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 Anciens topics Nate/Callie

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Jodie Ostroff

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Bavardages : 294
Âge : 23 y.o.
Occupation : étudiante en commerce, fleuriste

MessageSujet: Anciens topics Nate/Callie   Sam 19 Oct - 19:11

Il manque le topic d'Halloween par contre  

Be unkind, it's all you're good for

Nate a écrit:
Depuis l'arrivée de son ancienne petite amie en ville, Nathaniel s'était trouvé extrêmement bon avec elle : il ne l'avait jamais importunée. Pourtant, lorsqu'on ne l'appréciait pas, ne désirait pas sa présence et lui faisait savoir, le politicien se trouvait forcé de s'imposer. Pour la simple et bonne raison que son égocentrisme latent et son narcissisme appréciaient plus que de raison déclencher quelque chose chez ses interlocuteurs, fut-ce de la colère ou un profond mépris. Les conflits engendraient souvent des discussions plus intéressantes dans lesquelles le politicien aimait imposer son aisance, sa verve affûtée ou encore sa nonchalance agaçante. Pourtant, depuis leur dernière confrontation, il n'avait pas essayé de reprendre contact avec Calypso pour la torturer innocemment. Même lorsque l'occasion s'était présentée, lors de la soirée du nouvel an, Nate ne l'avait pas saisie, conservant admirablement ses distances. Pour mieux fondre sur elle par la suite, en effet. Il n'en avait pas terminé avec elle, loin de là. D'ailleurs, depuis qu'il avait appris ce à quoi elle avait occupé ces dernières années, Nathaniel s'était promis de lui rendre une visite de courtoisie. Mais comme toujours, l'homme soignait son entrée et l'attente valait la peine. Il avait hâte d'observer le visage de Calypso s'assombrir en l'apercevant, puis se troubler lorsqu'il lui offrirait son cadeau avant qu'il ne verdisse de rage face à ses railleries. Le politicien prévoyait des retrouvailles riches et n'hésiterait pas à insuffler le chaud et le froid parce que c'était nettement meilleur. Une fois introduit dans le modeste appartement où vivait Calypso par son colocataire très limité intellectuellement, Nate suivit sagement la route que Liam lui avait indiquée pour pénétrer dans la chambre de Callie, écrasant de prestance. Contre toute attente, celle-ci dormait encore et contempler sa silhouette alanguie qui diffusait une innocence aussi fausse qu'émouvante lui arracha un demi-sourire presque attendri. Presque. Ce portrait lui rappelait simplement la jeune femme qu'il avait connue, il y a bien longtemps. Celle qui ne s'épanouissait pas dans un cirque en compagnie d'une bande de sauvages ou d'anciens repris de justice. Au moins. Le politicien s'assit sagement sur le bord de son lit, gardant entre eux une distance appréciable. Nathaniel connaissait les bonnes manières et n'était pas un pervers qui s'abreuvait de ses victimes plongées dans le sommeil. Sa voix feutrée et plaisante s'éleva, tandis que les yeux de la belle au bois dormant papillonnaient, annonçant un réveil prochain :  « Bonjour. » murmura-t-il doucement, conscient (et ravi) que sa présence n'éveillerait en Calypso rien de bon.  « Liam a eu l'amabilité de me conduire jusque ici. » Son ton était toujours très courtois tandis qu'il prouvait bien qu'il n'était pas entré ici par effraction ou tel un vulgaire malotru. Loin de là.  « Joyeux Noël, Virginia. » conclut-il d'un ton plus doux avant de lancer sur les draps une boîte. Ce qu'elle contenait ? Une piqûre de rappel. Sur son passé, leur passé tout en restant profondément ancrée dans le présent. Plus concrètement ? Une boîte à musique en argent massif, superbe, au sein de laquelle virevoltait gracieusement une ballerine. En effet, la jeune femme avait longtemps pratiqué la danse classique - et avec talent. Mais ce n'était pas tout : lorsqu'on l'actionnait, la musique sur laquelle tournait la ballerine n'avait rien de conventionnelle... c'était un morceau de calypso, clin d'oeil à ce qu'était devenue la dénommée Calypso. Cette petite merveille lui avait coûté une somme d'argent considérable et quelques recherches, mais voir naître le trouble dans les yeux de son ancienne petite amie vaudrait bien toute cette peine. La méfiance de Calypso à l'égard du paquet qu'elle n'avait toujours pas saisi arrachait à Nate une moue amusée. Pensait-elle que le cadeau lui exploserait au visage ? Voyons, elle devait savoir qu'il était nettement plus civilisé. Et subtil.
Callie a écrit:
Plus le temps passait, et plus Callie voyait naître en elle l’infirme conviction qu’elle avait fait le bon choix : Sand Valley était l’endroit parfait pour commencer une nouvelle vie, loin des habitudes du passé, loin de ce qui l’avait tant rendu vivante autrefois. Redémarrer à zéro n’était pas chose aisée mais chaque nouvelle journée permettait à la jeune femme de se redresser un peu plus. Bientôt, son existence au sein du cirque ne serait plus qu’un souvenir bien ancré en elle, sans influence sur le présent. Elle en était persuadée. La fête de Nouvel An en compagnie de Peter n’avait fait qu’accentuer cette sensation : depuis son arrivée dans la petite ville, Callie avait fait de nouvelles rencontres qui lui étaient on ne peut plus bénéfiques, elle en était pleinement consciente et ne cessait de remettre en question son besoin d’indépendance qui l’avait tant possédé. En solitaire, pouvait-on vraiment être heureux ? Si jusqu’à maintenant, la serveuse n’aurait pas hésité une seule seconde à répondre positivement, les choses avaient changé désormais. Elle ne savait plus vraiment ce qu’elle pensait et préférait taire cette réflexion intérieure quelque peu inutile pour se consacrer entièrement à sa nouvelle existence. La seule ombre sur le tableau ? Nathaniel. Le savoir quelque part dans la ville, vivant sous le toit d’une grande maison, avec sa femme et peut-être même des enfants, était quelque peu désagréable. Non, Callie n’était pas jalouse. Bien au contraire, pour rien au monde elle ne souhaitait être à cette place. Une vie si lisse, si plate et si peu excitante n’était pas faite pour elle : elle avait toujours eu besoin d’action, de choses imprévisibles pour se sentir bien, et ce n’était pas une routine de couple qui allait la séduire. Encore moins si le mari en question s’appelait Nathaniel Rhodes. Ce type était détestable, et c’était bien là le problème. Callie le connaissait par cœur et savait pertinemment bien qu’il ne la laisserait jamais profiter de sa nouvelle vie ici. C’était le genre d’homme qui ne supportait pas le bonheur des autres et faisait tout pour faire voler en éclats des existences jugées mornes à ses yeux. Comme s’il avait besoin de cela pour se sentir heureux dans sa vie ; à croire que cette dernière était ennuyeuse et que les pleurs, les larmes et les cœurs brisés comblaient le manque éprouvé. Un tel raisonnement ressemblait totalement à ceux tenus par Nate jusqu’à présent. Et le silence qu’il imposait entre lui et Callie depuis leurs retrouvailles avait pour but de rendre l’attente d’un coup tordu et d’une revanche dangereuse on ne peut plus intense.

Allongée dans son lit, simplement vêtue d’une petite nuisette, Callie dormait paisiblement. Au pays des rêves, tout semblait lui sourire et par moment, un sourire se dessinait machinalement sur ses lèvres, sans qu’elle ne s’en rende compte et sans qu’elle ne puisse rien contrôler. Pourtant, un nuage sombre arrivait à vitesse grand V. Nate. Assis au bord du lit, il contemplait Callie sagement. Mais bientôt, le silence de la pièce fut brisé par l’ouverture des paupières de la jeune femme. Un cri de surprise, suivi d’un cri d’horreur, s’échappèrent des lèvres de la serveuse. Planquant son dos contre le mur, elle tenta d’instaurer une distance entre son ancien amant et son corps bien trop dévêtu pour une telle rencontre. Lorsqu’il la salua, Callie le fusilla du regard et d’un ton sec, répliqua. « Qu’est-ce que tu fiches ici ? Sors de cette chambre et de cet appartement immédiatement !! » Si son rêve avait été doux, il n’en était rien de son réveil. Liam ? Intérieurement, Callie se jura de le tuer dès que Nate aura quitter leur logement. Depuis quand laissait-on entrer un homme qu’il ne connaissait pas dans la chambre d’une femme endormie ? Non mais ce mec était un vrai malade. La colère enflamma le corps de Callie, qui n’en montra cependant rien. S’il y avait bien quelque chose qui agaçait pertinemment bien Nathaniel, c’était le contrôle total des émotions. Et depuis qu’elle le connaissait, l’ancienne Virginia avait eu le temps d’exceller en la matière.

« Joyeux Noël, Virginia. » Callie se mordit la lèvre pour faire taire son agacement. Puis, d’un ton plus doux et faussement mielleux, elle reprit. « Calypso. Ca-lyp-so. » Décidément, Nate n’était pas prêt à tirer un trait sur l’ancienne Virginia. « Je vais finir par croire que le passé te rend nostalgique. » ajouta-t-elle, légèrement provocatrice, même si elle était persuadée que Nate n’avouerait jamais une telle chose, que ce soit à la principale concernée ou à lui-même. Une boîte atterrit rapidement sous ses yeux. Posée sur le drap, Callie la contempla étonnée. Un cadeau ? Cela sentait le poison à plein nez. Son ancien amant ne possédait aucun cœur, et s’il offrait quelque chose à Callie ce jour-là, c’était bien parce qu’il avait une idée derrière la tête, il fallait être stupide pour penser à de véritables sentiments et à une générosité nouvelle. Nathaniel était le type qui ne changerait jamais, celui qui resterait tout sa vie imbuvable, détestable et particulièrement chiant. Cependant, une chose était sûre : dans cette boîte se cachait véritablement un cadeau. Son ancien amant n’était pas du genre à user de stratagèmes douteux pour frapper sa cible. C’était en la déstabilisant et en la touchant en plein cœur qu’il agissait toujours ; le résultait était toujours bien meilleur. Saisissant la boîte entre ses mains, Callie fit glisser son retard de l’objet jusqu’au visage de Nate, puis du visage jusqu’à l’objet, avant de fixer fermement l’homme. « Les fêtes de fin d’année ont toujours respiré l’hypocrisie. En cette nouvelle année, j’ai bien l’intention de tirer un trait sur toute habitude insignifiante. » Puis, d’un geste brusque, elle rendit la boîte à Nathaniel, la posant sur ses cuisses encore posées sur son lit. « Ne t’en fais pas. Ton cadeau trouvera forcément preneur, tu n’auras donc pas jeté ton argent par les fenêtres. » Elle rejeta le drap au bout du lit, puis posa ses pieds nus sur le sol de la chambre. Sans un regard vers son ancien amant, Callie annonça. « Je ne te raccompagne pas, tu connais la sortie. » Puis, sans attendre, la jeune femme passa une main dans ses cheveux et se dirigea vers la salle de bains. Un jet d’eau bien froide sur le visage lui confirmerait ou non s’il s’agissait là de la réalité.  
Nate a écrit:
La réaction de Calypso n'arracha aucune expression au visage parfaitement maîtrisé de Nathaniel, si ce n'est un très léger haussement de sourcil résolument moqueur. Il l'avait connue moins impressionnable. Et il savait être bien plus intimidant, lorsqu'il le désirait... Pourtant son but n'était nullement de braquer son ancienne petite amie et d'aller au conflit avec elle, du moins, pas dans l'immédiat. Aussi tentante pouvait être cette optique et même s'il désirait sincèrement railler son choix de carrière ridicule (et synonymes), Nate saurait attendre. Ce qu'il adorait avec Calypso, c'était lire sur son visage les émotions qui s'y battaient. Elle était peut-être plutôt douée pour les dissimuler, mais ça ne fonctionnait pas sur lui : il savait discerner le moindre frémissement de paupière, la moindre contraction de mâchoire, le moindre voile de trouble, même si celui-ci ne durait qu'un instant. Et ce ballet d'émotions contraires sur ce visage parfait était le plus fascinant des spectacles. Le politicien aimait se considérer comme un metteur en scène prestigieux, évoluant avec aisance dans le théâtre qu'était la vie. Puisque la lassitude s'était emparée de lui très tôt et que la facilité et l'opulence l'avaient rendu désabusé avant l'heure, Nathaniel prenait un plaisir malsain à s'immiscer dans l'existence d'autrui pour la marquer au fer rouge d'une façon ou d'une autre. Parfois, les réactions des autres lui octroyaient un plaisant moment de détente. Parfois, seulement. Callie faisait partie de cette minorité : la rancoeur (complètement injustifiée aux yeux de Nate, bien évidemment) qu'elle éprouvait à son égard la rendait combative. Et séduisante. Face à sa colère, le politicien n'esquissa que le sourire en coin qu'elle détestait, teinté de fierté et de dédain. De sa voix veloutée aux intonations suaves, il rétorqua... affreusement condescendant : « Voyons trésor, tu sais que je suis réfractaire aux ordres. A moins que je ne les donne. » Il ne la quitta pas de ses intenses yeux aux accents métalliques, avant qu'un regard plutôt éloquent ne coule lentement sur sa silhouette dénudée. « Et si mes souvenirs sont bons, tu n'y voyais aucun inconvénient... » Sa voix s'était teintée d'une intonation équivoque tandis que Nathaniel n'essayait même pas de cacher son sous-entendu graveleux. Rien n'agaçait plus Calypso que les souvenirs de leur passé commun, il l'avait bien compris. C'est pourquoi rien ne lui plaisait davantage que de lui rappeler qu'il l'avait possédée. Et il ne s'était pas contenté de son corps, ça non. Cela aurait été trop facile. Le politicien agissait en amour comme sur tous les autres terrains : si la conquête l'amusait, celle-ci se révélait plutôt aisée. La possession l'intéressait bien davantage. Alice et Calypso n'étaient pas seulement des femmes qui avaient partagé avec lui plus que du sexe insignifiant. Elles lui appartenaient entièrement. Il avait su gagner leur coeur et aimait se dire qu'il avait tenu entre ses mains cet organe si fragile, lui offrant une supériorité inégalable. Calypso semblait persuadée d'être détachée de son emprise. Elle était si sûre d'elle, si au-dessus de tout ça et tellement méprisante à son égard que Nathaniel rêvait de lui prouver le contraire. On ne tirait pas aussi facilement un trait sur lui et la belle blonde l'apprendrait à ses dépends.

La remarque de Calypso sur son passé ne trouva réponse qu'à l'aide d'un haussement d'épaule de dandy nonchalant tel qu'il savait en produire des centaines : dénué de la moindre émotion. Nathaniel était-il nostalgique ? Sans doute, oui. Non pas parce qu'il regrettait son passé commun avec Virginia. Après tout, il l'avait conquise pour de mauvaises raisons : en s'affichant à son bras, il avait souhaité montrer à son paternel qu'il valait mieux que l'image déviante qu'il se faisait de sa personne et ne pensait pas qu'aux étudiantes peu farouches. Mais... une infime partie de lui aurait voulu lui avouer à demi-mot qu'il n'était pas non plus ce monstre d'égoïsme qu'elle s'était figurée en s'enfuyant. D'une étrange façon, Nate s'était attaché à Calypso. Peut-être pas assez pour prendre la peine de partir à sa recherche ou en faire toute une histoire, mais elle avait compté pour lui et leur couple n'était pas qu'une façade. La preuve ? Elle était la seule femme qu'il avait fréquentée sans la tromper. Un lien les avait uni mais Callie, blessée dans son orgueil, n'y aurait jamais cru. C'est pourquoi Nathaniel avait laissé couler. Après tout, il était jeune et sa condition de presque-fiancé abandonné par sa petite amie lui avait apporté son lot de femmes prêtes à tout pour lui redonner goût à la vie et à ses plaisirs... Oh, il n'avait jamais perdu ce goût-là mais feindre le contraire pour obtenir d'elles des faveurs enjouées s'était révélé plutôt agréable. « Ne confonds pas la nostalgie avec mon refus d'alimenter tes fantasmes de post-adolescente rebelle. Je préfère t'appeler par ton véritable prénom plutôt qu'utiliser le sobriquet à peine digne d'une strip-teaseuse dont tu t'es affublée. » Souvent très policé, Nathaniel savait être franc, parfois. Là, il l'était : Calypso, vraiment ? Même dans les bars à hôtesses qu'il fréquentait, aucune ne possédait un nom aussi vulgaire. Peut-être parce que justement, les clubs privés dans lesquels il aimait à boire un bon verre de scotch étaient extrêmement sélect' et ne laissaient pas la place à la médiocrité. Il ne répondit rien au refus de son ancienne petite amie face à son présent et la regarda s'éloigner sans un mot, ni esquisser un geste vers la sortie. Il avait une bien meilleure idée.

Méthodiquement et avec une délicatesse que peu lui connaissaient, Nathaniel ouvrit le paquet de Calypso et sortit de son écrin la boîte à musique. De sa démarche preste et élégante, le politicien parvint jusqu'à la salle de bains où son regard séduisant croisa celui non moins envoûtant de Callie dans le miroir. Il s'avança jusqu'à elle, ménageant son petit effet et comptant les secondes qui les séparait. La porte se referma derrière lui et il se positionna derrière elle, ne lui offrant aucun autre contact physique que leurs regards se défiant dans la glace. Très proche de la belle blonde, Nate déposa la boîte à musique fermée sur le plan de travail et l'actionna. Alors elle s'ouvrit, dévoilant la gracieuse ballerine et la musique lancinante que Calypso reconnaîtrait sans doute entre toutes. Très près d'elle sans que son corps ne la frôle, la voix chatoyante du politicien s'anima en un souffle rauque, contre l'oreille de la danseuse. « Tu n'avais aucune raison de craindre mon présent. » susurra-t-il, soudain caressant. « Elle te plaît ? » conclut-il sur le même ton, juste avant que ses lèvres ne délaissent son oreille pour glisser sur sa nuque découverte. Il laissa sa bouche effleurer sa peau, appréciant le moindre frémissant qu'il y faisait naître avant d'y déposer un baiser brûlant, puis un second. Il connaissait toutes les faiblesse de Callie et cette zone-là en faisait définitivement parti... Le point de non-retour venait sans doute d'être atteint, tandis qu'un bras puissant venait s'entourer autour de la taille fine de la danseuse qu'il prenait plaisir à redécouvrir. Et pendant ce temps, la ballerine imperturbable continuait de tourner sur un air de calypso...
Callie a écrit:
« Le passé prend ici tout son sens. » Nate venait de toucher un point qui aurait pu se révéler sensible si seulement Callie n’avait pas définitivement tourné la page sur tout cela. Il pouvait bien lui rappeler leurs ébats passés, la jeune femme savait ce qu’elle avait fait et assumait tout. Si elle avait souvent regretté de lui avoir offert son cœur, il n’en était rien de son corps. Il avait su être un amant exemplaire et elle ne pourrait jamais le nier. A quoi bon ? Les gémissements qu’elle lui avait donnés à entendre suffiraient à contredire tout discours négatif. En sa compagnie, elle avait aimé le sexe. Énormément. Il avait su la satisfaire là où ses précédents amants avaient échoué. Se soumettre à des petits jeux en guise de préliminaires ne lui avait donc jamais posé problème, bien au contraire. Ainsi donc, si Nate souhaitait l’atteindre en plein cœur pour se sentir supérieur à elle, il se trompait sur la manière d’y parvenir. D’ailleurs, il oubliait un détail : le temps avait filé depuis leur rupture, et si jadis elle avait su soumettre à ses envies, il n’en était plus rien aujourd’hui. Son chagrin d’amour avait totalement endurci Calypso. Aujourd’hui, elle était une femme forte, insaisissable, indomptable. Et ce n’était clairement pas un homme qui lui dicterait sa vie. Ils partageaient donc un point commun : les ordres leur passaient au dessus de la tête. Royalement. « Voyons trésor…» répéta-t-elle sur le même ton qu’avait employé Nathaniel quelques minutes plus tôt. « … je ne suis pas dans une tenue respectable pour recevoir l’homme influent et imposant que tu es devenu. Tu devrais m’attendre dans l’un des confortables fauteuils du salon. » Et sans lui laisser le temps d’ouvrir la bouche, elle enchaîna. « Voilà, erreur réparée. Je ne savais pas que tu préférais la niaiserie maintenant. »

Bien sûr, de tels propos n’arrangeraient en rien la situation. Se taire aurait été plus adéquat, répliquer imposait de supporter la présence de Nathaniel bien plus longtemps. La solution au problème aurait été donc de battre doucement des cils, lui adresser quelques sourires hypocrites de temps à autre et de l’écouter déblatérer son petit discours insignifiant sans l’interrompre. Mais c’était plus fort qu’elle. De quoi plaire à Nate, sans aucun doute. Mais qu’importe. Elle n’allait pas se soumettre à son petit jeu avec un grand sourire rivé sur les lèvres. S’il aimait que les femmes aient du répondant, tant mieux pour lui, mais qu’il crève pour obtenir ne serait-ce qu’une parcelle de son corps cette fois-ci. Il pouvait bien animer et faire naître quelques sentiments divers et variés en elle, cela ne changerait rien de ce qu’elle pensait à son sujet. S’il se satisfait de peu, c’était tout à son honneur. Et Callie pouvait bien confirmer sa forte personnalité si cela lui faisait plaisir. Mais qu’il ne pense surtout pas qu’elle faisait cela pour lui plaire. Quoique, il était si égocentrique qu’il serait prêt à interpréter tout geste ou mot de la jeune femme dans son sens. Pitoyable, n’est-ce pas ? Je vous l’accorde. « Oh, ton détective privé ne te l’a pas dis ? Non seulement j’ai été trapéziste, mais aujourd’hui je sers, danse et même couche pour de l’argent. » Un sourire des plus hypocrites sur les lèvres, Callie reprit. « Tu ferais peut-être mieux de partir, un homme de ton espèce n’a pas de temps à perdre avec une femme comme moi. Je suis to-ta-le-ment d’accord. »

Puis, sans attendre, elle rejeta donc le cadeau que Nathaniel avait posé devant elle et partit directement la salle de bains. Il ne partirait pas, elle le connaissait par cœur. Cependant, s’absenter quelques instants dans une autre pièce lui apporterait un peu de repos, même pour une poignée de secondes, c’était toujours appréciable. Un, deux, trois, dix, quinze… Et la silhouette de Nate se dessina dans le miroir. Ne le quittant pas des yeux, Callie laissa le silence s’emparer de la pièce et l’apprécia. Elle ne daignerait pas reprendre la parole, et laisser à Nathaniel la possibilité de l’emmerder davantage. Après tout, il était né pour cela, à quoi bon lutter contre sa véritable nature ? Si cela pouvait égayer son semblant d’existence parfaite, soit. Mais ce ne fut pas la voix de Nate qui brisa le silence reposant de la salle de bains, mais une musique qu’elle reconnaîtrait entre mille. Du calypso. Et là, dans la boîte désormais déballée, tournait une ballerine. Cela en était trop pour elle. Nate la connaissait pertinemment bien et avait su la toucher en plein cœur cette fois-ci. Le cadeau était magnifique et particulièrement touchant. Et même si les intentions de Nate étaient très mauvaises, il n’en restait pas moins qu’il avait du dépenser une fortune pour ça. Juste pour avoir le plaisir de lire dans le regard de Callie toute sorte d’émotion. Il était définitivement tombé bien bas, mais cette fois-ci, la serveuse se garda bien de le lui dire. Pour cause, la musique était agréable et le mouvement cyclique de la danseuse avait su apaiser l’ancienne trapéziste. Lorsque Callie lâcha du regard le fameux présent, il était déjà trop tard. Nate était désormais contre son dos et lui susurrer quelques mots à l’oreille. L’instant présent était écœurant. Mais une fois de plus, Callie ne le repoussa pas. Se laissant faire, la serveuse ne bougea lorsque les lèvres de son ancien amant parcoururent sa nuque et ses mains, ses hanches. Nate pensait avoir gagné la partie, mais il n’avait pas remporté la bataille. La femme imprévisible qu’elle avait toujours été ne tarderait pas à agir. « Oui. Il me plaît. » A quoi bon mentir, une nouvelle fois ? Le jeune homme avait du lire ses sentiments dans son regard. Elle ne voulait pas jouer ce petit jeu, elle était lasse de leurs joutes verbales et de cette relation détestable.

Les mains de Nate encerclèrent le corps de Callie, d’une fermeté qu’elle savait sienne. Il n’avait pas changé à ce niveau-là, et cela en était presque réconfortant. Si sa vie était devenue plate, lisse et ennuyeuse, elle ne lui avait pas fait perdre ses capacités. Alors qu’il déposait un baiser dans sa nuque, la jeune femme ferma les yeux et tenta d’oublier qu’il s’agissait là de Nate. Lorsqu’elle les rouvrit, elle se décida à agir.  Se tournant, elle fit face à son ancien amant, défit les premiers boutons de sa chemise et laissa le bout de ses doigts effleurer la peau nue de son torse. Et, prise d’une force qu’il ne lui connaissait pas, elle le poussa jusqu’à la douche qui se trouvait à quelques dizaines de centimètres du lavabo et le plaqua contre le mur. Son regard avait changé, il n’y avait plus cette douceur suite à la découverte de la ballerine. On y lissait une détermination sans faille et une envie soudaine. Collant son corps à celui de Nate, elle laissa cette fois-ci ses lèvres parcourir la joue et le menton de son ancien amant avant de s’emparer avec fougue de celles de l’homme. Lorsque le baiser toucha à sa fin, elle recula de quelques millimètres ses lèvres, afin de parler, et son souffle glissait sur le visage presque parfait de Nate. « Une strip-teaseuse, une prostituée… qu’importe ce que je suis ou que tu penses que je suis. Ton cadeau a du te coûter une fortune, laisse-moi te remercier comme il se doit. » Les clients donnaient de l’argent à une prostituée pour s’offrir leurs services. Nate venait d’offrir un présent très précieux à Callie, et semblait la titiller pour l’obtenir une fois de plus. Et une fois de trop, mais le moment n’était pas propice aux regrets futurs et à la remise en question. Aux yeux de Callie, il ne valait guère mieux que les hommes obligés de payer pour du sexe. Si Nate en voulait, il allait être servi. Il pensait peut-être dominer la jeune femme avec toute cette provocation corporelle, il se trompait. Ils se ressemblaient sur plusieurs points : si Nate était prêt à tout pour avoir le dernier mot et se sentir puissant, Callie était la même. Encore plus lorsque son adversaire était son ancien amant qui lui avait brisé le cœur. Lire la surprise sur son visage allait être particulièrement jouissif. Sans doute encore plus que ce qui l’attendait maintenant que le point de non retour était atteint. « Mais avant, laisse moi te rafraîchir la mémoire. » susurra-t-elle, tandis que sa main tournait le robinet d’eau froide. Sans doute avait-il oublié qui elle était. Si sa réputation et sa fortune avaient séduit Nate, Callie était persuadée qu’il n’y avait pas que cela. Au fond, ils se complétaient et se comprenaient. Ils venaient du même monde, et lorsqu’ils désiraient tout deux quelque chose, ils avaient l’habitude de l’obtenir d’un claquement de doigt. Nate avait voulu jouer, il allait être servi. Qu’importe si la chute serait longue et brutale, l’heure était au désir. Nate n’aurait jamais du oublié tout cela. Et avant qu’il n’ait pu répliquer quelque chose, Callie scella une nouvelle fois leurs lèvres dans un long et fougueux baiser.

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Chaque femme mérite
un homme qui ruine
son rouge à lèvres
et pas son mascara.

Edith Head


Dernière édition par Jodie Ostroff le Sam 19 Oct - 19:53, édité 1 fois
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Jodie Ostroff

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MessageSujet: Re: Anciens topics Nate/Callie   Sam 19 Oct - 19:13

Nate a écrit:


Nathaniel ne fit pas cas des humeurs de Callie. Elle pouvait bien coucher réellement pour de l'argent qu'il n'aurait rien rétorqué. L'avait-il piqué au vif en pointant du doigt son choix critiquable de prénom ? Malgré ce qu'elle semblait croire, il n'avait jamais affirmé qu'elle puisse être une traînée ; simplement que sa nouvelle identité prêtait à confusion. Et qui pourrait l'en blâmer ? Personne. Néanmoins, le politicien eut la sagesse de ne rien répondre. A aucune des provocations de Calypso, se contentant à chaque fois d'afficher son sourire désabusé fétiche que ses détracteurs jugeaient irritant au possible. Nathaniel lui préférait le terme séduisant mais comprenait la méprise de ceux moins bien lotis. Cette joute verbale n'eut plus aucune espèce importance dès lors que Calypso posa un regard troublé sur son cadeau. Si il était satisfait ? Assurément. Si cela lui suffisait ? Non, bien sûr que non. Le politicien ne voulait pas replonger Calypso dans un passé qu'ils savaient tous deux révolus. Il ne désirait pas non plus lui faire sincèrement plaisir, loin de là. Ce qu'il souhaitait, c'était la tourmenter. Et il avait une idée très précise de la meilleure façon d'y parvenir... Nate n'était pas un être foncièrement mauvais : s'il se jouait parfois des autres, ses distractions restaient bon enfant - du moins, à ses yeux. Malheureusement, son indifférence glaciale fondait comme neige au soleil face à l'instinct de vengeance. Derrière un masque serein et policé sur lequel tout glissait aisément, il était soumis à certaines pulsions et se montrait particulièrement rancunier. En s'enfuyant sans un mot, Calypso ne lui avait pas brisé le coeur. Cependant, elle avait arraché une infime partie de son égo et Nathaniel s'était promis de le lui faire payer. Personne ne le quittait. Personne. Du moins, à l'époque, puisqu'aujourd'hui il aurait donné beaucoup pour être défait des liens du mariage, même si (et surtout si) l'initiative venait d'Alice. Mais à l'époque, tout cela était inconcevable et le départ de Virginia lui avait profondément déplu.

Il était temps de régler l'addition pour Calypso. Si elle ne se défilait pas face à ses avances, Nate la connaissait assez pour savoir que le temps des regrets viendrait bien vite. Elle finirait par se détester de lui avoir céder une dernière fois alors qu'il représentait exactement tout ce qu'elle détestait. Et bien qu'il ne serait pas là pour en être le témoin, cette certitude le comblait sûrement autant que la scène torride qui n'allait pas tarder à se jouer dans la moiteur de cette pièce. Sans esquisser un seul geste à son encontre alors que Calypso s'approchait, Nate laissa ses doigts agiles glisser sur son torse, y imprimant des picotements agréables. Il craignait que le moindre mouvement de sa part ne la fasse fuir tel un animal apeuré. Mais lorsqu'elle le poussa contre le mur de la douche et qu'il lut dans ses yeux déterminés cette lueur lubrique qu'il connaissait par coeur, le politicien sembla s'animer de nouveau et reprendre le contrôle de la situation. Ses mains avides retrouvèrent immédiatement le chemin du corps de Calypso comme si elles ne l'avaient jamais quitté. Et tandis que la danseuse se pressait contre lui, Nate répondit avidement à son baiser. Il n'y avait aucune tendresse dans leurs gestes, aucune affection non plus. Seulement un désir brûlant et une tension électrique et malsaine qu'il devenait urgent de faire redescendre. Tous deux étaient déconnectés de la réalité : ils n'étaient plus deux êtres réfléchis désirant blesser l'autres. Il ne restait d'eux qu'une pulsion animale à assouvir et le souvenir lointain d'une parfaite connaissance du corps de l'autre... « Je n'en attendais pas moins de toi. » murmura-t-il à son tour tout contre ses lèvres avant qu'il n'en reprenne brutalement possession.Si Nathaniel en pensait un mot ? Absolument pas, il ne la considérait pas comme une traînée malgré que ses actes laissaient suggérer le contraire.

La douche froide de Calypso ne lui remit absolument pas les idées en place. L'eau glaciale sur sa peau brûlante en devenait presque agréable. Retirant sa chemise trempée dans la hâte, il attira à nouveau son ancienne petite amie contre lui, le souffle court, non sans redonner au jet d'eau une température plus tempérée. Tandis qu'elle déboutonnait sans mal son jean superflu, Nathaniel ne se lassait pas de redécouvrir chaque parcelle de sa peau douce comme de la soie. Malgré la fougue qu'ils y mettaient, malgré la vitesse à laquelle tout ceci dérapait et malgré la haine qui motivait leurs rapports en général et celui-ci en particulier, leurs gestes étaient tout sauf maladroits. Nate savait exactement où caresser Calypso pour la sentir frémir contre lui. Il connaissait exactement les parcelles de son corps à embrasser pour lui arracher les soupirs d'abandon qui le rendaient fou. Et redécouvrir l'emprise qu'avaient leur corps l'un sur l'autre s'avérait grisant. Sa bouche ne quittait la sienne que pour glisser lascivement sur sa peau humide et tandis que le regard d'acier du politicien croisa celui tout aussi déterminé de Calypso (qui parvenait encore à lancer des éclairs), il se saisit fermement de ses hanches pour la plaquer contre le carrelage froid de la douche. Malgré son souffle court et le feu insastiable qui grondait de plus en plus férocement en lui, Nathaniel prit la peine de la contempler réellement pour la première fois depuis que son chemin avait de nouveau croisé le sien. Elle était belle. Très belle. Même trempée, sa nuisette lui collant à la peau. Même lorsqu'elle le dévisageait de son regard le plus noir et déclamait à quel point elle le méprisait. La candeur qui se dégageait du moindre de ses traits lui avait plu immédiatement et c'était encore le cas maintenant. Comme avec toutes celles qui l'avaient précédée ou suivie, Nate avait merdé. Il avait refusé de s'ouvrir à elle et s'était contenté de rester drapé dans son égo démesuré. Il aurait pu la retenir en étant sincère avec elle. Au lieu de ça, il avait préféré conserver le rôle du beau salaud et l'oublier comme si elle n'avait été qu'une vulgaire passade. A cet instant, le politicien comprenait enfin le ressentiment de Calypso envers elle. Il fut même tenté de ralentir. De prendre le soin de faire frémir la moindre parcelle de son être. De faire durer éternellement les préliminaires jusqu'à ce qu'elle lui supplie d'arrêter dans un souffle. De lui murmurer des excuses tandis que ses lèvres couraient sans retenue contre la peau laiteuse de sa nuque. Mais...

Ils ne faisaient pas l'amour. Ils baisaient. La tendresse ne les guidait pas, c'était leurs ressentiments qui s'exprimaient. Il ne l'aimait pas, il désirait simplement la soumettre. Elle ne l'aimait pas, elle souhaitait simplement lui prouver que ses provocations ne l'atteignaient plus. Alors, lorsque Calypso emprisonna ses reins de ses jambes interminables, Nate scella leurs bouches dans un baiser sauvage avant de se fondre aisément en elle, submergé par une vague de désir qui l'embrasait aussi aisément qu'un feu de broussailles.
Callie a écrit:
Si avoir un fort caractère permettait de ne pas se faire marcher sur les pieds, il n’en restait pas moins que cela pouvait s’avérer parfaitement dangereux dans certains cas. Dans cette douche, avec Nathaniel, Callie faisait une grossière erreur qu’elle ne manquerait pas de regretter à peine son amant parti. Mais sa personnalité la poussait définitivement à prendre le contrôle de la situation, qu’importe la manière. Elle détestait sa façon de se comporter à son égard. Elle détestait les regards et les sourires qui lui lançaient. Et surtout, elle détestait son besoin de toujours avoir le dernier mot, de toujours se sentir supérieur au reste de la Terre. Elle le maudissait tout autant qu’elle le désirait. Le corps humain et les sentiments qu’ils pouvaient ressentir avaient toujours été tordus et contradictoires après tout, et ce n’était pas aujourd’hui que cela allait changer. Et qu’importe le profit que cherchait à tirer Nathaniel, ses yeux suffirent à Callie pour lui montrer le désir qu’il ressentait à ce moment précis. Il avait beau paraître indifférent à la serveuse, moqueur et cinglant dans ses paroles, il ne pouvait pas lutter contre le désir qui l’envahissait à ce moment donné. Jamais Callie ne l’avait forcé à entrer dans son jeu, jamais elle ne l’avait poussé à l’embrasser encore et encore. Il en avait envie, d’une quelconque manière, et son comportement tout entier lui prouvait. Et rien que cela suffisait à l’ancienne trapéziste pour apprécier l’instant à sa juste valeur. Qu’importe les regrets qui arriveraient le lendemain, elle savait désormais qu’il n’était pas totalement insensible à son charme. Les années passées depuis sa fuite n’avaient pas réduits à néant les souvenirs. Ce constat en était presque rassurant et excitant. Au fond, Nate était aussi faible qu’elle. Il aurait pu le nier, et s’enfoncer dans un discours des plus pitoyables comme à son ordinaire, les faits étaient là. Callie ne le dégoûtait aucunement, et si elle s’offrait à lui, il ne refuserait jamais de passer un moment d’intimité avec elle. L’emprise qu’elle possédait sur lui, même aussi minime soit-elle, était suffisante à la jeune femme pour ne pas reculer devant le danger qui l’attendait.

Callie n’était pas le genre de femme à regretter sa vie passée, à la regarder de manière si nostalgique qu’elle donnerait n’importe quoi pour la revivre. En fait, la jeune femme aimait vivre l’instant présent et ne se souciait jamais de ce qui l’attendait à l’avenir. Elle préférait avancer en regardant devant elle, plutôt que derrière et manquer de tomber. Coucher avec un ex petit-ami était une erreur pour toutes les femmes de la Terre. Si ex il y avait, c’était bien pour une raison. Retourner ou paraître faible à son égard était stupide. Callie n’avait jamais rêvé revivre une partie de jambes en l’air en compagnie de Nate. Jamais. Elle ne l’avait jamais désiré et s’étonnait elle-même d’éprouver une telle détermination en ce moment précis. Il fallait croire que la tension qui flottait au dessus de leurs têtes depuis leurs retrouvailles était bien trop forte pour leurs épaules respectives. Callie aurait pu s’amuser avec son ancien petit ami, lui faire croire qu’elle s’ennuyait terriblement et qu’il ne lui faisait plus aucun effet. Mais elle ne le pouvait pas, et surtout ne le voulait pas. A quoi bon mentir lorsque son regard la trahirait à la seconde même où il croiserait celui de Nate ? Elle éprouvait un grand plaisir. Il n’y avait aucun amour, ni même affection entre eux, et peut-être que la brutalité de l’instant rendait les choses encore meilleures que par le passé. Si tous deux connaissaient parfaitement le corps de l’autre, cet acte sexuel ne ressemblait en rien à ceux du passé. Il y avait une dimension presque animale dans leurs gestes. Et les gémissements qui s’échappaient des lèvres de Callie témoignaient parfaitement de la chaleur qui envahissait un peu plus son corps à chaque coup de rein précis de Nate.

Callie lâcha prise et se laissa totalement posséder par le plaisir grandissant jusqu’à ce qu’un cri final sorte de sa bouche en même temps que celui de Nate. Finalement, leurs corps s’emboîtaient encore à merveille. Le constat était presque étonnant. Callie défit l’emprise de ses jambes et laissa ses pieds toucher le sol mouillé de la douche. Ils étaient tous deux essoufflés, et la jeune femme n’avait guère envie de perdre davantage de souffler en adressant la parole à cet infâme homme. Ainsi donc, elle attrapa la serviette qui était posée à côté de la douche, puis enroula son corps nu. Elle sortit finalement et se dirigea vers le lavabo. Passant une main dans ses cheveux tout emmêlés, elle contempla son propre visage dans le miroir qui lui faisait face. Les regrets ne s’y lisaient pas encore, juste une certaine plénitude et fatigue mêlées. Callie resta dans cette position quelques poignées de secondes avant de se baisser et ouvrir le meuble qui se trouvait sous le lavabo pour en sortir une serviette. Elle se retourna pour la première fois et fit face à l’homme qui venait de l’envoyer au septième ciel. Quoi penser ? Quoi ressentir ? Elle ne voulait pas envahir sa tête de mauvaises pensées et se contenta de lui lancer la serviette. « Tu connais la sortie. » se contenta-t-elle finalement de dire, avant de quitter la salle de bains pour regagner sa chambre. Ils n’étaient plus un couple. Ils n’avaient pas fait l’amour, mais baisé. Ils n’étaient en rien obligés de supporter l’autre après le sexe. Et c’était clairement dans cet état d’esprit que Callie rejoignit sa chambre. Cependant, Nate restait Nate, et il ne serait pas étonnant de le revoir la rejoindre. Malheureusement.
Nate a écrit:
Malheureusement pour lui et au plus grand soulagement du reste du monde, Nathaniel ne disposait pas encore de la capacité de lire dans les pensées d'autrui. Ce qui était fort dommage, parce que s'il avait pu entendre la tentative de justification de Calypso, il s'en serait sûrement délecté... avant de la railler froidement. Elle demeurait si naïve. Croyait-elle sincèrement posséder une ascendance sur lui, même minime, parce qu'il la désirait ? Voyons, c'était ridicule. Le politicien s'avérait être un homme à femmes, certes. Mais cette propension n'était pas une faiblesse puisque Nathaniel parvenait, tout en s'abandonnant entièrement entre les bras d'une femme, à conserver une parfaite maîtrise de lui-même. Un contrôle de ses émotions. Et même lorsque ses lèvres brûlantes dévalaient sensuellement les courbes de Callie, Nate ne perdait pas de vue son objectif premier : ça n'était pas le désir assourdissant qui électrisait sa peau ou le plaisir de sa partenaire. Non, loin de là. Tout ça correspondaient simplement à d'agréables dommages collatéraux. La seule volonté du politicien était de tourmenter son ancienne petite amie. Pourquoi ? Parce qu'elle était réceptive, déjà. A force de lui rappeler à quel point il n'était qu'un parasite méprisable, Nathaniel se faisait un plaisir de lui donner matière à étayer son raisonnement (bancal, avouons-le). L'homme se savait doté d'une certaine aptitude à la nuisance et ne pas s'en servir aurait été gâcher son talent. Nate aimait déclencher des réactions chez autrui, bonnes ou mauvaises il s'en contre-fichait. Il se plaisait simplement à détailler le ballet d'émotions contradictoires qu'il déclenchait sur son passage et s'en amusait. Avec Callie, c'était différent. Nathaniel se montrait tour à tour revanchard puis désintéressé. Il aurait pu la laisser en paix, pourtant. Après tout, le politicien n'accordait aucune espèce d'importance au microbe Spencer Edison depuis qu'elle tentait de monter un magasin dans cette province reculée. Mais le jeu était différent : il l'avait simplement utilisée et elle ne connaissait rien d'autre de lui que l'image chevaleresque qu'il lui avait offerte pour atteindre ses sous-vêtements et cette soit-disant pureté légendaire qui ne faillirait pas avant le mariage. Ce qu'ils avaient eu, Callie & lui, même si le tout avait été motivé par une très mauvaise intention s'était révélé plus sincère et (inconsciemment), Nathaniel ne digérait pas le fait que Calypso ait pu prendre la fuite, comme ça. Sans remords, sans regrets, sans un mot. Son coeur s'en porta très bien mais son égo, lui, subit une déflagration violente dans la bataille. Ne valait-il pas tous les saltimbanques minables ou les idéalistes pathétiques ? Si, bien évidemment.

Et elle nécessitait une piqûre de rappel. Nathaniel savait qu'il représentait tout ce qu'elle haïssait dorénavant. Et pourtant, dans le simple but de répondre à ses provocations, Callie s'abandonnait entièrement à lui et à son désir. S'il ne lisait pour l'instant aucun regret dans ses yeux, il la connaissait assez pour savoir que le temps des remords viendrait. Nate espérait qu'elle passe des nuits entières sans trouver le sommeil, à se remémorer cet épisode tout en désirant se terrer dans son appartement miteux jusqu'à la fin des temps. Ce fut la pensée de s'immiscer durablement dans l'inconscient de son ancienne petite amie dans l'unique but de la tourmenter qui lui arracha un orgasme, davantage que le corps frémissant de la belle blonde tout contre le sien (dont le contact était pourtant fort appréciable, ne mentons pas). Récupérant avec une désinvolture agaçante la serviette que Callie lui lança, le visage de Nathaniel - malgré son souffle irrégulier - respirait la suffisance. La parenthèse était définitivement close. « Ne t'en fais pas, je ne compte pas m'éterniser. » rétorqua-t-il à son attention avant de poursuivre d'un ton velouté qui accentuait le sous-entendu mesquin de ses paroles. « Je n'ai plus rien à faire ici. » Son regard électrique accrocha un instant celui de Calypso pour s'y ancrer fermement, tout en lui adressant l'un de ses sourires en coin préféré : aussi corrosif qu'un verre d'acide lancé en plein visage. Sous-entendait-il que maintenant qu'il avait eu ce qu'il souhaitait, il n'allait pas faire semblant de trouver un intêret factice à cet entretien ? Exactement. Nathaniel était venu dans le seul but de lui prouver qu'elle le veuille ou non, elle lui appartiendrait toujours et qu'il n'avait qu'un geste à esquisser pour qu'elle retombe entre ses bras accueillants. Les mêmes qu'elle dénigrait pourtant avec une fougue insoupçonnée (et qu'il savait feinte, maintenant). Satisfait de cette victoire écrasante contre Calypso et ses leçons de morale, il sortit à son tour de la salle de bains, non sans s'être débarrassé de sa chemise trempée. Il lui laissait l'honneur d'en faire des confettis... ou bien de la revêtir comme une adolescente en fleurs pour le conserver près d'elle. Blague. Enfilant sa veste Prada, Nathaniel traversa la chambre de sa démarche féline (et virile) sans jeter un seul coup d'oeil à Calypso. Ce désintêret total après leur moment d'intimité n'avait aucun autre but que celui de faire bouillir le sang de la belle blonde et d'accélérer le processus : d'ici quelques heures, la perspective d'avoir couché de nouveau avec lui allait la rendre malade. Et ce constat, quant à lui, ravissait Nathaniel au plus profond de lui-même. Après tout, malgré son statut et sa fortune, il avait su conserver des plaisirs simples. Néanmoins, alors que sa main actionnait la poignée, le politicien consentit à se retourner en direction de Callie pour conclure, magistral : « Je ne sais pas ce que tu essayes de te prouver mais en tout cas, c'est un échec retentissant. J'espère que tu ne regretteras pas trop de m'avoir laissé remporter la partie si facilement... » L'ironie de ses paroles était aussi peu dissimulée que la poitrine de Calypso et après un bref signe de tête moqueur, Nate se retira de ce taudis, satisfait.

Callie pouvait être contente, dorénavant elle n'entendrait plus parler de lui. Il l'avait soumise à son bon vouloir une dernière fois et déclenché chez elle un trouble qui ne tarderait pas à apparaître et à poursuivre son travail dévastateur. Fin de partie.

TOPIC TERMINE. (à moins que Marine ne veuille réagir :huhu:)

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Occupation : étudiante en commerce, fleuriste

MessageSujet: Re: Anciens topics Nate/Callie   Sam 19 Oct - 20:22

Halloween night

Callie a écrit:
« Putain. » jura-t-elle, alors qu’elle manqua de tomber à cause de ses talons bien trop hauts, au détour d’une rue. Intérieurement, elle se dit que ce soir-là, c’était plutôt elle la putain, avec son déguisement de playmate, oreilles de lapin sur la tête et queue sur les fesses. Ce n’était pas étonnant de voir des hommes la siffler, baissant la fenêtre de leur voiture et ralentissant à sa hauteur pour mieux la reluquer. Que lui avait-elle pris d’enfiler un tel costume ? Pire, pourquoi avait-elle cédé à la demande de Charlie ? Certes, la jeune femme lui avait rendu nombreux services depuis sept jours, et sans elle, l’arrivée de Calypso à Sand Valley ne se serait pas déroulée aussi bien. Mais tout de même, Callie ne lui devait pas non plus la vie. Alors, pourquoi diable se trouvait-elle dans une telle tenue ce soir-là ? Elle entendait encore dans son esprit la voix criarde de Charlie la suppliant presque, lui disant que faire la fête était tout ce qu’il lui fallait actuellement. Et si elle avait tort ? Callie sentait l’ennui à plein nez, mais il était désormais trop tard pour faire demi-tour. Parvenue devant l’endroit où se tenait la soirée spéciale Halloween, la jeune femme respira un bon coup avant de passer la porte. Elle ne prit pas la peine de chercher dans la foule un visage qui lui était familier : pour cause, elle ne connaissait personne ou presque. Callie se dirigea plutôt vers le buffet, se saisit d’un verre qu’elle descendit d’une traite avant d’en reprendre un nouveau. L’alcool, la seule chose qui pouvait l’aider à oublier la mauvaise idée qu’elle avait eu d’accepter la proposition de Charlie.
Nate a écrit:
Nathaniel dans ce genre d'environnement s'apparentait au plus saugrenu des anachronismes. Les beuveries post-adolescentes n'étaient plus de son âge. D'ailleurs, elles n'avaient jamais été de son ressort. Etudiant, ses lieux de débauche ressemblaient davantage à des clubs sélects aux strip-teaseuses burlesques et exotiques devant lesquelles siffler un excellent scotch à 180 dollars le verre. Parfois, ils prenaient la forme d'une arrière-salle enfumée où faire monter l'adrénaline en jouant des sommes astronomiques au poker auprès de petites frappes déterminées à plumer des fils à papa arrogants. Les soirées étudiantes n'avaient jamais été son péché mignon, à moins qu'elles ne se jouent au champagne dans des suites du Ritz. Mais tromper l'ennui à Sand Valley et aux alentours devenait de plus en plus délicat. Et puis, il était important de comprendre davantage la faune locale. Elle était la première cible pour les investisseurs. Si Sand Valley devenait plus attractive, ils resteraient et deviendraient la nouvelle force vive. Il fallait rendre la future ville à leur image. Bon, ça c'était bien évidemment l'excuse officielle. En réalité, Nathaniel s'ennuyait ferme dans sa demeure, le soir d'Halloween. Ses rares connaissances avaient des plans pour la soirée et il refusait de rester chez lui devant un film d'horreur rasoir à offrir des bonbons aux enfants. Et puis quoi encore ? C'est pourquoi il enfila un costume trois-pièce, plaça judicieusement un pin's officiel du drapeau américain sur sa veste et se dirigea dehors. Pour ceux qui ne faisaient pas attention, Nathaniel n'était pas déguisé. Seul le pin's faisait la différence et transformait ses éternels costumes en celui du Président de la République. Ce n'était pas un déguisement loufoque, plutôt une anticipation. Un saut de vingt ans dans le temps.

Arrivé à destination, Nathaniel laissa son regard implacable embraser la pièce et retint un air hautain du mieux qu'il put : la plupart des costumes étaient d'un mauvais goût inégalé. Le politicien repéra Polly, à l'autre bout de la salle et glissa longuement un regard presque appréciateur sur sa silhouette. Il avait toujours estimé bien davantage les jeunes femmes capable de rendre n'importe quelle tenue suggestive plutôt que celles qui se dévêtaient sans aucun amour-propre. Attiser le désir était un art et l'érotisme ne s'apprenait pas : il se dégageait. Nathaniel trouvait Polly en écolière soignée bien plus sensuelle que la plupart des filles en sous-vêtements qui se promenaient sous son regard inquisiteur. Néanmoins, il ne ferait aucun commentaire et détacha ses prunelles acier de sa silhouette renversante. Il se doutait que la présence de son supérieur dans une telle soirée pouvait se révéler incommandante et l'homme ne souhaitait pas la déstabiliser. Du moins, pas pour l'instant. Alors qu'il s'avançait de sa démarche élégante près du buffet, Nate se fit bousculer par... une playmate tout droit échappée du manoir d'Hugh Hefner. Mais d'un autre temps. Ce déguisement putassier aurait pu compromettre la demoiselle mais le côté rétro qui s'en dégageait, très années soixante, sauvait le tout. Du moins, jusqu'à ce qu'il lève ses yeux sur elle : « Virgie ? » Son ton feutré et sa voix élégante permettaient de rendre le tout très neutre, à peine étonné. Pourtant, il l'était. Beaucoup. « Quelle agréable surprise. » poursuivit-il, toujours très courtois, tandis qu'un léger sourire en coin vint s'installer sur son visage parfaitement ciselé. Surprise, oui. Agréable, ça, c'était bien moins sûr. Néanmoins, Nathaniel était un jeune homme bien éduqué et policé qui n'oubliait pas les convenances...
Callie a écrit:
Callie n’avait bu qu’un seul et unique verre pour l’instant, et voilà qu’elle commettait sa première maladresse : bousculer l’un des fêtards. Déjà ennuyée par la soirée, et encore énervée après sa faiblesse qui l’avait poussé à accepter l’invitation, la jeune femme ne put s’empêcher de jurer. Oui, à cet instant précis, ce choc physique n’était pas de sa faute, mais plutôt de celle de l’homme qui empiétait sur son espace. Roulant des yeux, elle tourna la tête et son expression changea immédiatement. C’était une blague, n’est-ce pas ? Ou alors, un mauvais cauchemar, qui prendrait fin d’ici quelques minutes lorsqu’elle rouvrirait les yeux ? Oui, voilà, c’était ça. Si la soirée pouvait être supportable, la vision de Nathaniel face à elle ne l’était absolument pas. Il n’avait pas encore constaté l’identité de la jeune femme, bien trop occupé à reluquer son déguisement, et cette diversion permit alors à Callie de se reprendre. Hors de question que cet enfoiré de première remarque sa surprise et le bouleversement qu’il venait de causer. « Virgie ? Désolé, je ne connais pas. » fit-elle, froidement, prête à tourner les talons tandis que Nathaniel se lançait à une hypocrisie écœurante. Callie le connaissait pertinemment bien : il ne la lâcherait pas ce soir-là. Pour cause, il était son premier amour, et elle aurait donné n’importe quoi pour ne plus jamais croiser sa route. Que faisait-il ici, loin de tout son fric, ses putes et tout ce qui rendait sa vie aussi minable que lui ? Ainsi, elle vida d’une traite le verre qu’elle tenait à la main, pour se donner le courage d’affronter cet homme. « La réciproque ne se vérifie pas. » se contenta-t-elle de répondre, contredisant ainsi ses premiers propos. Oui, bien sûr qu’il l’avait reconnu. Virginia et Callie étaient une seule et unique personne.
Nate a écrit:
Nathaniel désirait rester totalement sobre ce soir. Il se considérait comme au travail et se devait d'être en pleine possession de ses moyens. A cet instant précis, lorsque le regard de Calypso (qu'il ne connaissait pas sous cette identité) se posa sur sa silhouette, il se félicita intérieurement de son choix judicieux : après quelques verres de scotch, il n'aurait été en mesure de décrypter aussi aisément son visage. Pire encore, il aurait peut être cru à une fille lui ressemblant vaguement. Là, le doute n'était pas permis : Virginia était bien devant lui. Et ça faisait huit années qu'il ne l'avait pas vue. « Oh, parce que tu as changé d'identité en même temps que de famille ? » ironisa le politicien, sans se départir de cet air désabusé qu'elle n'appréciait déjà pas beaucoup à l'époque. Nathaniel ne savait pas à quel point il disait vrai par ce simple sarcasme. Et contrairement à la belle plante qui lui faisait face, il n'était pas mécontent de la revoir. Il gardait de très bons souvenirs de leur relation, malgré une fin abrupte. Certes, sa liaison avec Callie n'avait été motivée que par un seul objectif : se conforter aux exigences paternelles. Nate venait d'obtenir un stage de longue haleine dans l'industrie du pétrole à Dallas (sur recommandation, bien sûr) et son père l'avait grandement encouragé, voyant dans cette perspective l'occasion rêvée pour son fils de faire oublier sa réputation plutôt sulfureuse à New York. Les étudiantes à la langue bien pendue s'agitaient plus que de raison et Rhodes Senior n'appréciait que très peu le tapage incessant de son fils. Merde, il avait vingt ans. Etait-ce un âge auquel se ranger ? Bien sûr que non. Néanmoins, le mépris de son père et ses insinuations hasardeuses sur une addiction au sexe qui n'existait nulle part ailleurs que dans son esprit dérangé avaient eu raison de lui. Il avait rencontré Virginia, toute en blondeur et en jambes interminables. Issue d'une excellente famille, lignée respectable et compte en banque gonflé à bloc. Elle était le parfait faire-valoir. Etait-ce sa faute si elle était tombée amoureuse ? Pas le moins du monde. Nathaniel ne s'était pas comporté comme un goujat avec elle. Il n'avait pas toujours été tendre, certes, mais l'avait respectée bien davantage que la plupart. Il ne comptait pas diminuer ses torts : il l'avait utilisée. Mais cela justifiait-il son attitude désagréable à son égard ? Peut-être pas. Nate ne s'en formalisa pas et ne se départit pas de son sourire de dandy, tout en sachant qu'il risquait de la faire sortir de ses gonds à tout moment. Tant pis, il prenait le risque. « Tu m'en vois navré. » lui rétorqua-t-il d'un ton extrêmement courtois, mais d'où Callie décélérait sûrement le sarcasme dégoulinant. Le jeune homme aimait se dissimuler derrière cette façade lisse et policée et cette forteresse était sans doute son arme la plus affûtée. « Qu'est-ce que tu as fait de toutes ces années ? J'ai presque failli partir à ta recherche tu sais. » Oui, presque. Nathaniel était trop nonchalant et flegmatique pour le faire réellement. Ou simplement trop égoïste pour se soucier durablement d'une autre personne que lui-même. Mais l'idée lui avait effleuré l'esprit lorsque Virgie s'était enfuie sans un mot. Qu'elle soit en colère après lui ne l'étonna pas. Qu'elle quitte tout, à commencer par sa famille, davantage.
Callie a écrit:
Oui, elle avait changé d’identité, mais il était hors de question que Callie se lance dans un discours d’explications pour éclairer l’esprit de Nathaniel. Qu’il aille crever. Elle se retient cependant de le lui dire, non par peur, mais parce qu’elle considérait cette conversation comme une perte de temps. Levant les yeux vers le plafond, elle se contenta de hausser les épaules, avant de poser son regard sur son verre… vide. Elle jura intérieurement. L’envie de se resservir la tenta plus que bien, mais il lui fallait avoir les idées claires pour faire face à ce Nathaniel. Il manquerait plus qu’elle boive plus que de raison et qu’il en profite pour l’entraîner dans une chambre à l’étage. Et cette simple pensée l’écœura totalement. La chassant d’un coup de tête, Callie planta son regard dans celui de Nate. « Épargne-moi ton sarcasme. » répliqua-t-elle, sur un ton on ne peut plus sec. « Dieu soit loué, tu ne l’as pas fait. » se contenta-t-elle, ensuite de répondre, riant légèrement. Non mais franchement, pour qui se prenait-il ? Et surtout, qu’attendait-il d’elle ? Il était tout bonnement impossible qu’elle reste ici pour lui raconter sa vie. « Cela ne te regarde pas. » Mais Nathaniel ne semblait guère vouloir la laisser tranquille. Si elle tournait les talons et se dirigeait vers la sortie, le jeune homme ne la lâcherait pas, elle le savait et le connaissait plutôt bien, malheureusement. Callie laissa son regard balayer la foule alentours, elle voyait bien les regards que les femmes portaient sur Nate, il avait toujours fait cet effet-là sur la gente féminine, cela n’allait pas changer. Intérieurement, Callie se dit qu’il s’agissait toutes d’idiotes, aveuglées par la beauté de l’homme mais surtout naïves de penser que se cachait un gentleman et un prince charmant derrière cette façade. C’était une ordure, une véritable ordure. « Tu devrais suivre mon exemple et éprouver un total désintérêt envers ma petite personne. J’en fais de même pour toi, et je m’en porte agréablement bien. » Une manière comme une autre pour lui dire qu’elle l’avait oublié, qu’elle ne voulait plus avoir affaire à lui mais que surtout elle ne s’abaisserait jamais à lui poser des questions sur son existence. Elle s’en fichait totalement.
Nate a écrit:
N'en déplaise à Calypso, Nathaniel n'était pas connu pour saoûler les femmes dans le but de profiter d'elles, bien au contraire. Il aimait sentir leur volonté de se refuser à lui faiblir peu à peu et leurs barrières s'abaisser... C'est pourquoi l'alcool faisait perdre au jeu toute sa saveur. Quant aux femmes déjà prises, il fallait qu'elles soient totalement sobres pour ensuite regretter et se torturer. Or, c'était cette partie-là qu'il trouvait la plus divertissante. Comme il n'avait (presque) aucune envie inappropriée envers son ancienne petite amie dont il aurait pu dessiner le corps parfait les yeux fermés, le politicien lui tendit élégamment un nouveau verre, sans se départir de son sourire caustique. Nate capta le regard dégoûté qu'elle lui adressa et celui-ci augmenta encore davantage le désir d'entretenir une conversation avec elle. L'ennuyer n'était pas son but premier mais cela s'avérait un divertissement plaisant. Surtout lorsque son interlocutrice savait se montrer mordante. D'humeur presque badine, il se demanda combien de temps cela lui demanderait de faire sortir Calypso de ses gonds. Ou encore, combien de refus devrait-il essuyer avant de l'entraîner dans un coin sombre. Certes, ça n'était pas du tout son but premier mais Nathaniel devait bien s'avouer que son ex était plutôt sexy, énervée de la sorte. Plus encore, c'était le mépris qu'elle lui portait qui réveilla soudainement en lui cette envie : Calypso regretterait à coup sûr et cette légère torture mentale serait la plus agréable des satisfactions. Mais Nate en était loin. Très loin. Comme ça, sa vie ne le regardait pas ? Etonnant. Toujours très calme et de la même voix feutrée et séduisante, le politicien renchérit : « Je vois. J'en conclus donc que tu n'as rien accompli de ton existence. » Ses yeux d'un bleu incendiaire accrochés furieusement aux siens, il rajouta, conscient que derrière son ton d'une douceur de velours, ses paroles l'étaient beaucoup moins. « Je ne suis qu'à moitié surpris, j'ai toujours déploré ton manque d'ambition. » Le sourire clairement cynique de Nathaniel s'élargit avant de disparaitre, laissant place à un visage d'une sobriété exemplaire comme si aucune vacherie gratuite ne venait de glisser de ses lèvres pleines. Bien entendu, il exagérait. Il n'avait rien contre le manque d'ambition de ses pairs : au contraire, ça lui laissait tout l'espace nécessaire pour briller à sa juste valeur. Et pour un homme aussi imbu de sa personne que Nathaniel Rhodes, il avait besoin de place. De beaucoup de place. D'ailleurs, il pouvait comprendre que Callie ne souhaite pas devenir la parfaite reproduction de ses parents. Mais dans sa logique, cela paraissait simplement très incongru. La dernière réplique de la belle blonde lui arracha un haussement d'épaule contrôlé et faussement désabusé. Sans crier gare, Nate se rapprocha de Calypso et la sentit se raidir. Sûrement pas de plaisir. Lentement, il laissa sa main effleurer son bras, remontant jusqu'à son oreille. D'un geste assuré et délicat à la fois, il dégagea une mèche de cheveux blonds comme les blés. Sans se presser, ses prunelles d'un gris glacial ancrés dans les iris furibondes de Calypso, le politicien s'approcha dangereusement de son oreille. Il laissa son souffle régulier courir agréablement sur sa nuque, avant de lui offrir sa façon de pensée : « C'est justement l'indifférence que j'éprouve à ton égard qui me permet d'entretenir une conversation normale et courtoise avec toi. Ton incapacité à en faire de même ne fait qu'appuyer mes dires. Peut-être que je déclenche en toi de la colère. De la déception. Du mépris. Ou que sais-je encore. Mais pas un total désintérêt, tu ne trompes personne. » Chaque mot était pesé, calculé et soufflé avec la retenue nécessaire dans un murmure feutré et velouteux. Il aurait sûrement employé le même ton pour lui adresser une proposition indécente. Nathaniel avait sûrement exagéré ; elle ne l'indifférait pas totalement. Mais la volonté de la troubler était présente et son honnêteté... plutôt limitée. Le politicien se détacha enfin de Calypso, s'attendant à recevoir le contenu de son verre en pleine tête. Ce qui ne l'empêchait nullement d'afficher son air satisfait juste sous son nez.
Callie a écrit:
Lorsque Nathaniel lui resservit un verre, elle ne put s’empêcher de lui offrir un sourire digne de la plus grande hypocrisie qu’il soit. « Quelle délicate attention, je t’en remercie. » ajouta-t-elle, pour accentuer le mépris qui la possédait actuellement. Leur histoire d’amour s’était déroulée il y a plus de huit ans, mais Callie n’avait rien oublié de lui. Bien sûr, elle aurait donné n’importe quoi pour qu’il disparaisse à tout jamais de son esprit, mais il avait été son premier véritable amour, et ces choses-là restaient à jamais gravées en vous. La jeune femme ne pouvait lutter contre la nature. Fuir avait été une solution comme une autre pour ne plus y penser, mais l’avoir ce soir-là face à elle faisait remonter nombreux souvenirs en elle. Ils avaient été tus trop longtemps, et voilà que désormais ils reprenaient le contrôle de la situation, montrant alors leur supériorité. Calypso maudissait Nate. Pourquoi diable était-elle tombée dans la ville où il résidait aujourd’hui ? Était-ce un mauvais coup du destin ? Sans doute et désormais, elle le détestait lui aussi. Nathaniel n’avait pas changé, et ce constat en était presque rassurant. Callie ne regrettait pas la rupture dont elle avait pris l’initiative quelques années auparavant, il n’était pas fait pour elle et ne le serait sans doute jamais. D’ailleurs, au fond d’elle, elle lui souhaitait d’être malheureux en amour. Finir seul, triste fin n’est-ce pas mais tellement mérité. « Nous sommes au moins d’accord sur une chose : ma décision de rompre est la plus belle chose qui nous soit arrivée à tous les deux. Rester ensemble aurait été une grossière erreur de notre part. » fit-elle, un sourire ironique sur les lèvres. Si Callie ne semblait pas à la hauteur des attentes de Nate, il en était de même de l’autre côté. Le jeune homme cherchait par tous les moyens de la provoquer et de la faire sortir de ses gongs, elle le savait pertinemment bien. L’envie de le gifler était on ne peut plus forte, mais elle se retient de lui donner ce qu’il désirait tant ce soir-là. Voilà que Nate posait désormais ses mains sur son visage. Cela en était trop, pourtant Callie n’en fit rien. Ne lâchant pas du regard le jeune homme, elle le laissa faire, et lorsqu’il reprit la parole, sa bouche proche de l’oreille de Calypso, cette dernière laissa se dessiner un sourire sur ses lèvres. « Tu as raison. » se contenta-t-elle tout d’abord de répondre, avant d’approcher cette fois-ci sa bouche de l’oreille de Nate. S’il voulait jouer, qu’il en soit ravi : c’était bien là la seule chose que Callie souhaitait lui offrir ce soir-là. « Je n’ai jamais su t’oublier. Mon cœur bat encore pour toi et les sentiments que j’éprouve à ton égard ne cessent de me renvoyer à la figure toutes les années de bonheur que j’ai fichues en l’air en rompant avec toi. J’ai raté ma vie, et j’en suis tellement honteuse que j’ai passé ces dernières années à me cacher dans la plus profonde campagne américaine. » Lorsqu’elle eut terminée son petit discours, Callie se recula et reprit sa place initiale. « Lorsque notre conversation sera terminée, je n’aurais d’autres choix que de noyer mon chagrin dans l’alcool pour oublier ces retrouvailles ratées. » fit-elle, montrant d'un signe de tête le verre qu'elle tenait à la main. Si Nate souhaitait penser que Callie éprouvait quelconque sentiment à son égard, le voilà gâté. Ce petit discours de la jeune femme n’était que pur mensonge, bien sûr, mais c’était tellement jouissif. Mieux encore que leurs corps à corps endiablés du passé.
Nate a écrit:
Le voeu de Calypso était exaucé : Nathaniel était malheureux en amour. Et il ne pouvait s'en prendre qu'à lui. A trop vouloir jouer sur les apparences et les conserver coûte que coûte, il épousa une femme définitivement pas faite pour lui et trop amoureuse pour s'en rendre compte. Elle était trop lisse pour lui, trop acquise à sa cause. Elle ne représentait aucun challenge et s'avérait aussi fascinante qu'une poupée inanimée. Maintenant qu'il l'avait profondément blessée de manière irréversible, son épouse était un monstre pernicieux. Et désarticulé. Elle continuait à l'aimer envers et contre tous mais son amour devait dorénavant le détruire comme il l'avait brisée. Nate s'était joué de la personne de trop. Et celle-ci le menait d'une poigne de fer, mêlant chantage et menaces. Heureusement pour lui, Callie ne savait rien de sa vie amoureuse. Aux yeux de tous, le couple Rhodes était l'un de ces duos sur papier glacé, lisse, parfaitement assortis et amoureux comme au premier jour. Quelle belle connerie. La situation aurait sans doute été nettement différente avec une femme de l'envergure de Calypso. Elle n'était pas si malléable. Manipulable. Il l'aurait sans doute davantage appréciée à sa juste valeur et pas considérée comme une domestique à tout faire doublée d'un vagin accueillant. Mais la jeune femme n'avait pas sa vision de la vie à deux. « En effet, tu aurais eu la vie digne de ton rang et de ton statut social. Quelle erreur. » continua le garçon d'un ton résolument railleur, tout en affichant un sourire en coin des plus narquois. Celui-là même qui lui offrait un air prétentieux aussi sexy que méprisable. Dire que Nathaniel ne comprenait pas pourquoi Calypso s'était enfuie était un euphémisme. Certes, il fut davantage intéressé par ses origines que sa personne. Mais contrairement à la plupart, la jolie blonde avait eu de l'importance pour lui, à un moment où il était pourtant bien incapable de résister à des jambes interminables ou un fessier savamment mis en avant. Il ne l'avait jamais trompée. Il n'y avait d'ailleurs jamais songé, ce qui était un miracle de la Nature. Non, encore aujourd'hui, Nate ne comprenait définitivement pas la réaction excessive de son ancienne petite amie. Il l'avait peut-être utilisée mais cela ne l'avait empêché de la traiter avec égard. Et d'ailleurs, qui ne se servait pas des autres, de nos jours ? Personne. Il n'y avait rien de mal à cela. Nathaniel et sa faculté à s'estimer exempt de défauts peinaient à se remettre en question. La proximité du corps de Callie contre le sien n'aidait certainement pas à la réflexion. Derrière son air clairement indifférent et le regard détaché qu'il laissait couler sur son visage de poupée, Nate appréciait le contact physique que la blonde avait fini par établir entre eux et attendait avec une impatience impalpable que son souffle lascif se transforme en paroles. Il était persuadé d'être parvenu à la faire sortir de ses gonds et le venin que Calypso s'apprêtait à déverser jusqu'à son oreille aurait un goût de paradis. Mais il n'en fut rien. La belle décida de le prendre à son propre jeu en marchant clairement sur ses plates bandes. Sa voix suave était calme. Trop calme. Nathaniel aimait provoquer des réactions chez ses interlocuteurs : lorsque ceux-ci ne réagissaient pas de la manière souhaitée, il devenait rapidement agacé. Il était un très bon orateur. Il devait parvenir à ses fins et c'est pourquoi la réaction impromptue de Calypso durçit les traits harmonieux de son visage. Quelle petite garce. Néanmoins, il décida de continuer sur sa lancée. Ses yeux implacables dardés sur les siens, Nate la dominait de toute sa hauteur. Et de sa prestance inimitable. « Tu as raté ta vie et je ne peux plus rien pour toi. » se contenta-t-il d'affirmer sur un ton aussi affûté qu'un couteau. Bien sûr, le politicien n'était pas naïf : il n'avait pas cru une seule seconde au discours de Calypso. Mais il entrait dans son jeu. Après tout, elle ne lui avait pas donné ce qu'il souhaitait, il en faisait de même. « En tout cas, sache que la mienne est une réussite : j'ai épousé une femme formidable et obtenu le poste que je convoitais. Rien n'arrêtera mon ascension alors que tu resteras sagement sur le bas côté. Sans but. » Un sourire sardonique vint illuminer son visage. Nathaniel ne pensait pas un traître mot de ce qu'il venait d'affirmer, bien évidemment. Il était loin d'être épanoui dans cette vie qui lui pesait chaque jour davantage. Mais il donnerait tout pour une réussite professionnelle. Son âme, son bonheur, sa vie. Tout. Cela valait bien quelques sacrifices tel un mariage branlant ou une existence solitaire. Le politicien n'était pas parvenu à savoir ce que Callie avait bien pu faire de ses années, pour finir ici et il espérait obtenir une réponse en continuant à la provoquer. Lui jeter son bonheur à la figure devait lui donner envie d'en faire de même, non ? De lui montrer qu'il n'était qu'un petit con arrogant et qu'elle aussi avait accompli quelque chose de son existence. Nathaniel ancra un regard d'une intensité certaine dans celui de Callie, avant de conclure, majestueux. « Tu peux commencer dès à présent. » D'un simple geste de la tête, il prit congé de son ancienne petite amie, laissant un goût d'inachevé à cette conversation. C'était le but. Attiser quelque chose en elle en rompant bien trop tôt le contact. Nate se fichait bien de ce qu'il pouvait réveiller : du dégoût, de la haine... il prenait tout. Il aimait les rapports de force et Calypso était une partenaire de choix. S'éloignant quelque peu, il la contourna avant de se rapprocher sensiblement d'elle. Brusquement, le politicien pressa son corps contre celui de Calypso, de dos. Son bras vint s'enrouler fermement autour de ses hanches bien dessinées tandis que, tout contre elle, son souffle chaud flirta agréablement avec la nuque de la jeune femme. « Ne bois pas trop. On sait tous deux que l'alcool t'échauffe... » Après ce sous-entendu à peine voilé qui lui octroya une vision des plus agréables, Nathaniel se détacha d'elle et disparut un peu plus loin. Rideau.
Callie a écrit:
Cet air méprisant et supérieur qu’affichait Nathaniel avait toujours profondément agacé Callie. Lorsque sa route avait croisé celle de l’homme, elle avait préféré y faire abstraction, se concentrant sur ses qualités et son physique de rêve. Il était difficile de faire autrement, Nathaniel savait y faire avec les femmes et Callie ne pouvait le nier. Elle s’était prise au jeu, était tombée dans le piège qu’il lui avait tendu et elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle. Aujourd’hui, avec du recul, Calypso avait été bien naïve : ce cher Rhodes avait une personnalité agaçante, dépourvue de tout intérêt. Pire, la liste des défauts était si impressionnante qu’elle noyait celle des qualités. En avait-il seulement ? La question méritait d’être posée. Ce type était imbuvable et la seule pensée de s’être offerte à lui dégoûtait aujourd’hui fortement la jeune femme. L’amour était un sentiment dégueulasse, suicidaire et masochiste. Il ne servait à rien d’autre qu’à briser des cœurs et rendre stupide. Leur histoire avait eu moins servi à quelque chose à Calypso : on ne l’y reprendra plus ; l’amour n’est définitivement pas fait pour elle. Plutôt crever que d’être aimée, triste vérité. Pourtant, quelque chose en elle la poussait à rester face à lui ce soir-là, à l’affronter, usant à son tour de ses stratagèmes douteux mais particulièrement efficaces en matière de provocation. Nathaniel la cherchait, et elle ne pouvait tourner les talons. C’était plus fort qu’elle, son regard posé sur elle l’aimantait, autant qu’il l’agaçait. Elle ne pouvait se défaire de cette emprise magnétique. Si Callie prenait la fuite, Nate jouirait de cette décision, ayant obtenu d’elle ce qu’il attendait : la naissance de sentiments en elle, quelque soit leur nature. Haine profonde, amour, désir… du moment qu’il suscitait quelque chose en elle, le jeune Rhodes était ravi. Sur ce point-là, il n’avait guère changé. « De véritables poisons… » rétorqua-t-elle, appuyant les propos railleurs de Nathaniel, lorsqu’il évoqua le rang et la fortune de la famille Wingfield. « … aveuglant et obsédant toute personne qui s’y frotte. Grignotant le cerveau, jour après jour, et de plus en plus, pour ne plus rien laisser. » Une manière détournée de faire comprendre à Nate que son obsession pour l’argent et les réputations le rendrait con et seul. Désespérément seul. « C’est bien connu, l’argent rend stupide et conduit à la perte. Heureusement, mon goût pour la difficulté m’a sauvé. » Contrairement à Nate, Callie n’avait jamais été aimé la fortune familiale, ni le luxe dans lequel elle avait été élevée. Tout obtenir en claquant des doigts, se contenter du paraître plutôt que de chercher plus loin… était-ce vraiment une vie ? Non, lorsque l’on avait tout à disposition, on s’ennuyait à en mourir. C’était en se confrontant à la dure réalité de l’existence que l’on vivait. Callie ne regrettait en rien son choix de fuir, qu’importent les moqueries de Nathaniel. Elle avait ses raisons, et elles étaient suffisantes à ses yeux.

Nathaniel voulait jouer, la pousser à bout pour mieux contrôler la situation. Avait-il oublié que Callie avait un caractère bien trempé, et savait ce qu’elle voulait ? Dans leur couple, aucun des deux n’avait eu véritablement une emprise sur l’autre. Chacun avait su trouvé une place, sans empiéter sur les plates-bandes de l’autre. Même si Nathaniel avait tout fichu en l’air, il l’avait respecté. A sa manière. Bien sûr, Callie ne lui pardonnerait sans doute pas cette erreur. Et aujourd’hui, sa seule présence était insupportable. D’ailleurs, c’était à se demander comment elle arrivait à garder son calme et à jouer avec lui, sans aucune animosité dans sa voix. Il fallait croire que la volonté d’avoir le dernier mot était plus forte que tout, et à ce jeu, il était difficile de connaître d’avance le nom du vainqueur. Les deux anciens amants étaient têtus et ne laissaient rien paraître de leurs pensées actuelles. La bataille pouvait encore durer longtemps. « Pas même une once de pitié ? As-tu seulement un cœur ? » rétorqua-t-elle, lorsqu’il tenta de l’écraser. Il pouvait toujours essayer : aux yeux de Callie, sa vie était une réussite. « Je suis sans but, tu as raison. Je n’ai sans doute plus rien à faire sur cette Terre. » fit-elle, ensuite, prenant un air grave, avant d’ajouter, songeuse. « On dit que la noyade est la plus belle mort pour les femmes. » Il y avait fort à parier que cette réponse ne satisferait pas Nathaniel. Callie savait qu’elle ne lui donnait pas ce qu’il attendait d’elle. Malgré son air détaché, sa méprise et sa volonté d’être supérieur à elle, il éprouvait un quelconque intérêt pour la jeune femme. Lorsqu’elle s’était décidée à se rendre à cette soirée, Callie avait eu l’infime conviction que la fête ne serait pas au rendez-vous. Elle fut bien malheureuse de constater qu’elle avait eu raison. Mais jamais elle ne s’était doutée de la véritable raison.

Lorsqu’elle le vit lui tourner le dos, aucun soulagement ne la posséda. Pour cause, elle le connaissait et il lui avait montré quelques minutes plus tôt qu’il n’avait pas changé. Il était resté le même, et l’abandonner ainsi à son triste sort ne ferait jamais parti de son plan. Nathaniel n’avait pas eu ce qu’il désirait, et il ne lâcherait pas l’affaire avant de l’obtenir. Callie ne fut donc pas surprise de sentir le corps de Nate contre le sien, puis son souffle dans sa nuque quelques poignées de secondes plus tard. Écœurant. Cette sensation de proximité physique dérangeait fortement Calypso, mais elle n’en montra rien. Le bras posé sur sa taille l’enserra davantage. Durant quelques instants, la jeune femme ferma les yeux. Elle n’était plus à cette fête d’Halloween qui, au passage, tendait plus vers l’enterrement que l’amusement pour Callie ; elle était dans les bras de son trapéziste et chaque seconde qui s’écoulait était délicieuse. Cette vision l’aida à supporter l’attitude provocatrice de Nathaniel, et lorsqu’elle rouvrit les yeux, Nathaniel lui glissa quelques mots à l’oreille. Elle n’eut guère le temps d’y répondre, puisqu’il s’éclipsa à nouveau.

Durant quelques instants, Callie était envahie par des pensées diverses et variées. Que devait-elle faire ? Quitter cette fête ni vue ni connue, rentrer chez elle ? Elle n’avait pas d’appartement, et retrouver celui de Charlie et Liam ne la tentait guère. Se balader dans la ville, pour se changer les idées ? Finir dans un bar pour oublier ? Dans cette tenue, c’était fortement déconseillé. Faire comme si sa route n’avait pas croisé celle de Nathaniel ? Impossible. La décision fut vite prise. Un choix tout aussi suicidaire que celui de refuser la vie programmée par ses parents, de quitter le cirque et recommencer une nouvelle vie. Mais l’existence de Callie était bercée par les dangers, les obstacles, l’imprévisible et les opportunités. Lorsqu’elle avait rompu avec Nathaniel, elle s’était longtemps jurée de se venger et d’anéantir sa vie comme il avait piétiné son cœur. Elle n’avait jamais pu le faire, puisqu’elle s’était enfuie. Aujourd’hui, Nate était là, quelque part non loin d’elle et elle ne pouvait pas faire comme si rien n’était. Callie s’empara de la vodka qui traînait sur le buffet, se servit à même la bouteille puis s’élança dans la maison. Elle ne tarda pas à retrouver la trace de son ancien amant. Il était à l’étage, prêt à découvrir les profondeurs de la bouche d’une blonde passée sur le billard et au bistouri. Charmant. Il n’avait pas perdu son temps. Absolument pas étonnant. Restant à quelques mètres du pseudo couple, Callie s’agrippa à un homme qui passait par là, tira sur le col de sa chemise pour l’amener à elle, et d’une voix haut perchée, elle fit. « C’est moi ou il fait très chaud, ici ? » Une énième provocation, rebondissant sur les précédents propos de Nathaniel, dite suffisamment forte pour qu’elle arrive jusqu’aux oreilles du principal concerné. Posant sa main sur le torse de l’inconnu qui se tenait face à elle et qui semblait plus que ravi de la situation, Callie battit des cils et bougea doucement son bassin de manière à jouer avec son costume de playmate, ou plutôt de lapine, hum.
Nate a écrit:
Plus Calypso exprimait son point de vue sur l'argent, plus le visage de Nathaniel se fendait d'une esquisse résolument sarcastique. Mais purement de façade. En réalité, il comprenait ce qu'elle avait pu ressentir. Lui-même éprouvait régulièrement une profonde lassitude de son milieu. Le politicien était un homme de challenge, d'adrénaline. Or, tout posséder sur un plateau d'argent pouvait s'avérer frustrant. Il ne rêvait que de conquête, de bâtir un Empire à la simple force de sa volonté et de son talent. Mais ce désir lui était refusé parce que son nom lui ouvrait toutes les portes. Pire encore, Nate partait de bien trop haut pour être crédible. Parfois, dans un dans ces élans de lucidité rare, il rêvait d'échanger l'intégralité de son existence. De ne conserver que son physique agréable et sa cervelle bien remplie. Et de recommencer. De réussir à gravir les échelons sociales non pas parce qu'il était issu d'une famille riche et puissante mais uniquement parce qu'il était compétent. Au fond de lui, Nathaniel enviait ces gosses de familles moyennes qui vivaient le rêve américain après avoir connu le manque. Lui n'avait vécu que dans l'opulence et celle-ci rendait sa vie entière bien morne. Mais ça n'était pas l'argent qui le dérangeait : plutôt le manque de reconnaissance que cela induisait. Le jeune homme était profondément imbu de sa personne et particulièrement égocentrique. C'est pourquoi il estimait mériter des éloges pour le chemin accompli, pour son intelligence hors du commun ou sa thèse brillante. Or, ceux-ci ne venaient que très rarement. Pour le reste du monde, être un gosse de riche conditionnait la réussite. Mais c'était faux. Il n'y avait qu'à regarder son détestable cousin Benjamin, aussi gentil qu'il était simplet (autant vous dire qu'il était adorable...) ou sa petite soeur. Nathaniel adorait cette gamine survoltée de vingt ans, sérieusement. Elle était la seule et l'unique pour qui il serait prêt à tout. Mais il fallait se rendre à l'évidence : à part dilapider la fortune familiale et organiser les fêtes les plus décadentes du coin, elle n'avait ni ambition, ni talent particulier : Delilah changeait d'idées comme de chemise et errait toujours en première année de... il ne savait même plus quoi, d'ailleurs. Néanmoins, affirmer être d'accord avec Calypso n'était pas pour aujoud'hui. Personne n'avait besoin de connaître son ressenti sur la question. C'était sa faiblesse et Nathaniel ne se livrait pas aussi facilement, qu'on se le dise. « Ton goût pour la difficulté ? Pardonne-moi de te contredire mais la fuite est ce qu'il y a à la fois de plus lâche et d'excessivement facile : c'est à la portée de tous. Construire quelque chose de durable à l'inverse, même avec des moyens illimités, ça n'est pas si évident. » rétorqua-t-il d'un ton cordial à l'intonation feutrée et agréable. Son discours était particulièrement rôdé : dans sa vie quotidienne, il avait essuyé ce genre de critiques. Celles qui ne le considéraient que comme un gosse de riche arriviste pour qui tout était facile. Il les avait rapidement fait taire. Un léger haussement d'épaule ponctua sa réplique, avant qu'il ne continue, d'un ton presque badin : « Peut-être suis-je en train de courir à ma perte si cela te chante, mais je ne suis définitivement pas stupide : j'ai pleinement conscience de ces dérives qui t'effraient tant. » Le regard presque désolé qu'il posa sur sa silhouette enivrante aurait le don de l'agacer. Celui-ci semblait dire d'un ton condescendant : 'allons Virgie, tu vaux mieux que ces critiques d'une bassesse affligeante'. Cependant, Nathaniel devait bien s'avouer que son ancienne petite amie savait sortir les griffes et pas uniquement dans un contexte bien plus torride. Pire encore, elle ne laissait s'échapper aucune espèce d'information sur ce qu'avait pu être sa vie durant tant d'années. Le politicien se promit intérieurement de le découvrir, moyennant paiement. Il n'avait jamais cherché à la retrouver à l'époque, son égoïsme et son désintérêt pour autrui primant sur le reste mais désormais, si il souhaitait posséder l'avantage, il devait connaître le moindre détail de son existence et s'en servir contre elle. Dans quel but ? Aucun autre que celui de son propre divertissement. Nate ne comptait pas la détruire ou la briser, simplement s'amuser à son insu quelques temps jusqu'à ce qu'il trouve une activité plus distrayante. Et pour ce faire, il devait découvrir ce qu'elle tâchait de lui cacher. Le politicien ne doutait pas du succès de son entreprise, il n'était qu'à quelques milliers de dollars du passé de Calypso. Pas davantage. Autant dire, un pas de fourmi, à son niveau. « A ta place, je considérerais l'empoisonnement. Plus Shakespearien. » renchérit-il sur un ton narquois sans quitte sa proie du moment. Bien entendu, le jeune homme avait conscience du caractère quelque peu snob que pouvait revêtir sa réplique. Pince-sans-rire, Nathaniel n'avait pas esquissé un seul sourire ou un geste montrant qu'il plaisantait bien qu'il ne prenait pas cette conversation au sérieux. Quoique pour le coup, il lui déconseillait sincèrement la noyade. Cela altérait le corps et il était dommage d'offrir en dernière image à la face du monde un visage bouffi, figé et bleui. Oui, même dans ce genre d'épisode plutôt grave d'une existence, le politicien considérait les apparences comme primordiales. Oscar Wilde pouvait être fier de son enseignement. Après une dernière provocation en direction de son ancienne petite amie, il prit congé.

Penser un seul instant qu'il pourrait profiter de cette soirée pour travailler et recueillir quelques informations sur la jeunesse Sand Vallienne était très clairement une erreur de jugement : la plupart étaient ivres et incapables d'aligner plus trois de mots de façon claire et distincte. Après à peine une dizaine de minutes, la patience de Nathaniel était déjà fort éprouvée. Si il était capable de tenir une partie d'échecs pendant des heures ou d'accumuler les parties de poker sans montrer le moindre signe d'agacement ou de lassitude, devoir se mêler à une foule médiocre et ivre ne lui offrait pas la même capacité de résistance et le politicien s'apprêtait à capituler lorsqu'une blonde insipide mais au physique agréable se montra plus qu'entreprenante. En règle générale, il n'aimait pas ce genre de comportement : il aimait choisir scrupuleusement ses conquêtes et mener la barque. La période de séduction, aussi courte soit-elle était pour lui primordiale et il aimait prendre les devants. C'est pourquoi Nathaniel aurait dû repousser cette fille plutôt banale. Néanmoins, cette soirée était si morne à ses yeux que n'importe quelle distraction était bonne à prendre. Néanmoins, il ne coucherait pas avec cette créature qui ne valait qu'un maigre 7. Le politicien était peut être un grand consommateur mais il se considérait davantage comme un gourmet qu'un boulimique et ne se mêlait pas avec n'importe quelle femme peu farouche qui passait devant lui. Il méritait mieux et n'aimait pas perdre son temps. Comme par miracle, la voix de Calypso retentit de nouveau à ses côtés, lui arrachant une esquisse satisfaite. Elle était de nouveau dans l'arène... Après un dernier compliment susurré avec panache à l'oreille de cette fille dont il n'avait pas retenu le nom, Nate s'en détacha pour reporter son attention sur son ex qui flirtait outrageusement avec un type quelconque. Pour le provoquer, lui ? Eh bien. Elle n'avait pas froid aux yeux et cette surenchère qui aurait dû l'agacer lui plut particulièrement. Tant et si bien qu'il mit quelques secondes à détacher son regard chatoyant des formes en mouvement de Calypso. De sa démarche conquérante et assurée, il rejoint le couple mal-assorti et s’immisça à leurs côtés avec cette force tranquille qui était la sienne. Cette assurance mêlée de nonchalance qui lui permettait de s'imposer partout sans en avoir l'air, à l'aide d'un naturel décontracté qui faisait tout son charme. La proie de la belle blonde se sentit d'ailleurs rapidement de trop entre la prestance écrasante de Nathaniel et les regards enflammés plutôt intenses que se lançaient les deux anciens amants. Dans un autre contexte, il ne serait sans doute pas revenu près d'elle. Pas après en avoir pris congé. Mais dans cette soirée où personne ou presque ne le connaissait réellement, les apparences n'étaient pas primordiales. C'est très calmement qu'il prit la parole en restant d'une courtoisie si charmante qu'elle en devenait presque humiliante. Pourtant, l'humilier n'était pas son but. Nathaniel était un être relativement calme, prompt à conserver son sang-froid dans n'importe quelle situation. Seul Alice et son père parvenaient à le faire sortir de ses gonds ou du moins... à fortement réduire sa capacité à rester d'un calme olympien. Aussi étrange que cela pouvait paraître, le politicien désirait calmer le jeu. Il n'éprouvait aucune animosité envers Calypso et peut-être que la réciproque n'était pas vraie mais se frotter au premier inconnu qui passait ne l'aiderait pas à ravaler sa rancoeur. « A quoi tu joues Virginia ? Si tu désires te glisser dans la peau de la playmate peu farouche, à ta guise. Mais si c'est une énième provocation, arrête. » Il darda ses yeux d'un gris métallique sur elle, avant de conclure d'une intonation déterminée qui ne laissait pas de place à un refus. « Le jeu n'en vaut clairement pas la chandelle. » Il ne parlait pas de lui, évidemment, mais de cette joute verbale. Nathaniel savait pertinemment que son discours condescendant agacerait Calypso plus que de raison. Pourtant, pour une fois, ça n'était pas son but. Vraiment pas. Peut-être avait-il souhaité la pousser dans ses retranchements en la voyant si peu ravie de le retrouver ici mais le politicien n'était plus un adolescent immature. Il savait quand s'arrêter. Et voir Calypso onduler des hanches près d'un abruti totalement ivre l'avait réveillé. Mais il n'était pas sûr que son ex petite amie ressente elle-aussi le besoin de stopper net en si bon chemin...

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MessageSujet: Re: Anciens topics Nate/Callie   Sam 19 Oct - 20:33

Callie a écrit:
Fuir était souvent synonyme de lâcheté dans l’esprit de nombreuses personnes et Nathaniel semblait en faire partie. D’un côté, Callie ne pouvait lui en vouloir. Ne pas affronter les obstacles et les contourner d’une manière bien trop facile relevaient bien d’une certaine faiblesse, il fallait l’avouer. D’un autre côté, Nate avait un avis trop tranché aux yeux de Calypso. Il ne cherchait pas à comprendre les motivations de la jeune femme et n’avait pas conscience de la difficulté éprouvée lors de cette décision. Callie ne s’était pas contentée de prendre un taxi, un bus ou un avion. Elle avait fait bien plus. « Renoncer à sa fortune, au confort et au luxe de sa vie. Renier sa famille et ses origines. Est-ce vraiment à la portée de tous ? » rétorqua-t-elle, posant son regard dans celui de Nate pour ne plus le lâcher. « En es-tu seulement capable Rhodes ? » le défia-t-elle. Callie ne voyait aucunement son ancien amant agir de la sorte. Pour cause, Nate était obsédé par la fortune, la réputation ainsi que le succès. Refuser toutes ces choses qui étaient à portée de sa main depuis son plus jeune âge ne ferait jamais partie de ses plans. C’était bien trop lui demander. Il pourrait toujours nier, Callie ne le croirait pas. Même si leur histoire appartenait au passé, la jeune femme savait comment il fonctionnait. Elle n’avait été qu’un pion à ses yeux, pour l’argent et la gloire qu’elle inspirait. Elle était donc la preuve vivante que Nate n’arriverait jamais à fuir. Qui était le plus lâche des deux ? La réponse était vite trouvée. « Jamais tu ne prendrais une telle décision. Tu n’es rien sans tout cela. » Et qu’il ne vienne pas la contredire. La seule manière d’y parvenir serait de faire la même chose qu’avait faite Calypso à ses dix-huit ans. « Rien. » répéta-t-elle.

« Savoir que tu cours à ta perte et ne rien faire. Quel avenir. Quelle ambition. » Nate semblait si sûr de lui, persuadé de détenir le fin mot de l’histoire. Etre supérieur à Callie par le simple usage de la parole. Pourtant, il n’en était rien. La jeune femme menait la barque à sa manière. Tous deux ramaient de leur côté et chaque effort de la part de l’un donnait davantage d’élan à l’autre. Plus Nate parlait et répliquait, plus Calypso avançait des arguments contre l’homme. Une véritable joute verbale se jouait lors de cette soirée d’Halloween et la plupart des invités ne le remarquait même pas. Il fallait dire que l’alcool avait déjà fait nombreux ravages. Qu’importe. Leur discussion ne concernait qu’eux et si l’un devait s’en sortir blessé, Callie ferait tout pour ne pas être cette personne. Elle savait qu’un cœur se cachait derrière le torse musclé et bien dessiné de Nate. Il avait beau paraître totalement indifférent aux propos de Calypso, la jeune femme savait que certains mots auraient un impact sur lui. Une certaine prise de conscience en somme. Peut-être ne durera-t-elle que quelques secondes, peut-être l’empêchera-t-elle de dormir ou peut-être aura-t-elle un fort impact sur son existence. Qu’importe la nature de la chose, du moment que cela avait un quelconque effet sur Nate. « Je n’étais jamais été une grande admiratrice de Shakespeare et tu le sais très bien. » se contenta-t-elle de répondre, sur un ton neutre. La littérature française avait toujours plus fasciné la jeune femme, et ce depuis qu’elle apprit à lire. Elle savait que cette référence avait une fois de plus pour but de la provoquer mais elle ignora totalement cet aspect là de la conversation.

La suite des événements s’enchaîna aussi vite que leur joute verbale. Nathaniel l’avait quitté sur une énième provocation et Callie n’avait pu s’empêcher de se moquer ouvertement de l’homme. Il ne l’avait pas mis hors d’elle, oh que non. Cette situation amusait la jeune femme autant qu’elle l’agaçait et à cet instant de la soirée, l’on pouvait dire que le jeu avait largement dépassé la haine. Il voulait jouer, il allait être servi. S’il restait bloqué sur l’image d’une Callie faible, fuyarde et lâche, il se trompait et ne tarderait pas à s’en mordre les doigts. Virginia appartenait au passé, Calypso au présent. Il n’y avait pas que le prénom qui avait changé. La jeune femme s’était clairement endurcie. Découvrir la véritable vie, être confrontée aux vraies difficultés de l’existence et à des obstacles dignes de ce nom l’avaient grandi. Nate ne vivait pas, il se contentait de suivre une existence selon les règles établies par la haute société et l’argent. Callie était vivante. Elle n’avait pas besoin de sentir des billets entre ses doigts fins, ou de jouir sous les coups de reins d’un fils à papa pour savoir qu’elle contrôlait sa vie. Signer un chèque et baiser n’avaient rien de méritant. La vie était une aventure et pour y être confronté, il fallait clairement voir plus loin que ces choses que la société montrait comme nécessaires et puissantes.

La réaction de Nate ne tarda pas à se faire voir. Callie venait à peine de se trémousser devant l’inconnu qu’il arrivait hâtivement pour les séparer d’un simple regard. Nate était imposant, il fallait l’avouer. Et ce n’était pas seulement sa plastique de rêve, non, c’était bien plus que cela. Sa répartie suffisait amplement et Callie ne pouvait le nier. Il avait un mot à dire sur tout et savait convaincre quiconque se mettant à travers de sa route. Il arrivait parfois que certaines personnes lui résistent et un simple chèque pouvait alors changer la donne. La vie de Nathaniel ne se résumait qu’à cela : un physique presque parfait, de l’argent et une certaine répartie efficace. Si l’une de ces trois choses ne faisait pas son effet, il dégainait sans problème les autres. Rien ne semblait lui résister. Il obtenait tout ce qu’il désirait. Enfin, presque. Désormais seuls, la jeune femme ne le quitta pas du regard. Elle l’écouta lui parler, indifférente. « Calypso. » se contenta-t-elle de dire, une fois que son ancien amant eut fini son petit discours. Un simple mot, rien de plus agaçant n’est-ce pas ? D’autant plus que celui-ci n’avait pas grand rapport avec les propos de Nate. Quelques secondes passèrent, devenant rapidement une minute, puis deux. Ce n’était plus une joute verbale qui se déroulait désormais. Un silence régnait entre les deux anciens amants, seuls leurs regards respectifs semblaient se parler et se battre. Puis, aussi soudainement soit-il, Callie se décida à prendre la parole. « Il faut croire que si puisque tu es désormais face à moi. Sympa d’être venu à ma rescousse, Rhodes. » Son but avait été atteint, flirter d’une manière particulièrement pitoyable avait eu son effet : Nate se tenait face à elle, alors que quelques dizaines de minutes plus tôt, il avait mis fin à la conversation, persuadé d’avoir le dernier mot. « Qu’est-ce que tu me veux, Nate ? » l’interrogea-t-elle, un rire moqueur s’échappant de ses lèvres. « Qu’est-ce que tu veux vraiment ? » Laissant passer quelques secondes, elle enchaîna. « Jouer l’indifférent tout en t’intéressant discrètement à ma vie ? Me faire croire que ta vie est parfaite tandis que la mienne est un échec ? Me questionner sur mon existence pour t’assurer que tu es supérieur à moi ? Ou alors pour te rassurer, peut-être ? Oh, cette pauvre fille a fui lâchement et s’est littéralement plantée. Ma vie plutôt ratée a trouvé une terrible concurrente, dieu soit loué. ». Callie y allait au bluff, n’arrivant pas à comprendre véritablement les motivations de Nate ce soir-là. Cependant, une chose est sûre : il y avait une part de mensonge en lui. Il n’était pas si indifférent que cela à leurs retrouvailles. « Pourrir ma soirée ou me foutre la paix ? Me faire pleurer ou me faire jouir ? » L’entier comportement de Nate était contradictoire aux yeux de Callie. Il tentait par tous les moyens de la mettre hors d’elle et elle ne comprenait pas bien à quoi il jouait. Parler sexe était une énième manière de le provoquer, pour mieux éclaircir la conversation. Suscitait-elle quelque chose en lui ? Sa manière d’agir avec elle faisait naître quelques doutes, il fallait l’avouer. Posant la main sur sa hanche, elle attendit, toujours un sourire dessiné sur ses lèvres, guettant la moindre expression sur le visage de Nate.
Nate a écrit:
Nathaniel n'essaya même pas de réfréner l'air narquois que revêtait son visage tandis que Calypso dévoilait son argumentaire. Tous deux cherchaient la faille de l'autre et chacun s'évertuait à remporter cette manche. La moindre parole proférée se transformait une arme affûtée lancée pour provoquer une réaction bien précise chez l'adversaire. Néanmoins, comme lors d'un très beau match de tennis, les points étaient serrés et l'un comme l'autre se renvoyaient la balle avec une ténacité sans pareille. Le politicien aurait aisément pu laisser tomber, pourtant : il ne pratiquait que très peu les joutes verbales sans but et pour l'instant, celle-ci était innocente. Connu pour être un grand calculateur, Nate n'avait pourtant aucun dessein pour Calypso, si ce n'est celui de la tester. Tel le joueur d'échecs qu'il était, le jeune homme avançait lentement mais sûrement ses pions et ne se saisirait du roi de la belle blonde uniquement lorsqu'il en aurait décidé ainsi. Et lorsque ses intentions seront claires. Pour lui, ses retrouvailles s'apparentait à une balade de santé. Une agréable façon de s'occuper. C'est pourquoi il accueillit les nouvelles réflexions de Calypso à son égard avec une nonchalance non feinte. Comme ça, il n'était rien sans son nom ou son argent ? Erreur. Immodeste comme il l'était, Nathaniel connaissait ses qualités et ce qu'il valait. Et s'il lui était arrivé de rêver de tout foutre en l'air pour construire un Empire sans l'aide de personne, fuir n'était pas dans son caractère. La connotation négative que cela induisait le révulsait : la fuite n'était qu'un vulgaire échec et il refusait d'être associé à un tel qualificatif. C'est donc avec une certaine suffisance qu'il se rapprocha de Calypso pour lui expliciter sa façon de pensée : « Une décision purement irréfléchie est à la portée de tous. » Nathaniel adressa un léger clin d'oeil moqueur à la belle blonde avant de continuer sur sa lancée. « Tu ne parviendras pas à m'écraser sous tes pseudo bonnes valeurs, Virgie, parce que tu ne trompes personne : tu ne t'es pas enfuie dans un but louable, celui de réussir par toi-même sans l'argent de ta famille ou son nom qui t'aurait ouvert toutes les portes. » Il prit une pause théâtrale avant de poursuivre, du même ton feutré mêlant aisance et nonchalance. « Non, tu es partie sur un coup de tête pour te protéger d'une nouvelle désillusion. » Le politicien ancra fermement ses iris glaciales dans les yeux limpides de Caly et conclut, avec une maîtrise de lui-même incroyable : « Renier ta famille entière pour un coeur brisé, ça n'est même pas digne d'une adolescente en crise. » Un sourire sardonique apparut un instant sur ses lèvres pleines avant qu'il ne remue encore davantage le couteau dans la plaie. Celle-ci était sûrement refermée, mais la cicatrice était toujours présente. Et Nathaniel se ferait un plaisir de l'arroser à l'acide. « Tu m'estimes incapable d'une telle chose. Je vais te confier la vérité : tu as raison. Jamais je n'aurais bu avec avidité les belles paroles de la première venue pour ensuite me laisser abuser par ma naïveté et me retrouver avec un égo en miettes. » Nathaniel se tut enfin. Rien dans son visage ne laissait dévoiler la moindre émotion. Si ce n'est un certain air à la fois satisfait et sarcastique qui s'avérait plutôt séduisant... du moins s'il ne nous était pas destiné. Peut-être que les paroles de Calypso s'infiltrerait pernicieusement dans sa cervelle. Plus tard, lorsqu'il ne s'y attendrait pas. Avant de trouver le sommeil ou au moment de se délester d'une somme d'argent indécente. Mais pour le moment, les paroles de la jeune femme ne le frappaient pas : Nathaniel était trop occupé à rétorquer pour perdre le temps de réfléchir réellement aux attaques de Calypso ou à leur supposé bien-fondé. Leurs retrouvailles s'apparentaient à un bras de fer qu'il comptait remporter. Et dans ce genre de compétition, l'introspection n'avait pas sa place. Le doute appelait la faiblesse et celle-ci amenait à l'échec. Le politicien s'en gardait. C'est pourquoi il se contenta de hocher négativement la tête à la nouvelle provocation de Calypso, avec une lenteur condescendante des plus agaçantes. Comme si son adversaire s'était soudainement transformée en enfant récalcitrant de cinq ans, qui ne comprenait pas la leçon qu'on lui répétait pourtant pourr la millième fois : « Je suis lucide. C'est exactement ce qui m'empêche de courir à ma perte. » Connaître les dérives du milieu et savoir ce que l'argent pouvait engendrer était la façon la plus efficace de s'en prévenir. Certes, c'était faux. De la même façon que bon nombre de ses pairs, Nathaniel avait épousé une femme bien sous tous rapports pour l'image et travailler dans le milieu économique qui ne le fascinait même pas. Mais Calypso n'avait pas besoin de le savoir. Elle finirait sans doute par découvrir ses nombreuses failles sans qu'il n'ait besoin de les pointer du doigt... Mais le plus tard serait le mieux. D'ici là, le jeune homme aurait sans doute découvert une illusion destinée à préserver sa vie factice aux yeux des autres.

Qu'est-ce qu'il lui voulait ? La question était excellente et la réponse pas si évidente que ça. Nathaniel ne lui voulait pour le moment pas grand chose. Au début de la soirée, il avait simplement souhaité la saluer. La pousser à bout innocemment. Savoir ce qu'il était advenu d'elle durant toutes ces années. Ses intentions n'étaient pas mauvaises pour la simple et bonne raison qu'il n'en avait pas. Mais Calypso ne le croirait sûrement pas. C'est pourquoi il se contenta d'hausser les épaules, un sourire énigmatique flottant sur son visage impassible tandis qu'il ne la quittait pas des yeux. Son ancienne petite amie représentait simplement un élément de son passé. Un passé où son existence ne l'avait pas encore emporté dans un tourbillon de faste, de paillettes et de fausseté qu'il adulait autant qu'il exécrait. A l'époque où il rencontra Calypso, Nate était libre. Il n'était qu'un étudiant très porté sur les femmes qui ne savait pas encore vraiment quoi accomplir ou vers quel destin se tourner. La fréquenter pour sa réputation marquait sa première décision vers l'homme qu'il était devenu aujourd'hui. Le pas de trop vers une existence qu'il ne désirait pas nécessairement mais dans laquelle il plongea pour atteindre ses objectifs. Ses retrouvailles ne l'ébranlaient pas mais elles ne l'indifféraient pas non plus, bien qu'il montrait le contraire. Nathaniel détestait satisfaire son interlocuteur, à moins qu'il n'ait à le brosser dans le sens du poil pour une quelconque raison. Sinon, il se faisait un plaisir de lui offrir tout, sauf la réaction qu'il désirait éveiller en lui. Cette façade désabusée qu'il affichait en permanence sauf lorsqu'il souhaitait séduire une femme était sa marque de fabrique. Et en règle générale, celle-ci ne lui apportait que des satisfactions. Soudain badin, Nathaniel prit tout son temps pour répondre à Calypso - dont il venait de découvrir le nouveau prénom. « Charmant. » la railla-t-il dès lors qu'elle eut dévoilé sa nouvelle identité. Puis, il rapprocha sensiblement son visage du sien pour lui souffler un simple : « Je ne te ferai pas ce plaisir. » d'une voix suave aux intonations particulièrement chaudes, en référence à la dernière question de la sculpturale blonde. Son visage revêtit des allures provocatrices tandis que la distance qui les séparait était moindre. Les yeux couleur acier rivés dans ceux de Calypso, une lueur défiante dans le regard, Nate savait pertinemment qu'il se montrait agaçant à annihiler volontairement les trois quart des répliques de son ancienne amante, comme si elles n'étaient pas dignes d'intérêt, jonglant simplement avec ce qui l'intéressait. En réalité, l'idée de parcourir de nouveau son corps et lui prouver que la haine et la rancoeur étaient autant de moteurs au désir sexuel ne l'aurait aucunement dérangé. Bien au contraire. Mais Nathaniel aimait prendre son temps et profiter de chacune des maigres distractions que lui offrait sa vie trop calculée au moindre millimètre. Un affrontement bon enfant avec Calypso en était un et conclure trop rapidement aurait été du gâchis. D'ailleurs, il se doutait bien que s'offrir à lui n'était pas dans les intentions de la jolie blonde. Ca ne rendait la partie que plus intéressante... Toujours aussi proche d'elle, Nathaniel mit la touche finale à la scène surréaliste qui s'était jouée ici : « Tu connaîtras mes intentions bien assez tôt... » Une esquissa en coin fendit son visage aquilin, avant qu'il ne reprenne, tout en réinstaurant une certaine distance, faisant s'amoindrir la tension électrique qui régnait entre eux depuis le début : « La prochaine fois que ton chemin croisera le mien, je saurai tout de ton passé. » commença Nate d'un ton assuré. « Et Calypso n'aura pas davantage de secret pour moi que Virginia. » conclut-il, le ton velouté de sa voix détonnant avec le tranchant que l'on y dénotait. « En attendant, cette conversation est terminée. » Prestement, Nathaniel se saisit d'une flûte de champagne qu'il vida d'une traite avant de lever son verre en direction de Calypso, un air redoutable aux lèvres. Il la gratifia d'un signe de tête avant de disparaître dans la foule dense. Elle pouvait se frotter à qui bon lui semblait, il ne ferait plus rien pour l'en empêcher. Le politicien savait qu'il ne tirerait rien de plus de cette soirée médiocre qu'un échange prometteur avec une ancienne connaissance et c'est pourquoi il prit congé. Il n'aimait pas perdre son temps et préférait passer le restant de sa soirée à boire des scotchs d'excellente qualité au Midnight Kiss...
Callie a écrit:
Certes, il y avait une part de vrai dans les propos de Nathaniel. Elle était partie non seulement pour connaître la vraie valeur de la vie, mais aussi et surtout parce qu’il l’avait détruite et que la moindre chose de son quotidien luxueux lui rappelait son erreur. Calypso était jeune à l’époque, et lorsque l’on se donnait totalement à un homme, il était difficile de prendre conscience que les choses n’étaient jamais roses. Elle s’était fait avoir, et elle maudissait tellement Nate et les sentiments qu’elle éprouvait à son égard qu’elle aurait fait n’importe quoi pour s’arracher le cœur et le piétiner elle-même. Juste pour oublier. Juste pour retrouver un semblant de fierté et d’égo. Juste pour avoir le contrôle de sa propre existence. Parce qu’au fond, personne ne l’avait vraiment : les sentiments étaient puissants, et pouvaient en un clin d’œil ravager l’équilibre parfait d’une vie. Calypso en avait fait les frais, et la simple idée de revivre de tels instants l’avait paniqué. Elle n’était pas prête à porter le poids d’une nouvelle erreur sur les épaules et fuir avait été une solution parfaite pour combler ses besoins et ses idéologies du moment. Nathaniel marquait donc un point. Mais le lui dire relevait purement et simplement d’un suicide. C’est pourquoi elle se tut et le regarda fermement, pour qu’il lise en elle la haine qu’elle éprouvait à son égard. La blessure était refermée depuis bien longtemps, les sentiments oubliés et tus à jamais. La haine, elle, pouvait à tout moment rejaillir et c’était ce qui était en train de se passer. Il avait rallumé en elle la colère qui l’avait tant possédé par le passé. Mais une chose avait changé : Virginia n’existait plus et Calypso était une femme endurcie et déterminée à réussir. « Un cœur brisé à dix-huit ans est un cœur endurci à vingt-six ans. J’ai peut-être fait l’erreur de t’aimer par le passé mais ce temps là est résolu depuis bien longtemps. Tu penses pouvoir avoir une nouvelle fois le dessus sur moi, mais tu te trompes. Virginia n’existe plus et ne reviendra jamais. Je préfère fuir pour une mauvaise raison et ensuite rebondir que de vivre dans l’illusion profonde. »

Calypso en était persuadée. Nathaniel n’avait pas changé, il le lui avait prouvé. Sa vie devait être d’un ennui profond pour se trouver dans une fête étudiante en pleine semaine. Que faisait-il ici ? Qu’attend-il pour retrouver cette fameuse femme de sa vie ? Pourquoi perdait-il son temps avec Callie ? Il clamait haut et fort qu’elle n’était qu’une lâche dont la vie toute entière était un échec. Ce n’était pas son genre de fréquenter de pareils individus. Tout en lui était donc contradictoire, et si descendre à tout va Calypso était son plaisir personnel de la journée, alors oui, sa vie devait être bien merdique. Cette pensée arracha aussitôt un sourire à Calypso, qui regarda alors d’une toute autre manière Nate. La haine s’était aussi envolée, les flammes ne dansaient plus dans ses yeux. Non, c’était un regard compatissant qu’elle porta sur son ancien amant et elle savait qu’une telle attitude risquerait fortement d’agacer Nate. C’était tout ce qui comptait.

Il mettait un point final à leur conversation, annonçant une part de ses intentions à la jeune femme qui l’avait provoqué sur un domaine qu’il chérissait tant : le sexe. Il voulait se renseigner sur sa vie passée, celle qu’elle avait vécue après ses dix-huit ans jusqu’à maintenant. Qu’il fasse. Au fond, Calypso n’avait rien à cacher et assumait chacune de ses décisions la tête haute. Elle devinait d’avance la scène, lorsque Nate découvrirait sa vie de cirque : un rire moqueur s’échappant des lèvres du jeune homme. « Si cela peut égayer ta vie si morose… » rétorqua-t-elle, moqueuse de l’ambition nouvelle de Nathaniel. « Débourser de l’argent pour moi, cela en serait presque mignon. » ajouta-t-elle, consciente que des informations comme celles-ci coûteraient une petite fortune à son ancien amant. Cela dit, une toute autre pensée s’empara de son esprit : fouiller dans son passé ne la dérangeait pas, mais sa fuite du cirque avait sans doute mis dans un sacré pétrin ses anciens camarades. Si Nathaniel mettait son nez dans cette affaire, sans nul doute que les conséquences seraient bien plus désastreuses que l’imaginait alors Calypso. Nate était un petit con, tellement obsédé par le pouvoir, qu’il serait capable de détruire une vie en l’espace de quelques secondes juste pour son plaisir personnel. Chassant cette pensée, Calypso planta à nouveau son regard dans celui de son ancien amant, avant de répondre, levant les yeux vers le ciel. « Merci mon Dieu d’avoir entendu ma prière. » Oui, enfin, Nathaniel lui foutait la paix une bonne fois pour toute. Il avait gâché sa soirée, et il gâcherait sans doute les journées à venir mais un peu de calme ne ferait pas de mal à Calypso. Sitôt les talons de l’homme tournés, Calypso rejoignit le buffet. Elle se saisit d’une bouteille de vodka encore pleine et sortit à son tour de la maison. Si Charlie remarquait son absence, Callie ferait sans doute les frais de ses reproches dès son retour à l’appartement. Mais tant pis. Il lui fallait du calme et de l’alcool pour oublier cette soirée merdique.

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