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 Anciens topics Dee/Nate (où cas où)

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Jodie Ostroff

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Bavardages : 294
Âge : 23 y.o.
Occupation : étudiante en commerce, fleuriste

MessageSujet: Anciens topics Dee/Nate (où cas où)   Sam 19 Oct - 19:16

you're my everything

Dee a écrit:

Cette Polly avait raison, bien entendu. Nathaniel était en réunion et n’était pas disposé à l’accueillir comme il se le devait. Lorsque Dee était entrée dans salle où se tenait la discussion, tous les yeux s’étaient braqués sur elle. Une certaine colère s’y lisait. Elle n’était pas la bienvenue et elle le savait pertinemment bien. Cependant, le regard que lui lança Nate et le fin sourire qui se dessina sur ses lèvres fut le plus beau des spectacles pour Dee, qui finit par refermer la porte. Elle avait eu ce qu’elle désirait, et c’était tout ce qui comptait. Lorsqu’elle retrouva le hall de l’immeuble, Polly avait disparu. Quel dommage, elle ne pourrait même pas l’embêter plus longtemps. Soupirant légèrement, Dee sortit sur le trottoir puis héla un taxi qui la ramena dans la maison des Rhodes. L’endroit était vide, sans doute Alice était-elle sortie. Dieu soit loué, elle n’aurait pas supporté de tomber sur ce corps difforme et ce visage sans âme après cette matinée éreintante. S’allongeant sur le canapé, elle laissa tomber ses escarpins sur le sol et se mit en quête de la télécommande de l’écran plat. Malheureusement, il n’y avait rien de bien intéressant à la télévision à ce moment de la journée, et Dee finit par s’endormir sans vraiment qu’elle puisse contrôler cette fatigue surprenante.

Ce fut la voix de Nate et la porte de l’entrée qui claqua qui la ramenèrent sur Terre. Après plusieurs heures de sommeil, Dee se sentait tout de suite bien mieux. Prête à vivre les meilleures retrouvailles qu’il soit donné d’exister sur Terre. Un sourire sur les lèvres, la jeune femme passa sa main dans ses cheveux emmêlés avant de rejoindre l’entrée où se tenait désormais son frère. Le visage impassible, elle s’avança doucement vers lui, ses pieds nus foulant le carrelage froid de la pièce. Elle ne dit rien, et se contenta de le regarder longuement de ses yeux perçants. « C’est à cette heure-ci que tu rentres. » finit-elle cependant par dire, d’un ton sec et froid. Croisant les bras sur sa poitrine, elle attendit quelques instants et finit par relâcher toute pression inventée. Elle s’avança rapidement vers son frère et se jeta dans ses bras. Oui, jouer la comédie faisait partie du quotidien de Dee. Sa froideur calculée n’avait que pour but de taquiner Nate mais aussi de lui montrer qu’elle l’avait impatiemment attendu.
Nate a écrit:

Depuis l'intrusion impromptue de Delilah, Nathaniel n'avait pas l'esprit tranquille. Il s'était d'ailleurs montré évasif jusqu'à la fin de la réunion, pour ne pas dire distant. Pourtant, en pleine période électorale républicaine, ce n'était nullement le moment de laisser ses humeurs diriger ses actions. Mais le politicien n'y pouvait rien : lorsqu'il s'agissait de sa soeur, sa nonchalance et sa rationalité disparaissaient subitement pour laisser la place à une inquiétude sourde. S'il y avait bien une seule personne sur cette Terre envers qui il ne ferait jamais preuve d'un égoïsme monstre et démesuré, c'était elle. Si une femme méritait de sa part tous les égards, c'était elle. Nate n'était pas un homme bon, il le savait. En règle générale, il se montrait peu attentif aux besoins des autres et comblait les siens en priorité. Néanmoins, le bon point avec ce genre d'individus, c'est qu'en partageant leur capital sympathie avec peu... les heureux bénéficiaires disposent d'une cagnotte. Et c'était le cas de Delilah, avec laquelle Nathaniel se montrait prévenant et très protecteur, ce qui aurait pu étonner son entourage si toute cette affection n'était pas implicite. L'un comme l'autre se montraient bien trop fiers pour les grandes effusions en public mais la tendresse qu'ils éprouvaient était palpable. C'est pour la retrouver plus rapidement que Nate mit tout en oeuvre pour s'éclipser au plus vite, prétextant une urgence qui n'avait pas lieu d'être. Heureusement pour lui, il était un excellent comédien et savait user de sa prestance écrasante dès lors que cela s'avérait nécessaire. De retour dans la demeure imposante des Rhodes, Nate desserra lentement son noeud de cravate à mesure qu'il gravissait les marches du perron. Ne pas connaître les raisons de la venue de Dee lui inspirait une once d'angoisse à des lustres de sa nonchalance habituelle. Il craignait qu'il ne soit arrivé quelque chose de grave à sa soeur et était à mille lieux de s'imaginer que ses parents lui avaient simplement coupé les vivres, une fois de plus. « Je sais que ce concept t'échappe totalement, mais il faut bien que certains travaillent. » répondit Nathaniel sur l'exact même ton que Delilah, tandis que son visage élégant se fendait d'un sourire en coin beaucoup plus franc qu'à l'accoutumée. Il accueillit son étreinte avec une bienveillance qu'on ne lui connaissait pas, l'emprisonnant fermement entre ses bras tandis qu'il lui caressait lentement les cheveux. Alors qu'il n'était qu'un adolescent débauché et elle une enfant désorientée, ce simple geste la rassurait toujours, lorsqu'elle se réveillait en pleine nuit et que personne ne venait à son chevet. Nathaniel la retrouvait assise dans son immense lit king size alors qu'il rentrait ivre et en bonne compagnie. Dans ces moments-là, il abandonnait toute activité pour venir apaiser ses angoisses et calmer son ressentiment grondant face à des parents absents. Malgré ses grands airs de peste et cette arrogance encore plus démesurée que la sienne (ou simplement plus franche), Delilah restait cette petite fille fragile. Elle faisait simplement en sorte de le dissimuler habilement pour que personne ne la traite comme telle. Nathaniel finit par se détacher délicatement des bras de Dee afin de détailler sa silhouette émaciée. Il la trouvait amaigrie mais n'aborda pas ce sujet fâcheux dès leurs retrouvailles, par délicatesse. « Je suis content de te voir ici, Dee. » avoua-t-il de sa voix veloutée, sans quitter sa soeur de son regard magnétique. C'était vrai, Nate était ravi de sa présence. Néanmoins, il continuait à ne pas saisir ce qui pouvait bien motiver sa venue dans un tel environnement. En règle générale, Dee s'annonçait des semaines à l'avance afin que son arrivée soit toujours un évènement et l'accueil, à la hauteur. Souvent, elle venait passer quelques heures à Phoenix, voire quelques jours et repartait de plus belle pendant des mois, replongeant dans la folie californienne. « Qu'est-ce qui me vaut l'honneur de ta venue ? » la railla-t-il, d'un ton résolument sarcastique. Delilah n'avait pas manqué se moquer de son choix de venir s'installer quelques mois à Sand Valley pour orchestrer l'urbanisation de la ville. Et voilà que quelques mois après, elle faisait son apparition. Aussi gracieuse et innocente en apparence qu'un ange tombé du ciel. Et même si face à son joli minois, Nathaniel cédait souvent, il n'en devenait pas stupide : son arrivée ici cachait quelque chose.
Dee a écrit:
Interrompre Nathaniel en pleine réunion n’était pas une très bonne idée. Pourtant, Dee s’entêtait à penser que cela rendrait plus intense leurs retrouvailles. Elle connaissait par cœur son frère et savait que son intrusion dans la salle de discussion réveillerait en lui nombreux sentiments et questions. Et c’était bien là le but. Marquer les esprits pour mieux apprécier l’instant présent. Si la jeune femme éprouvait quelques remords d’avoir ainsi déstabilisé son frère ? Absolument pas. Les Rhodes étaient bâtis dans la même pierre : l’égoïsme faisait partie intégrante de leur personnalité et Nathaniel ne pouvait tout simplement pas lui en vouloir. De toute manière, jamais il ne le souhaitait, il l’aimait trop pour ça. De quoi inciter davantage Dee à faire mille et une choses qu’il ne fallait pas. Pourtant, l’objectif n’était clairement pas de mettre dans une mauvaise posture son frère, elle ne le supporterait pas même si elle savait que Nate était le meilleur pour rebondir en toute situation. Il savait tourner tout en son avantage et c’était une des nombreuses raisons pour laquelle elle l’admirait. Aucune mauvaise pensée n’avait donc traversé l’esprit de Dee lorsqu’elle était entrée dans la salle de réunion. Elle éprouvait le besoin de voir son frère et ne pouvait tout simplement pas lutter contre cette nécessité. Cela en était presque vital.

L’entendre arriver dans la maison froide et sans vie réchauffa aussitôt le cœur – ou le semblant d’organe que la jeune femme possédait – de Dee, qui s’empressa de rejoindre Nate. Bien entendu, elle ne l’accueillit pas le sourire aux lèvres et les yeux pétillants. Sa froideur légendaire avait bien vite repris le dessus, pour mieux le taquiner et lui montrer qu’elle l’avait impatiemment attendu. Delilah aimait son frère plus que tout, pourtant elle n’arrivait pas à mettre des mots sur ses sentiments. Il lui fallait toujours user de moyens divers et variés pour faire comprendre à Nate ce qu’elle pensait véritablement. Ironie, provocation… tout était bon pour atteindre son but. La preuve. « Je n’ai pas besoin de m’enfermer dans un bureau à longueur de journée pour éprouver la sensation de dominer le monde, tu sais. » répliqua-t-elle, toujours sur le même ton. Après tout, n'était-ce pas ce que Nate espérait ? Dee était un véritable rayon de soleil pour les personnes qui entraient dans sa vie sans qu’elle ne le veuille ou non. La jeune Rhodes avait peu d’amis et se fichait pas mal de tout cela du moment que des personnes lui étaient entièrement dévouées. Un sourire de sa part, et l’on s’agglutinait devant elle pour espérer obtenir une place de choix dans son existence. Les fausses amitiés rythmaient la vie de Dee, qui s’en portait très bien. A quoi bon dépendre de quelqu’un lorsque le monde entier dépendait de vous ? Bon, une certaine exagération se fait sentir mais toute l’existence de Delilah reposait sur cette base. Laissant tomber son attitude provocatrice, la jeune femme se jeta dans les bras de Nathaniel pour une étreinte fraternelle digne de ce nom. Savourant l’instant présent, elle ne put cependant s’empêcher d’offrir une moue des plus boudeuses à son frère lorsqu’il daigna lui demander la raison de sa visite ici. « Depuis quand ai-je besoin d’une raison pour rendre visite à mon cher frère ? » Elle recula de quelques pas, afin de se défaire totalement de l’emprise de Nate avant de croiser les bras sur sa poitrine. « Pourquoi faut-il toujours que mes agissements te paraissent suspects ? » On pourrait croire que cette dernière interrogation respirait le reproche et pourtant, il n'en était rien. Dee s'amusait fortement de la situation.
Nate a écrit:
Un sourire amusé aux lèvres, les prunelles intenses de Nate coulaient délicatement sur la silhouette de sa soeur tandis qu'elle lui offrait un nouvel aperçu de son arrogance démesurée. « Ton manque d'ambition m'étonnera toujours. » conclut-il, provocateur, avant de la serrer fermement dans ses bras. Si Delilah estimait qu'elle dominait son monde en errant de soirée en soirée, son frère avait un tout autre point de vue. Bien qu'il la respectait trop pour lui imposer un rythme de vie (contrairement à ses parents), Nathaniel ne comprenait pas comment elle pouvait s'épanouir en dépensant de l'argent qui ne lui appartenait pas et sans autre but que celui de s'amuser. Dans une famille aux liens aussi ténus qu'au sein d'une mafia italienne, Delilah faisait office de marginale. Alors que ses parents la rêvaient avocate ou PDG au sein d'une grande entreprise d'import/export, la cadette du clan Rhodes au complet ne souhaitait apparemment pas croupir sur les bancs d'un amphithéâtre, préférant ceux des clubs sélect'. Protecteur sans s'en rendre compte, le politicien espérait que sa soeur s'épanouisse sincèrement dans ce rythme de vie décousu mais en doutait cruellement. Il avait déjà été le témoin de certaines de ses crises, où la post-adolescente capricieuse tombait le masque pour laisser la place à son alter-égo fragile... Contrairement à Delilah, Nathaniel disposait d'une fierté telle qu'il se devait d'accomplir quelque chose de son existence. Pire encore, il ressentait le besoin pressant de dépasser les autres, même ceux de sa propre famille. Ce féroce esprit de compétition n'était peut-être pas plus épanouissant sur le long terme, mais il le forçait sans cesse à se dépasser. Contrairement à Delilah et à son instinct démesuré pour la fête... Sans desserrer son étreinte, Nathaniel ébouriffa savamment la crinière de Dee après son interrogation. Elle ne pouvait le voir (et fort heureusement), mais un sourire attendri particulièrement niais prit place sur ses lèvres, quelques micro-secondes tandis que le politicien imaginait la petite moue contrariée de sa soeur : elle détestait que l'on touche à ses cheveux. « Voyons, Dee, tu as toujours besoin d'une raison... Dois-je te rappeler le motif de ta dernière visite à Phoenix ? C'était pour t'inviter à la fête d'anniversaire d'Alice. » Sa voix de velours s'était teintée d'un brin d'amusement, tandis qu'il repensait à l'arrivée impromptue de Delilah. Un organisateur de soirée payé une fortune avait construit une merveilleuse fête sur le thème du Lac des Cygnes pour l'anniversaire de son épouse. Une réception sublime, chic, et qui collait parfaitement à la personnalité d'Alice. Delilah avait débarqué comme une fleur en plein milieu de la soirée, vêtue d'une tenue si indécente qu'aucun convive ne pouvait décrocher leur regard de sa silhouette dénudée (à la plus grande irritation de son grand frère, qui détestait être témoin du désir des hommes pour sa petite soeur). Mieux encore, la jeune Rhodes avait offert à Alice la plus délicate des robes (le genre de tenue précieuse dont son épouse raffolait), tout en prenant soin de la faire légèrement reprendre, pour que jamais Alice à la silhouette pourtant enviable, ne puisse l'enfiler. Delilah était comme ça : retorse. Imposer sa présence ne suffisait pas, il avait fallu qu'elle attire toute l'attention sur elle et ruine considérablement ce dont son épouse rêvait depuis des mois. Et bien que le tout lui ait coûté une fortune et un temps fou, Nate n'avait pas pu blâmer Dee, bien au contraire... Lire une tempête contenue dans les yeux d'Alice fut la plus douce des sensations. Plantant son regard dans le sien sans se départir d'un léger sourire en coin, le politicien conclut, railleur : « Tes agissements sont toujours suspects, Rhodes. Plus vite tu lâcheras le morceau, plus vite je pourrais t'aider. » Parce que malgré leurs caractères odieux et leur égoïsme monstre, ils seraient toujours là l'un pour l'autre. Le montrer n'était pas nécessaire puisque cette affirmation s'ancrait profondément entre eux. Avant d'être de la même famille, ils étaient des alliés.
Dee a écrit:
Nathaniel la connaissait par cœur. Quoiqu’elle dise et prétende, il saurait automatiquement déceler le vrai du faux. C’était inné chez lui, un don que peu de personnes pouvaient se vanter d’avoir car Delilah était un véritable mystère. Il était dur de creuser pour découvrir ce qui cachait derrière la carapace qu’elle s’était forgée depuis son enfance. Intouchable d’apparence, la jeune Rhodes était au plus profond d’elle une femme sensible, qui manquait cruellement d’amour et de confiance en elle. Son éducation était à refaire, le divorce et le manque d’intérêt que lui portaient ses parents l’avaient anéanti, suffisamment pour qu’elle ne daigne même plus ouvrir son cœur à qui que ce soit. Sauf à Nate, bien entendu. Son manque d’ambition n’était qu’une conséquence parmi tant d’autres de son enfance difficile, baignée dans une solitude bouleversante. Lorsque l’on était une petite fille, l’on n’était pas capable d’assumer le poids d’une séparation houleuse entre ses parents. Encore moins seule. Delilah avait beau se prétendre parfaite et forte, elle savait pertinemment bien qu’un jour ou l’autre, le sol se déroberait sous ses pieds pour l’attirer dans un gouffre sans fond. La chute serait tôt ou tard brutale. Que ses parents aient daigné, une fois de plus, lui couper les vivres démontrait bien que l’équilibre de Dee ne tenait qu’à un fil. Son avenir était plus qu’incertain. Et si d’ordinaire, la jeune Rhodes n’hésitait jamais à regagner le logis familial pour faire les yeux doux à sa mère et son beau père, ou à son père, aujourd’hui ce n’était plus cas. Lassée de cette existence, il lui fallait trouver une solution et vite : Nathaniel était alors apparu comme la clef à tous ses problèmes. « Et si aujourd’hui, je voulais simplement passer un peu de temps avec mon frère ? » D’un côté, elle ne mentait pas. Cela faisait trop longtemps à ses yeux qu’elle n’avait pas eu un réel partage avec Nate et cela lui manquait plus qu’elle ne l’aurait imaginé. Mais d’un autre… elle n’avait plus d’endroit où allait. Enfin, si, bien sûr, plusieurs dizaines de filles qui l’admiraient ou de mecs qui désiraient l’avoir dans son lit se battraient pour l’héberger quelques jours mais cela ne l’amusait plus. Elle désirait Nate. Elle avait cru comprendre que la vie n’était pas rose avec Alice en ce moment – comme si elle l’avait un jour été… – et elle souhaitait être là pour son frère en cas de besoin. Parce que s’occuper d’une autre personne qu’elle lui permettait d’oublier quelques instants sa maladie qui, ces derniers temps, lui offraient davantage de crises. Dee se souvenait parfaitement de cette fameuse fête d’anniversaire d’Alice : son souhait le plus cher avait été d’en faire un parfait échec, histoire d’agacer la principale concernée. Elle détestait tout simplement l’épouse de Nate, qui n’en avait que pour son argent ou sa réputation, cela crevait les yeux. Alice n’avait rien pour elle et il était temps que son frère mette un terme à ce mariage désastreux avant qu’Alice le fasse en première. Sait-on jamais… Dee ne lui faisait aucunement confiance. Et si tel était le cas, la réputation de Nate en prendrait définitivement un coup. Hors de question. La jeune Rhodes s’amusait donc à montrer à son frère la médiocrité qui émanait de sa femme tandis qu’elle testait par la même occasion l’amour (soit disant) qu’Alice portait à l’égard de son frère. Tout un programme, je vous l’accorde. « Je n’ai pas besoin d’aide. » commença-t-elle, affichant une moue boudeuse, avant de continuer. « Je suis à la rue et sans le sou. » finit-elle par annoncer, de but en blanc, alors que le silence s’était doucement emparé de la conversation. De quoi rendre la scène un peu plus tragique qu’elle ne l’était déjà.
Nate a écrit:
Nathaniel ne douta pas un instant de la sincérité de sa petite soeur lorsqu'elle affirma vouloir passer du temps avec lui. Derrière son apparente froideur et ses cynismes cinglants, le politicien savait exactement ce qu'éprouvait Delilah pour lui puisque ses sentiments (aussi peu démonstratifs soient-ils) n'étaient que l'exact reflet des siens. Malgré son immense réserve et cette insensibilité de façade que le monde entier lui reprochait, Nathaniel aurait été prêt à tout pour Dee. Il l'avait toujours été. Enfant, il taisait ses angoisses et bravait les monstres imaginaires qui se terraient dans son immense dressing, malgré le ridicule que la situation lui imposait et son mépris pour ce genre d'espièglerie. Même très jeune, il avait eu des distractions d'adulte : jouer ne l'intéressait pas. Nathaniel préférait lire des essais trop compliqués pour un enfant, s'exercer au piano ou bien travailler son revers. Adolescent, il intimidait les garçons qui s'approchaient trop de Delilah et la rendaient malheureuse, à cette époque lointaine où elle ne s'interdisait pas d'avoir un coeur. Il combattait ses nouveaux démons, se rendant compte que la boulimie était bien plus réelle qu'un fantôme dans un placard. Maintenant... il la soutenait, de loin. La distance géographique l'empêchait d'être près d'elle à tout instant, mais Delilah savait qu'il était présent pour elle, coûte que coûte. Néanmoins, il ne comptait ni l'enfermer dans une cage dorée à l'instar de ses parents et encore moins l'empêcher de vivre sa vie comme elle l'entendait. Malgré tout, l'amour qu'il ressentait pour elle ne l'aveuglait pas un seul instant : Nathaniel connaissait le visage faussement innocent de sa petite soeur par coeur et savait qu'elle cachait quelque chose d'autre qu'une simple visite de courtoise. Qui commencerait une visite de courtoisie en interrompant une réunion, urgente qui plus est ? Qui déboulerait sans prévenir munie d'énormes valises ? Personne et pas même Delilah. Mais elle était une Rhodes et les Rhodes n'affichaient jamais leurs faiblesses. La petite moue boudeuse qu'elle lui offrit, telle la plus adorable des gamines, lui arracha un sourire sarcastique en coin tandis que Nathaniel secouait très lentement la tête, lui montrant sans la quitter de son regard électrique qu'il était tout sauf dupe. « Bien sûr que non. Tu es une Rhodes. » rétorqua le politicien de sa voix suave et agréable quoiqu'empreinte d'une très forte dose d'ironie. Dee se persuadait qu'elle n'avait pas besoin d'aide. Mais la vérité c'est que le moindre de ses traits hurlait au secours sans même qu'elle ne s'en rende compte. Si Nate jouissait d'une certaine facilité à cerner ses interlocuteurs, ce don ne s'en trouvait que décuplé avec sa petite soeur. Il la connaissait depuis toujours et savait reconnaître la moindre de ses failles. Contrairement à tous, il voyait plus loin que ses airs supérieurs, son caractère imbuvable et ses moues réprobatrices. La confession de sa soeur ne l'étonna pas une seconde et à aucun instant son visage impassible ne se troubla de la moindre émotion. « Je vois. » commença Nathaniel d'une voix feutrée, calmement. Néanmoins, il sentait son agacement monter crescendo et envahir la moindre parcelle de son être. Non contents d'avoir détruit l'existence de leur fille unique en la négligeant autant, ses parents poursuivaient leurs erreurs en la punissant comme une adolescente à la moindre frasque. Ce n'était pas en lui offrant des cartes de crédit pour l'occuper puis en les lui reprenant pour la réprimander qu'ils feraient de Delilah une jeune femme heureuse et épanouie. Nathaniel éprouvait un profond mépris pour ses parents : il haïssait ce père qui ne l'avait jamais respecté ou jugé à sa juste valeur et dénigrait fermement sa mère qui le considérait comme la huitième merveille du monde. Si son père était froid, intransigeant et incapable de s'attacher à quiconque, sa mère était son parfait opposé : une cruche de bonne famille, douce, soumise et totalement aveuglée par l'affection sans bornes qu'elle éprouvait pour son seul garçon. « L'éducation est apparemment toujours leur fort... Qu'est-ce que tu as fait pour mériter ça ? » s'enquit Nate, reposant des prunelles magnétiques et concernées sur Delilah. Le politicien n'essayait absolument pas de dissimuler son mépris tandis qu'il évoquait ses géniteurs (sans les nommer, preuve du crédit qu'il ne leur accordait pas). D'un geste preste, il sortit son porte-feuille de la poche intérieure de sa veste pour en sortir l'une de ses nombreuses cartes de crédit qu'il tendit à sa petite soeur, espérant voir naître un sourire sur ses jolies lèvres pleines. Sans lâcher le précieux cadeau qu'il s'apprêtait à lui faire, Nate plongea un regard ferme dans le sien avant de murmurer : « Ici, on joue selon mes règles Dee. Je ne suis peut-être pas aussi intransigeant que nos parents mais je refuse de financer ta dérive. Tu peux rester ici aussi longtemps que tu le souhaites mais en échange, je veux que tu me promettes de freiner la cadence. » Nathaniel ne financerait jamais ses excès et la pente dangereuse qui l'entraînait toujours plus bas. Il n'était pas comme son père, à imaginer que l'argent la rendait heureuse. Sa voix, bien que déterminée, n'était pas désagréable. Simplement protectrice. Si Delilah venait à rester ici, Nate ne comptait pas suivre le modèle de ses parents : fermer les yeux sur leur fille et se déculpabiliser parce qu'ils lui donnaient le pouvoir d'acheter ce qu'elle désirait. Non, lui il si indifférent au sort de la planète (ses amis compris) se souçiait réellement de Delilah. Sa présence ici ne serait qu'une façon de la surveiller plus étroitement et de faire en sorte qu'elle puisse aller mieux, auprès de quelqu'un qui tenait réellement à elle... Sans la quitter des yeux et après que son regard intense se soit bien fait comprendre, Nate relâcha enfin la pression qu'il maintenait sur la carte de crédit, la tendant de façon cérémonieuse à sa petite soeur.
Dee a écrit:
Elle n’avait pas besoin d’aide, elle était une Rhodes. Ces quelques mots avaient trotté inlassablement dans son esprit, tandis qu’elle était assise à l’arrière d’un taxi miteux qui l’amenait tout droit chez son frère. A plusieurs reprises, elle avait été sur le point de stopper le chauffeur pour lui demander de faire demi-tour, mais elle était bien trop faible pour le faire. Elle s’était fichue dans un sacré pétrin et elle en était parfaitement consciente. Retourner là où elle devait n’aurait pas changé les choses et les aurait même empirées qui sait. Bien sûr, Dee aurait pu aller chez sa mère, lui faire les yeux doux, l’amadouer par de belles paroles pour récupérer son compte en banque. Mais elle n’en avait plus envie. Pas cette fois-ci. Elle ne supportait plus cette existence fragile, entièrement régie par des parents sournois et prêts à tout pour lui pourrir son bonheur. Comme s’ils ne l’avaient pas assez fait par le passé, mais ça leur passait bien au dessus de la tête. Persuadés d’avoir été de parfaits géniteurs, ils en avaient oublié pourtant le principal : l’amour et la confiance ; le partage et l’admiration. Dee n’avait été pour eux qu’un plus dans leur réputation de famille si parfaite, si aimante et heureuse. Elle n’avait été qu’un pion destiné à attirer les regards sur eux. Et ce constat si désolant l’avait rongé de l’intérieur chaque jour un peu plus. Retourner auprès d’eux sonnait presque comme un pardon et si d’ordinaire cela ne la dérangeait pas de jouer les hypocrites, aujourd’hui elle ne supportait plus cette idée. Agacée par la Terre entière, elle souhaitait attiser davantage la haine qui montait en elle pour manigancer une vengeance terrible. C’était tout ce qui comptait. Et pour se faire, il lui fallait être loin, dans un endroit où ils ne penseraient pas la trouver. Chez Nate. Bien sûr, ils avaient parfaitement conscience de la relation si fusionnelle qui liait les deux frères et sœurs, mais ils connaissaient surtout le dégoût qu’éprouvait Dee à l’idée de vivre à la campagne. La présence de Nate suffirait à la remettre d’aplomb pour élaborer un plan des plus machiavéliques, ou tout simplement pour lui faire oublier son existence moisie du moment. « Ne joue pas à cela avec moi. » cracha-t-elle, froidement, tandis qu’il osait user de l’ironie en sa compagnie. C’était sa façon de se moquer des personnes qui l’entouraient et Dee n’avait jamais véritablement supporté qu’il en fasse de même avec elle. Même si l’intention n’était sans doute pas mauvaise, la jeune Rhodes n’était pas d’humour à affronter cela aujourd’hui. Qu’avait-elle fait pour mériter que l’on lui interdise l’accès à la fortune illimitée de la famille ? Pas grand-chose au final. Rien de nouveau surtout. « Je suppose que je leur fais toujours aussi honte. » répliqua-t-elle, se voulant indifférente, comme si cela ne l’atteignait pas, mais il était toujours aussi difficile de cacher la vérité à Nate. Elle était dans une bien mauvaise posture et sa fierté l’empêchait tout bonnement d’y mettre un terme. La détresse se lisait donc pleinement dans son regard et Nate le devina bien vite. Il lui proposa alors un marché et les yeux de Dee reprirent alors leur pétillement quasi instantanément. Une carte bleue, tout ce dont elle avait besoin pour se sentir heureuse et vivante. Le cadeau rêvé. Pourtant, les propos de Nate résonnèrent encore et encore dans son esprit, l’empêchant d’hocher la tête comme à son ordinaire. L’envie de se saisir de l’objet sacré était forte, très forte même, mais quelque chose à l’intérieur de Delilah était encore plus puissant : l’amour qu’elle portait à son frère. Elle ne souhaitait pas lui faire honte ou faire naître en lui quelques inquiétudes. Il avait bien assez de sa vie en tête de l’affiche pour lui ajouter des soucis supplémentaires. Elle voulait qu’il soit fier d’elle, comme il ne l’avait encore jamais été. Ainsi donc, lorsqu’il lui tendit enfin la carte, la jeune femme s’en saisit mais ne la garda pas bien longtemps en main : elle glissa ses doigts dans la poche de veste de son frère, récupéra le portefeuille qu’il venait à peine de ranger, puis y rangea la carte. Désormais débarrassée de toute source de tentation, elle recula de quelques pas. Et défiant du regard Nate, elle annonça. « Je n’en veux pas. » L’argent aurait pu régler tous ces problèmes en apparence, mais elle savait qu’en profondeur son corps était si endommagé qu’un rien pouvait la faire défaillir. Tout était si stressant, si difficile à gérer, que sa maladie la guettait à chaque coin de rue ces derniers temps. Il lui fallait lutter contre ses démons pour la faire taire, et ce n’était pas en se jetant corps et âme dans le luxe et en dévalisant tous les magasins alentours que les choses allaient se faire. « Je ne suis pas venue ici pour cela, je pensais que tu l'avais compris. » lâcha-t-elle froidement pour finir, ne pouvant s'empêcher de faire sa drama queen comme d'ordinaire.

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Chaque femme mérite
un homme qui ruine
son rouge à lèvres
et pas son mascara.

Edith Head
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Jodie Ostroff

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MessageSujet: Re: Anciens topics Dee/Nate (où cas où)   Sam 19 Oct - 19:17

Nate a écrit:
Nathaniel contint difficilement un sourire en entendant sa petite soeur le réprimander. Personne ne lui parlait sur ce ton et il aurait pu lui intimer de faire un peu plus attention à son langage. Néanmoins, il n'en fit rien : le politicien connaissait bien assez Dee pour maîtriser parfaitement les nuances de son ton acéré et sa réplique aussi froide soit-elle n'était pas méchante. Elle souffrait simplement en silence depuis trop longtemps et les sarcasmes n'étaient pas les bienvenus dans un tel contexte. Pourtant, l'ironie était la marque de fabrique du jeune homme, qu'il en use et abuse de façon moqueuse ou bien qu'il s'en serve pour exprimer de façon détourner des sentiments. Cela n'arrivait pas souvent mais l'option était envisageable. « Range tes griffes, Dee. Tu n'as personne à impressionner ici. » rétorqua-t-il posément à sa petite soeur. Contrairement à Delilah qui tâchait de conserver sa froideur apparente pour ne pas perdre la face, Nate ne se souçiait pas une seule seconde du filet d'émotions attendries que laissait percevoir sa voix chatoyante. Il l'aimait sans condition et ne s'en cachait pas. Il ne l'affirmait simplement pas de manière frontale, fidèle aux traditions ancestrales des Rhodes, trop fiers pour se livrer à ce genre de pratiques. Dee pouvait emprunter son petit ton dédaigneux avec lui, elle changerait rapidement de discours... Elle comprendrait très vite qu'à Sand Valley, on n'appréciait pas les fortes personnalités comme les leurs à leur juste valeur et qu'elle aurait le loisir d'user et d'abuser du mépris autant qu'elle le souhaiterait en dehors de ces murs. Nathaniel écouta la confession de Dee sans l'interrompre et releva délicatement son menton pour la forcer à le regarder droit dans les yeux. En sa présence, son regard acier n'en demeurait pas moins glacial mais beaucoup moins rude : tout son être fondait comme neige au soleil face à la détresse sourde de Delilah et ses prunelles ne faisaient pas exception. « On a pas besoin d'eux. Ni moi, ni toi. Et tu vas leur prouver. » La mâchoire contractée et le regard soudain plus sombre, le visage entier de Nate sembla s'assombrir à l'évocation de leurs parents. S'il n'était pas parvenu à se délivrer de l'influence des Rhodes et servait les intérêts de son oncle tout en gérant le patrimoine d'autres membres de sa famille d'une main de maître, le politicien aimait se dire qu'il avait fait sécession envers sa propre cellule familiale. Envers cette femme superficielle, vaine et creuse que représentait sa mère et cet homme détaché, intransigeant et insensible qui clamait être son père. Et c'était sa plus grande fierté. Nathaniel avait réussi sans son père et c'était bien là le plus grand drame de ce dernier. Pour elle et pour enfin les faire taire, il souhaitait la même chose pour Delilah. Malheureusement, elle n'avait ni goût au travail, ni aux études. Pourtant, Dee était douée : même si elle semblait ne pas le voir, elle était extrêmement créative, directive et désastreusement impliquée lorsque quelque chose lui plaisait. Il ne perdait pas espoir : il allait l'aider, elle trouverait sa branche, gagnerait enfin une indépendance bien méritée. Elle leur prouverait à toute cette famille ingrate qu'elle n'était pas le poids mort qu'ils s'imaginaient, le vilain petit canard que l'on cache au quotidien et sort du placard lors de galas importants en espérant qu'elle ne souillera pas notre nom par une énième frasque. Le mélange d'appréhension, de crainte et de quasi-dégoût avec lequel les Rhodes dévisageaient Delilah à chaque évènement public l'avait toujours rendu furieux et Nathaniel s'éclipsait bien vite en bonne compagnie pour ne pas avoir à subir en silence toute cette hypocrisie latente. Si en règle générale, il s'en accommodait à merveille, notifier les regards courroucés et chargés de jugements que la bonne société portaient sur Delilah était bien au-dessus de son seuil de tolérance. « A quoi tu joues ? » Elle venait de lui rendre sa carte bleue et Nathaniel devait bien avouer que son comportement le laissait plutôt surpris... du moins jusqu'à ce qu'il écoute sa justification. Secouant lentement la tête, il esquissa quelques pas en sa direction avant de conclure, sa voix veloutée parfaitement calme : « Je sais exactement pourquoi tu es venue ici Delilah. Maintenant, si tu rangeais tes grands airs, je pourrais peut-être voir ce que je peux faire pour toi. » Nathaniel gratifia sa soeur d'un de ses habituels sourires en coin, capables d'affirmer tout et son contraire. Impétueux de nature, il savait pourtant conserver un calme olympien face à elle et ce, sans même devoir se forcer pour apparaître policé. Le politicien était parfaitement serein avec Delilah et la connaissait assez pour savoir que s'énerver ne servait à rien d'autre qu'à la rendre encore plus sur la défensive. Pour venir jusqu'ici, Dee avait dû ravaler sa fierté et Nate en avait conscience. C'est pourquoi la préserver en lui épargnant une verve acérée qui ne les mèneraient à rien lui était parfaitement naturel. Sans se départir de son éternelle nonchalance, le politicien ressortit sa carte bleue et la tendit de nouveau à sa petite soeur : « Ce n'est pas en te privant de toute tentation que tu vaincras. C'est en les affrontant. Prends-la. J'instaurerai un plafond hebdomadaire pour éviter toute folie dépensière compensatrice. » Laissant un léger silence prendre place, Nate reporta son regard concerné dans les prunelles bleutées de Delilah avant d'ajouter ce qui allait à coup sûr ravir sa petite soeur... « Et je veux que tu réfléchisses à ton avenir. Parce que quoi qu'il arrive, je serai toujours là pour toi mais tu n'iras jamais mieux sans un but auquel te raccrocher quand tout va mal. » Il était bien placé pour le savoir : depuis des années, c'est son ambition qui le menait, qui le poussait sans cesse à aller de l'avant et à accepter tous les sacrifices. Nathaniel n'était pas nécessairement heureux mais son côté carriériste le sauvait des déviances desquelles Dee peinaient à se libérer. Détachant ses prunelles intenses des siennes, il la délaissa un instant pour se saisir d'une bouteille d'excellent champagne au frais et de deux flûtes. Servant deux verres, Nate tendit cérémonieusement une flûte à sa soeur sans la lâcher des yeux. Au moment même où sa coupe tinta contre la sienne, il lâcha, serein : « Bienvenue à Sand Valley. »
Dee a écrit:
Lorsque Nate l’invita à ranger ses griffes, Dee leva les yeux vers le plafond. Que pouvait-elle répondre à cela, franchement ? Son frère avait en partie raison : elle n’avait personne à éblouir dans cette pièce. Cependant, elle ne souhaitait guère qu’il s’adonne à cette ironie insupportable en sa compagnie. S’il aimait en user avec ses nombreuses maîtresses ou pauvres personnes croisant sa route, c’était tout à fait son droit. Mais elle n’était pas n’importe qui. Et subir la cruauté de ses parents, qui avaient déjà fait assez de dégât dans sa vie jusqu’à maintenant, était suffisant ; Nate n’était pas obligé d’en rajouter une couche. Même si tout ceci l’insupportait, elle ne parvenait pas à lui en vouloir, c’était au dessus de ses forces. Rares ont d’ailleurs été les fois où Dee avait éprouvé des mauvais sentiments à l’égard de son cher frère. Le seul souvenir qui lui revenait régulièrement à l’esprit était sa première fois avec Dorian. Sa virginité avait été dure à garder dès lors que la puberté s’était fait sentir. Dee était devenue une belle jeune fille qui attirait les regards des hommes sur elle, qu’importe l’endroit où elle se trouvait et surtout qu’importe l’âge qu’ils avaient. Elle avait cette beauté froide, cette nostalgie et fragilité dans les yeux qui la rendaient si attachante. Pourtant, derrière cette apparence si tendre se cachait un vrai fauve. Ses parents avaient, au fil du temps, métamorphosé son cœur en une pierre si dure que rien ni personne ne pourrait y changer quelque chose. Lorsqu’un homme s’approchait trop près d’elle, elle prenait un malin plaisir à le mener en bateau en flirtant ouvertement avec lui et en provoquant sa virilité. Mais jamais au grand jamais, elle allait jusqu’au bout. Pourtant, un soir, lorsque Nate l’eut touché profondément, faisant frémir l’organe vital qui dormait en elle depuis si longtemps, elle n’avait pu s’empêcher de ressentir un profond besoin de se venger. Elle ne supportait pas d’être en froid avec lui ou de le décevoir. Dorian avait été là au bon moment. Jetant son dévolu sur cet homme, qui n’était autre qu’une des personnes que son frère détestait le plus au monde, Dee s’était laissée aller aux plaisirs de la chair sans prendre la peine de réfléchir aux conséquences. Elle était jeune, bien trop jeune sans doute pour Nate pour coucher, mais elle s’en fichait. Aujourd’hui encore, Nate n’avait pas connaissance de cette anecdote et il fallait sans doute mieux que cela reste ainsi. Une raison de plus d’ailleurs pour qu’elle ne lui en veuille pas pour son ironie. Elle cachait un secret en elle qui devenait chaque jour un peu plus lourd à garder. Nate ne méritait pas ça, mais le passé appartenait au passé et Dee ne souhaitait guère y replonger.

Après son aveu, le contact de la peau de Nate sur la sienne lui fit du bien. Il n’y avait que lui pour l’apaiser par sa seule présence. Il était la personne qui comptait le plus à ses yeux et pour qui, au fond, elle donnerait sa vie. Après tout, son existence n’était pas des plus heureuses, et se sacrifier pour son frère était sans doute la meilleure chose qu’elle pourrait faire sur Terre. Elle n’était qu’une bonne à rien, le vilain petit canard de la famille, une erreur de la nature qui ne méritait même pas de porter le nom de Rhodes. Derrière sa froideur et sa forte, Dee n’allait pas bien. Elle était fragile et lorsqu’elle pensait aux propos que ses parents lui avaient tant répétés, elle se sentait défaillir. Son estomac se serrait et le besoin d’évacuer son mal être se faisait pressant. Si Nate n’avait pas été en face d’elle à ce moment précis, Dee aurait gagné les toilettes sitôt le dos tourné. Il était sa plus grande faiblesse, mais surtout sa force. Plongeant son regard dans le sien, Dee respira profondément pour chasser tous les mauvais souvenirs de son esprit. « Je n’ai pas besoin d’eux. » répéta-t-elle d’un ton décidé, avant de reprendre. « Tu as raison. Je vaux bien mieux que cela. » Il n’y avait que Nate pour avoir un effet pareil sur elle. La fragilité qu’elle avait laissé entrevoir quelques instants avait une nouvelle fois disparue au profit de sa froideur légendaire.

Et elle le prouva en refusant la carte de crédit que Nate le lui avait tendu, pensant lui faire plaisir. Elle ne souhaitait pas cet argent, elle voulait l’impressionner, lui montrer qu’il avait raison de croire en elle et de rester à ses côtés coûte que coûte, qu’il avait fait le bon choix en la soutenant et en rejetant leurs parents. Elle ne voulait plus le décevoir, elle voulait lire de la fierté dans les yeux de Nate et non plus cette certaine compassion ou tristesse. Elle était une Rhodes et qu’importe si ce nom la liait à ses parents, elle ne ferait plus honte à cette famille. Mieux encore, elle la réduirait en cendres en lui prouvant qu’elle valait bien mieux que tous ces membres réunis. Elle n’était pas un boulet que l’on traîne derrière soi et que l’on tente de cacher sous des habits. Elle était une reine et méritait le devant de la scène. Comme Nate. « Tu as très bien compris. » commença-t-elle, avant de se justifier, comme pour lui montrer que sa décision était mûrement réfléchie. Voyant qu’il ne semblait guère la croire, Delilah sentit une légère irritation naître en elle. « Pourquoi tu fais ça ? » l’interroga-t-elle, d’un ton sec, exprimant parfaitement sa déception. Lorsqu’il lui tendit à nouveau sa carte bleue, la jeune femme ne put s’empêcher de soupirer fortement. « Je n’ai pas besoin que tu me tiennes par la main, Nate. » Lui instaurer des plafonds hebdomadaires ? Cela partait clairement d’une bonne intention mais Dee se sentait comme une enfant que l’on punissait et à qui on fixait des limites. Elle n’était pas venue ici pour être maternée par son frère, elle était venue ici car elle n’avait nulle part où allait, nulle part où elle se sentirait bien. Lui avouer qu’elle avait une fois de plus sombré dans l’obscurité était suffisamment pénible comme cela pour en rajouter. Elle avait ravalé sa fierté en venant ici et en avouant la vérité à Nate, ne pouvait-il pas se contenter de cela ? Pourtant, il fallait avouer que les conseils de son frère étaient véridiques. Ils eurent un effet sur la jeune femme, qui se mit à réfléchir. Elle n’en montra rien à Nate, se gardant bien de lui avouer qu’il avait raison. Elle n’aimait pas que l’on contrôle sa vie et avait bien l’intention d’avancer comme elle le souhaitait. « Ok, je prends cette carte. Mais ne compte pas sur moi pour être une petite fille modèle. Tu ne me changeras pas, Nate. » Un air légèrement provocant sur le visage, elle enchaîna. « Je le fais pour te donner l’impression d’avoir un semblant d’autorité et d’influence sur moi. Je ne la prends pas pour m’en servir. Je vais te prouver que je peux tout avoir sans jamais rien sacrifier dans cette ville. » Dans son malheur, Dee pouvait au moins admettre qu’elle aurait pu tomber pire : il ne lui serait pas difficile de faire de cet endroit son royaume. « Et surtout pas mon temps en croupissant sur les bancs de l’université. » Hors de question qu’elle reprenne ses études. Son avenir pouvait bien attendre, elle ne s’intéressait qu’à l’instant présent. Tandis que Nate s’en allait chercher du champagne, la jeune femme le contempla de dos. Il avait réussi sa vie professionnelle mais avait échoué d’un point de vue sentimental. Même si elle était incapable d’éprouver des sentiments à l’heure actuelle, elle avait appris une chose : que le manque d’amour pouvait détruire une existence, comme la sienne et ses parents qui ne cessaient de la dénigrer au lieu de la serrer dans leurs bras. Chassant toutes ces pensées de son esprit et bien décidée à mettre fin à toute conversation houleuse, elle afficha un sourire sur son visage tout en se saisissant de la coupe qu’il lui tendait. Elle trinqua avec lui. « Adieu monde civilisé ! » Elle rit avant d’amener à ses lèvres le délicieux breuvage.

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Chaque femme mérite
un homme qui ruine
son rouge à lèvres
et pas son mascara.

Edith Head
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