’est pour cette raison que Callie continua sur sa lancée, en lui annonçant qu’ils n’étaient pas faits l’un pour l’autre. Persuadée de ne plus arriver à éprouver des sentiments amoureux pour un homme, la serveuse ne voulait pas officialiser sa liaison avec Peter. Cela induirait bien trop de responsabilités. Il n’avait pas le droit de s’attacher à elle et elle regrettait presque d’avoir croisé sa route il y a quelques mois de cela. Peut-être aurait-il été plus préférable qu’elle se fasse agressée ? Au moins, une seule et unique personne aurait souffert de la situation, à savoir elle. Toutes les blessures que le monde pouvait offrir étaient moins douloureuses et destructrices qu’un chagrin d’amour. Mais convaincre Peter de tout cela allait être dur. Ne comprenait-il pas qu’elle agissait pour son bien ? Les arguments qu’il avançait étaient plutôt bons, rendant ainsi la tâche beaucoup plus difficile à Callie. Le fixant, elle reprit à son tour la parole. « Tu as raison sur deux points. » commença-t-elle. Cherchant ses mots, la jeune femme laissa le silence s’emparer de l’espace avant de le briser. « On ne peut pas savoir, sauf si l’on tente quelque chose. » Il avait raison, oui. Pourtant, Callie ne pouvait se résoudre à emprunter ce chemin là, à croire qu’elle préférait fuir plutôt que prendre des risques. « Je… je n’ai pas envie d’être avec toi. » Sa voix se faisait tremblotante. Pour se persuader d’avoir fait le bon choix, Callie se leva aussitôt. « J’aimerai rentrer. » Elle laissa son regard, vide, balayer le paysage qui les entourait. Peter avait dit qu’il redonnait espoir. Pourtant, celui de Callie de vouloir une nouvelle vie heureuse venait de s’envoler sous ses yeux et par sa faute.
Peter a écrit:
Spoiler:
 

Malgré son statut de grand défenseur de la diversité, Peter devait bien s'avouer qu'il regrettait parfois que le monde ne soit pas davantage composé de personnes comme lui. Entières, passionnées, nullement entravées par la fierté ou retenues par la crainte. Parce que dans ce cas-là, jamais cette journée n'aurait dévalée aussi vite une pente folle et effrénée. Au lieu de se refermer sur elle-même, Calypso aurait elle-aussi, avoué ce qu'elle avait sur le coeur. Qu'importe que ça ne lui plaise pas. Tout était préférable à cette poupée désarticulée contre lui qui ne répondait pas. Ni verbalement, ni physiquement. Ses bras autour de son corps ne rencontraient ni résistance, ni réciprocité. Le baiser que le reporter déposa sur sa tempe ne la fit pas s'animer non plus et l'absence de réaction de Callie finit de lui comprimer la poitrine. Peu importe ce qu'ils avaient partagé ces derniers temps, ça semblait bel et bien loin derrière. Balayé par ses quelques secondes d'errance où il l'avait effrayée avec ses sentiments. A croire qu'à cette époque individualiste et consumériste, personne n'acceptait pas l'attachement. On vendait un modèle de société où les gens se prenaient et se jetaient aussi aisément que de vulgaires objets, contre un peu d’éphémère. Pas Peter. Il était sans doute naïf, idiot, arriéré, stupide ou que sais-je encore mais il préférait s'accrocher fermement à sa capacité de ressentir, de s'attacher, d'aimer quitte à trébucher et se casser violemment la figure. En dehors de son travail, c'est l'amour qui régissait sa vie et lui paraissait le plus important. Perdre Willow avait été une épreuve douloureuse. Une plaie encore ouverte. Mais Calypso, sa chevelure de blé et ses grands océans, l'avaient aidé à reprendre pied. Comment pouvait-il ne pas s'attacher dans ces conditions ? C'était impossible. Impossible. Mais la blonde semblait ne pas le comprendre. Peter ne décidait pas de s'attacher à elle, il ne pouvait pas le contrôler. « Et alors ? » rétorqua le reporter en haussant nochalemment ses épaules, un sourire taquin aux lèvres. Callie cherchait à se protéger derrière de fausses raisons et c'est exactement ce que son regard bleuté coulant sur son joli visage de poupée semblait lui dire. Souffrir, c'était rien qu'un dommage collatéral. Ca faisait parti du processus et souvent, on s'en relevait plus fort. Peter était prêt à prendre le risque, si cela signifiait leur donner une chance. Alors qu'il allait le lui dire, Calypso reprit la parole et ce qu'elle déclama d'un ton hésitant fut aussi tranchant qu'une lame.

Voilà la véritable raison. Elle n'avait pas envie. Peter se demanda l'espace d'un instant ce qui clochait chez lui. Ce qu'il faisait de travers pour se voir sans cesse repoussé par les femmes. Chris l'avait quitté. Willow l'avait quitté. Calypso à son tour, le quittait d'une certaine façon. Le reporter aurait pu se remettre en question, réfléchir, faire une introspection et trouver ce que son comportement avait de si répulsif... Pourtant, il n'en ferait rien. Peter avait des tas de défauts mais c'était un homme intègre et entier, qui n'allait pas changer qui il était pour entrer dans un carcan et satisfaire enfin ses partenaires. Non. Le reporter était fier de la personne qu'il était devenu et tant pis si cela le condamnait à rester seul jusqu'à la fin de ses jours et à tirer un trait sur la famille idéale qu'il espérait bien construire, un jour. De toute façon, son métier le forgeait petit à petit à une certaine solitude et Peter l'apprivoisait de plus en plus. Un instant interloqué par les paroles de Calypso, il mit longtemps à s'animer, cherchant les mots au fin fond de son âme. Il ne désirait pas être dur, sévère, acide. Il ne désirait pas sembler déçu ou rancunier. Mais faire taire la tempête qui grondait en lui était compliqué. L'espace d'un instant, Calypso parvint tant à l'irriter que son image se substitua à celle de Lizzie - la seule à déclencher une telle tension en lui, habituellement. Comment pouvait-il comparer une meurtrière à une femme qui ne désirait simplement pas être avec lui ? Il était ridicule. Doucement, le regard tendre de Peter retrouva les prunelles de Calypso tandis qu'il lui tendait son billet de bus. « Le prochain passe dans 40 minutes. » Il aurait souhaité lui dire quelque chose de moins vide, de plus personnel. Mais Peter craignait les mots qui dévaleraient ses lèvres si jamais il se laisser aller à parler véritablement au lieu d'exprimer des banalités. « Je vais rester un peu ici. » ajouta-t-il à l'attention de Callie avant de se rassoir. Après tout, ne lui avait-il pas avoué un peu plus tôt qu'il se rendait ici à chaque fois qu'il allait mal, avant ? La nature l'apaisait. Ouvrant son sac à dos pour en sortir son appareil photo, Peter effectua quelques réglages anodins, uniquement pour s'occuper en attendant que la belle blonde prenne congé. Il ne pouvait plus soutenir son regard et encore moins esquisser un geste vers elle. Le reporter craignait de ne pas pouvoir contenir sa déception et sa bonté l'empêchait de le faire. Alors il se contenta de fixer son objectif et de capturer toute la mélancolie et l'aigreur que lui inspiraient dorénavant ces gorges...

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Chaque femme mérite
un homme qui ruine
son rouge à lèvres
et pas son mascara.

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Jodie Ostroff

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MessageSujet: Re: Anciens topics Callie/Peter   Sam 19 Oct - 19:06

my head is filled with things to say

Callie a écrit:
Citation :

I want to tell you
My head is filled with things to say
When you're here
All those words, they seem to slip away

Le visage et les paroles si justes de Jamie lui revenaient en mémoire tandis que ses talons frappaient le trottoir. La cadence de ses pas était aussi effrénée que sa détermination était forte. Plus rien ne pourrait l’arrêter. Callie savait ce qu’elle avait à faire et comptait bien aller au bout des choses dès ce soir. La distance qui la séparait maintenant de l’appartement de Peter était minime. Dans quelques poignées de secondes, elle ne tarderait pas à appuyer sur la sonnette. Dans l’escalier, la jeune femme ne put s’empêcher de faire une pause, le doute l’envahissant soudainement. Même si elle savait qu’elle faisait le bon choix en rendant visite à son ancien « petit-ami », elle ne savait pas s’il avait envie de la voir. Et dans le cas contraire, elle devait bien admettre qu’elle le comprenait totalement tant leur dernière conversation avait été houleuse et tant elle avait été détestable. Elle n’avait pas le droit de lui parler sur ce ton et de le rendre coupable d’une situation dans laquelle il était la seule victime. Callie s’était rapidement rendue compte de son erreur – dans le bus qui la ramenait chez elle d’ailleurs, tout juste après avoir quitté Peter. Cependant, elle n’avait pris conscience que dernièrement que son bonheur dépendait de cette conversation à venir. Peter était le petit ami rêvé, pourquoi avait-elle ouvert les yeux si tardivement ? Il était le seul, sans doute, à pouvoir lui redonner confiance en les hommes et en l’amour. Assise sur l’une des marches de l’escalier de l’immeuble, Callie fixait un tableau accroché sur le mur qui servait de décoration. Perdue dans ses pensées, c’est son téléphone portable qui vibra dans sa poche qui la fit redescendre sur Terre. Ne prenant même pas la peine de regarder qui lui avait envoyé un message, Callie se releva, reprit sa respiration et termina son ascension. Devant la porte de Peter, elle ne tarda pas longtemps à appuyer sur la sonnette car trop d’hésitation n’était jamais bon. Le bruit d’une clé qui tourne dans la serrure se fit rapidement entendre : le visage étonné de Peter apparut alors. Un faible sourire sur les lèvres, Callie oublia aussitôt le discours qu’elle s’était tant répétée intérieurement. « Bonsoir. » fut le seul mot qui sortit alors de sa bouche. On était loin de ce qu’elle aurait aimé offrir à Peter mais son regard si intense la troublait. Pourquoi n’avait-elle jamais pris la peine de s’y perdre pleinement ? Pourquoi n’avait-elle pas aimé à sa juste valeur sa présence si rassurante ? Pourquoi avait-il fallu que ses mauvais souvenirs l’empêchent d’être heure ? Tant de pourquoi ne menaient à rien. Passant ses mains nerveusement dans ses cheveux, elle reprit d’une voix si douce qu’elle en était presque inaudible. « Je… Il faut que je te parle, Peter. » Le silence s'empara de l'espace le temps de quelques secondes. « C’est important. » Afin d’être sûre de ne pas être repoussée par son ancien amant, elle reprit aussitôt, cette fois-ci, d’un ton déterminé. « Je ne partirais pas d’ici sans t’avoir annoncé ce que j’ai à te dire. » Un éclat de rire s’échappa doucement de ses lèvres, comme si elle cherchait à détendre l’atmosphère… ou plutôt à se rassurer elle-même.
Peter a écrit:
Peter venait de rentrer à l'appartement pour y retrouver une atroce odeur de bifteck. Pestant dans sa barbe de trois jours, le reporter n'hésita pas à grommeler finalement à voix haute, rappelant à Spencer combien de fois il lui avait demandé d'allumer la hotte, lorsqu'elle se faisait cuire ses carcasses. L'odeur de la viande le répugnait. En bon défenseur des animaux, le reporter était végétarien et ne se verrait jamais consommer un autre être vivant. Néanmoins, tolérant comme il l'était, il ne comptait pas soumettre sa colocataire à son régime particulier à base de soja. Simplement, Peter regrettait parfois qu'elle soit si étourdie et prompte à oublier ce qu'il lui disait dans la seconde qui suivait. Après avoir compris que Spencer n'était pas dans sa chambre ni ailleurs dans l'appartement, le reporter se tut et se contenta de soupirer avant de s'enfoncer dans son canapé. Cette fille le rendait dingue. Il ne comptait plus les fois où ils se disputaient pour une broutille et celles où il s'inquiétait pour la vie de son furet parce que Spencer menaçait de l'étriper et de s'en faire une écharpe. Cette fille était définitivement folle... mais en même temps, elle l'appréciait et mieux encore, savait redonner un peu de vie et de fraîcheur à cet appartement qui s'était éteint en même temps que sa relation avec Willow. Attiré par l'un de ses nombreux livres sur la Syrie qui traînait dans le coin (et sur lequel Peter s'était lové), le reporter songea qu'il était tant pour lui de repartir en mission. Ressasser sans cesse sa vie sentimentale chaotique depuis son retour ici ne la rendait pas moins dramatique et Peter en avait assez de se complaire dans son souffrance. Il avait besoin d'un but et de se sentir utile. Plus indispensable qu'un fiancé quitté lâchement ou d'un amant éconduit d'une pichenette. Plus déterminé que jamais, Peter allait une fois de plus se plonger dans ses notes sur l'urgence de la situation lorsqu'on frappa à sa porte. Interloqué, il mit quelques secondes avant d'aller ouvrir : il n'attendait personne et même ses plus proches amis ne passaient presque jamais à l'improviste (parce que le reporter, tout sauf casanier, était rarement à son domicile). Et à la vue de la personne qui se tenait de l'autre côté, Peter eut l'impression de recevoir un coup de marteau sur la tête. Ou un seau d'eau glacée. Bref, quelque chose de surprenant, paralysant... et fichtrement douloureux. Incapable d'esquisser un geste ou de prononcer un mot, Peter resta vainement planté là, se maudissant intérieurement de ne pas posséder une répartie renversante ou un regard naturellement froid. Avec ses yeux tendres et son visage doux, il était persuadé de ressembler à un chiot inoffensif à deux doigts de sauter sur sa maîtresse. Alors que ce n'était pas le cas. Peter désirait vraiment avoir l'air distant et indifférent : simplement, il n'y arrivait pas parce que ce n'était pas qui il était... La voix presque faiblarde de Callie lui arracha un froncement de sourcils concerné. Jamais elle ne lui avait paru aussi vulnérable et inconsciemment, Peter eut peur que quelque chose de grave ne soit arrivé à quelqu'un de son entourage. Bien sûr, cette pensée était ridicule : pourquoi viendrait-elle se confier à lui ? Mais qu'elle vienne jusque ici pour parler d'eux ne lui effleura même pas l'esprit tant ça paraissait encore plus incongru... S'effaçant pour la laisser entrer, Peter n'osa esquisser aucun geste envers elle et se contenta de répliquer d'une voix éteinte. Pas parce qu'il s'en fichait, juste parce que la surprise dominait encore sur l’enchevêtrement complexe de ses émotions. « Entre. » La discussion houleuse avec Willow l'avait tellement vidé émotionnellement que le reporter ne savait pas du tout à quoi s'attendre avec le retour impromptu de Calypso. Elle avait été si ferme et claire lors de leur dernière entrevue qu'il ne s'attendait plus jamais à croiser sa route... « J'ai fait du thé, si tu en veux. » commença-t-il de sa voix traînante, un peu penaude. Peter ne savait plus quoi faire pour briser le silence pesant qui s'installait à chaque fois que son regard croisait le sien...
Callie a écrit:
Le cœur battant, Callie pénétra dans l’appartement de Peter et aussitôt, des souvenirs l’ensevelirent. Même si leur relation n’avait pas duré très longtemps, ils avaient passé suffisamment de bons moments ensemble pour que la jeune femme se rappelle de la plupart. Les petites attentions si mignonnes du reporter lui revenaient à l’esprit et elle prit davantage conscience qu’elle avait manqué l’occasion d’être heureuse. Sur le moment, elle n’avait pas compris que tout ceci était précieux et qu’il n’était pas donné à tout le monde d’avoir cela en permanence dans sa vie. Aujourd’hui, des regrets la possédaient entièrement. Lorsqu’il lui proposa du thé, Callie lui fit un sourire des plus sincères et presque gênée d’être ici après tout le mal qu’elle avait du lui faire, elle prit la parole d’une voix légèrement tremblotante pour lui répondre. « Je veux bien, oui, je te remercie. » Comment ont-ils pu arriver à une telle conversation ? Callie avait l’impression d’avoir dix ans de moins (au moins) et d’être face à son premier petit-ami. La gêne était palpable et c’était tout juste si la jeune femme ne voulait pas s’enfuir en courant. Cependant, la raison était plus forte que les émotions qui s’étaient emparées de son corps et de son cœur. Elle savait qu’elle avait pris la bonne décision en lui rendant visite et elle ne reculerait pas. Pas maintenant alors qu’elle avait fait le plus dur, à savoir se remettre en question, faire taire sa non-confiance en les hommes et sonner à la porte du reporter. Debout au beau milieu de l’appartement de Peter, elle savait que c’était à elle de briser le silence qui se faisait petit à petit maître de l’endroit. Respirant un grand coup, Callie plongea son regard dans celui de son ancien amant. « Je suis désolée de venir ainsi, à l’improviste. Peut-être attendais-tu quelqu’un ?! Quoiqu’il en soit, cela ne sera pas long, ne t’inquiète pas. » Elle ne voulait pas déranger et avait l’impression d’être une intruse dans ce paysage. Peter méritait bien mieux qu’elle et l’envie de lui rendre totalement sa liberté et de quitter sa vie une bonne fois pour toutes s’empara de Callie. Bon sang, il fallait toujours que des pensées néfastes viennent s’immiscer dans son esprit lorsque la situation était grave. Se mordant la lèvre et fermant les yeux quelques secondes, la jeune femme prit son courage à deux mains. « Je… je te demande pardon, Peter. » commença-t-elle, du mieux qu’elle put, mais sa voix était peu assurée, elle qui d’ordinaire aimait avoir le contrôle de la situation et n’hésitait pas à afficher une certaine dureté. Peter en avait pâti, il le savait donc pertinemment bien. Pourtant aujourd’hui, Callie avait oublié la carapace qu’elle s’était forgée en huit ans chez elle, au fin fond d’une vieille armoire. Elle se mettait à nue pour prouver à Peter que tout ce qui allait suivre était on ne peut plus sincère. « Tu ne méritais pas ce que je t’ai fait endurer la dernière fois. Tu ne le méritais pas et je m’en veux. » Elle chercha un objet à fixer pour se donner la force d’affronter Peter parce qu’elle savait que le moment qui allait suivre serait déterminant dans sa vie. Selon la réaction du reporter, Callie s'était préparée à affronter une toute autre situation, quelque chose qu'elle n'avait plus vécu depuis des années et des années.

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